ANNONCES
Bordeaux renforce son arsenal contre le moustique tigre : une riposte écologique et collective pour l’été 2026Face à l’implantation durable du moustique tigre (Aedes albopictus) en Gironde, Bordeaux et sa métropole passent à la vitesse supérieure. Ce petit insecte rayé, vecteur potentiel de maladies comme la dengue, le chikungunya ou le Zika, n’est plus une simple nuisance estivale : il est devenu un véritable enjeu de santé publique. Dans un contexte de réchauffement climatique qui favorise sa prolifération, les collectivités locales déploient un plan ambitieux mêlant prévention, solutions naturelles et mobilisation citoyenne.
ANNONCES
Un moustique bien installé et de plus en plus gênant
Présent en Nouvelle-Aquitaine depuis plus d’une décennie, le moustique tigre a colonisé une grande partie de la Gironde. En 2025, la région a recensé 160 cas de chikungunya transmis localement, dont plusieurs à Bordeaux. Les autorités sanitaires soulignent que toute la métropole est désormais concernée. Le Centre de démoustication de Bordeaux Métropole, en partenariat avec l’Agence régionale de santé (ARS), cartographie les gîtes larvaires et intervient sur le terrain, mais 80 % des points de ponte se situent sur des propriétés privées.
C’est pourquoi Bordeaux Métropole et la Ville de Bordeaux ont adopté, fin juin 2026, une nouvelle feuille de route. Objectif : élargir la lutte préventive, réduire les nuisances et limiter les risques sanitaires sans recourir massivement à des produits chimiques.
ANNONCES
Un arsenal varié : du BTi aux poissons prédateurs
Le plan repose d’abord sur l’élimination des gîtes larvaires (eaux stagnantes dans les pots de fleurs, gouttières, récupérateurs d’eau, regards pluviaux, etc.). Les interventions s’étendent progressivement à l’ensemble des espaces publics et des bâtiments municipaux (écoles, crèches, EHPAD, cimetières, résidences autonomie…).
Parmi les mesures phares :Distribution de kits gratuits :
– 2 000 kits sont mis à disposition des habitants dès juillet 2026 dans les mairies de quartier et à l’Hôtel de Ville. Chaque kit contient des granulés de larvicide biologique BTi (respectueux de l ’environnement), du sable pour neutraliser les coupelles de plantes, un guide des bons gestes et un autocollant.
– Solutions naturelles : Introduction de gambusies (poissons prédateurs de larves) dans les bassins artificiels, plantation de végétaux répulsifs (citronnelle, lavande, géranium) dans les parcs et écoles, et distribution de graines aux particuliers. Des expérimentations avec des oiseaux insectivores (moineaux, mésanges) via des nichoirs adaptés sont également lancées.
– Formation et sensibilisation : Agents municipaux, bailleurs sociaux et habitants sont formés pour repérer et traiter les gîtes. Un « Pôle d’excellence » associant métropole, ARS et université est en projet pour innover dans la lutte.
« Pas d’eau, pas de moustique » : l’appel à la mobilisation citoyenne
Les élus insistent : chacun peut agir efficacement. Vider les soucoupes tous les 3-4 jours, couvrir les récupérateurs d’eau, entretenir les gouttières ou retourner les seaux suffit souvent à réduire drastiquement la population locale, car le moustique tigre ne vole pas loin (150 mètres maximum autour de son lieu de naissance).
Les autorités rappellent également les gestes de protection individuelle : vêtements couvrants, répulsifs cutanés (surtout en journée) et moustiquaires aux fenêtres.Une gestion durable plutôt qu’une éradication impossible.
Bordeaux ne vise plus l’éradication totale, jugée illusoire, mais une maîtrise raisonnée. Le moustique tigre est là pour rester, et le changement climatique risque d’allonger sa saison d’activité. Ce plan pluriannuel s’inscrit dans une logique d’adaptation : diagnostics dans les lieux accueillant des publics vulnérables, conseils aux promoteurs immobiliers et suivi scientifique.
Avec ces mesures concrètes et cette mobilisation collective, Bordeaux espère limiter les piqûres et prévenir tout risque épidémique cet été. Les habitants sont invités à signaler la présence du moustique via le formulaire en ligne de Bordeaux Métropole et à retirer leur kit gratuit.La riposte est lancée : écologique, pédagogique et solidaire. À chacun maintenant de jouer son rôle pour un été plus tranquille.
Sources : Bordeaux Métropole, Ville de Bordeaux, Rue89Bordeaux (juillet 2026).

