Chirurgie de l’obésité : la mise en garde de l’Igas

Pixabay

Chirurgie de l’obésité : la mise en garde de l’Igas. Plusieurs fois pointée du doigt, la chirurgie bariatrique a déjà fait couler beaucoup d’encre. Il n’y pas si longtemps, la Haute-Autorité de Santé (HAS) avait estimé que bien trop de progrès restaient à faire pour garantir la réussite de chaque opération. A l’automne 2016 elle avait ainsi déploré qu’une grande partie des patients ne bénéficiait pas d’une prise en charge préopératoire suffisante pour assurer la pertinence et la réussite de leur chirurgie.

Quelques mois plus tôt le Dr Jean-Yves Le Goff, chirurgien viscéral spécialisé en chirurgie de l’obésité, s’inquiétait de son côté de l’absence de suivi psychologique pour les patients concernés.

«L’obésité sévère ou morbide est une addiction dont les causes sont d’origine psychologique à 80%-90%. Il faut traiter ces facteurs, en parallèle à une intervention chirurgicale, sinon il y aura une reprise de poids, des complications et des ré-interventions (…) Si l’on ne résout pas ces aspects psychologiques, une opération, quelle que soit le type d’intervention, est vouée à l’échec sur le moyen et le long terme » avait-il alors déclaré.

Aujourd’hui c’ est l’Igas (Inspection générale interministérielle du secteur social, ndrl) qui s’est penchée sur la question. Rappelant que la chirurgie bariatrique était une intervention de dernier recours, elle a rappelé dans un rapport que cette résection d’une partie de l’estomac, voire de l’intestin, comportait des risques liés à l’acte opératoire lui-même, mais aussi à ses conséquences sur la fonction digestive et sur le psychisme des personnes opérées.

Puis de rappeler que les effets à long terme et à très long terme des modifications anatomiques qui résultent de ce type d’intervention n’étaient pas connus dans l’état actuel des choses.

Pour les docteurs J.Emmanuelli, V.Maymil, P.Naves et C-T.Thuong, co-auteurs de ce rapport, l’essor de cette chirurgie de l’obésité (le nombre de ces interventions chirurgicales a triplé en 10 ans, ndrl) pose de nombreuses questions : non-respect des indications, lacunes significatives dans la préparation des personnes et dans le suivi post-opératoire.

C’est pourquoi ils ont formulé une trentaine de recommandations visant à mieux encadrer, contrôler et surveiller cette chirurgie. Elles vont principalement dans trois directions :

> organiser l’offre de chirurgie bariatrique de manière plus cohérente; améliorer la pertinence, la sécurité et la qualité des soins pour optimiser l’efficacité de l’intervention et réduire ses risques; enfin, aller au-devant des personnes ‘perdues de vue’.
> soutenir la mise en place d’un suivi pré et post opératoire effectif ainsi que des solutions complémentaires et/ou alternatives à la chirurgie.
> renforcer et rénover le dispositif des 37 centres spécialisés de l’obésité créés à la suite du plan obésité 2011-2013

Vous pouvez prendre connaissance du rapport complet en cliquant ICI (TOME 1); en cliquant ICI (TOME 2)

Voir aussi >>> Obésité : un recours trop fréquent à la chirurgie chez mineurs