Maladie de Lyme : de nouvelles recommandations

Une tique a failli ruiner la carrière d'un cycliste professionnel
Catkin/Pixabay/CC0 Public Domain

Depuis quelques années on parle beaucoup de la maladie de Lyme et de ses conséquences. Pour mémoire il s’agit d’une infection due à une bactérie transmise lors d’une piqûre de tique. Si cette infection est souvent sans symptôme, elle peut aussi provoquer une maladie parfois invalidante (douleurs articulaires durables, paralysie partielle des membres…).

Selon les autorités sanitaires françaises, la lésion provoquée par une piqûre de tique – elle est appelé « érythème chronique migrant » – se manifeste d’abord par une éruption rouge, inflammatoire qui peut débuter de trois à trente jours après la piqûre. Elle peut s’associer à de la fièvre, puis disparaître spontanément en quelques semaines.

Si l’érythème chronique migrant passe inaperçu ou n’existe pas, il peut apparaître alors quelques semaines à quelques mois plus tard une phase secondaire de la maladie caractérisée par plusieurs manifestations isolées ou associées : manifestations articulaires, cutanées, cardiaques, neurologiques, générales (à type de fatigue chronique).

Des mois à des années après l’infection peuvent apparaître des manifestations tertiaires, de type articulaire, cutané, neurologique, musculaire, ou cardiaque.

L’évolution est très favorable lorsque la maladie est diagnostiquée et traitée précocement. En l’absence de traitement, l’évolution vers la phase secondaire n’est pas systématique, mais aggrave le pronostic.

Maladie de Lyme : de nouvelles recommandations

Ces derniers mois on a toutefois lu ou entendu tout et n’importe quoi, parfois tout et son contraire même. Une nouvelle polémique est même née entre patients et soignants autour de cette maladie…. une de plus pourrait-on dire.

Précisant que derrière cette expression se trouvaient en fait des situations cliniques tout à fait différentes, la HAS (Haute-autorité de santé, ndrl) appelle aujourd’hui à dépasser les controverses au profit de l’amélioration de la qualité des soins pour tous les patients.

C’est ainsi qu’elle a publié cette semaine de nouvelles recommandations sur le diagnostic et la prise en charge de cette pathologie pour le moins complexe.

L’objectif de ces recommandations étant de faire le point sur ce que l’on sait aujourd’hui et ne sait pas, de proposer des solutions à tous les malades et d’appeler à la production de nouvelles données scientifiques.

Dans un premier temps, la HAS précise qu’il est important de distinguer la borréliose de Lyme (une infection causée par la bactérie Borrelia burgdorferi sensu lato), les autres maladies transmises par les tiques (plus rares) et la situation de patients qui ont pu être exposés aux tiques et qui présentent des signes cliniques polymorphes, persistants et non expliqués, pouvant être invalidants.

Les maladies transmises par les tiques font l’objet de débats au sein de la communauté médicale ainsi que chez les patients, à cause d’un manque de connaissances sur certaines spécificités des agents pathogènes transmis par les tiques ou de difficultés à disposer d’outils diagnostiques satisfaisants. L’objectif poursuivi aujourd’hui par la HAS est d’apporter une réponse concrète aux professionnels de santé ainsi qu’à chaque malade en l’état actuel des connaissances scientifiques.

C’est dans ce contexte sensible, et pour répondre à l’une des actions prévues par le Plan national 2016 que la Haute Autorité de Santé a co-piloté l’élaboration de recommandations de prise en charge avec la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF). Élaborées durant 18 mois par un groupe de travail pluridisciplinaire (infectiologues, neurologues, immunologistes, médecins généralistes, dermatologues, rhumatologues…) et incluant des associations de patients, ces recommandations ont vocation à être actualisées en fonction des avancées de la science.

La HAS va suivre les évolutions de la recherche et prévoit de faire un point avec l’ensemble des acteurs concernés tous les 6 mois. Elle prévoit d’actualiser ses travaux tous les deux ans ou plus tôt si des données scientifiques le permettent.

Pour prendre connaissance des nouvelles recommandations, rendez-vous sur le site de la HAS en cliquant ICI