Commencer l’école avant 8h30, un danger pour la santé mentale des ados ?



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Si en France on ne commence généralement pas les cours avant 8h30, dans d’autres pays l’école débute beaucoup plus tôt. En Allemagne par exemple c’est 7h30 ou 8 heures ! Et c’est surtout à eux que cette nouvelle s’adresse.

Selon une étude américaine, démarrer la journée scolaire trop tôt avant cette heure fatidique de 8h30 augmenterait le risque de dépression et d’anxiété.

Menée par Jack Peltz, professeur à l’école de médecine de l’université de Rochester, cette étude a porté sur 197 adolescents âgés de 14 à 17 ans. Durant plusieurs jours ils ont été amenés à renseigner certaines informations du type : durée et qualité du sommeil, heure de début de la journée scolaire, symptômes éventuels de dépression et/ou d’anxiété… etc. Ils ont ensuite été séparés en deux groupes : ceux débutant avant 8h30, ceux après.

Verdict sans appel pour le principal auteur de l’étude : ceux débutant les cours avant 8h30 ont plus de risques que les autres de développer des symptômes d’anxiété et/ou de dépression

Pour lui il ne semble faire aucun doute que l’heure de début de la journée scolaire influence la santé mentale des élèves et par conséquent leur efficacité en cours.

Alors certes les ados ont tendance à ce coucher de plus en plus tard et donc à dormir bien moins qu’avant, mais l’heure du début des cours aurait malgré tout une réelle influence sur la santé mentale des élèves.

Nos enfants manquent de sommeil et ça se ressent à l’école

Et si en France nos enfants ont la “chance” de commencer un peu plus tard leur journée, reste qu’ils manquent de sommeil et que cela n’est pas sans conséquence sur leur apprentissage.

Selon une étude publiée il y a quelques semaines, les enfants français ont perdu près de 20 minutes de sommeil par nuit au cours de ces 15 dernières années. Et ce n’est quand même pas rien.



Conséquences : difficulté de concentration et parfois d’apprentissage à l’école, troubles du comportement (hyperactivité, anxiété), somnolence…

En quoi a consisté cette étude  menée pour le compte de l’éducation nationale ? En une analyse précise des rythmes de 778 enfants issus d’un échantillon représentatif d’écoles et âgés de 5 à 10 ans.

Et les résultats sont sans appel : en quinze ans, les élèves de grande section de maternelle et de CP, âgés de 5 et 6 ans, ont perdu en moyenne « 15 à 20 minutes de sommeil par nuit ».

Pour les auteurs de l’étude plusieurs raisons peuvent expliquer cette perte de sommeil : des enfants qui sont ballottés entre le rythme de la semaine et celui du week-end, les grasses matinées étant faussement réparatrices, mais aussi des heures de coucher souvent trop tardives

« Le temps qu’on manque le soir n’est pas récupéré en dormant plus longtemps le matin » a martelé Nadine Le Floch, coauteur de cette étude.

« Il y a des parents qui ne font pas attention au rythme de leurs enfants » a de son côté déploré Christine Langeois, médecin à la Protection maternelle et infantile (PMI) dans les colonnes du célèbre quotidien. Et de rappeler que les enfants avaient besoin d’au moins 10 heures de sommeil par nuit.

Egalement dans le viseur les écrans de plus en plus présents dans notre quotidien y compris dans les chambres (télé, tablettes, pc).

Deux études qui tombent à pic alors que les rythmes scolaires ne cessent de faire débat.