“LULU l’Ourson” de chez LU est dans le viseur de “60 millions de consommateurs”

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“LULU l’Ourson” de chez LU est dans le collimateur de “60 millions de consommateurs”, mais pas que. “Ces aliments qui nous empoisonnent” est en effet le titre CHOC du numéro hors-série du magazine “60 millions de consommateurs”. Pour ce numéro spécial l’association de défense des consommateurs s’est penchée sur ces produits annoncés comme sains et qui sont parfois loin de l’être.

Et parmi les produits qui sont visés, le célèbre Ourson de Lu commercialisé sous le nom de “LULU l’Ourson”. La célèbre association déplore l’utilisation d’accroches publicitaires et autres allégations alléchantes de nature à tromper les consommateurs.

Présenté comme “riche en lait”, l’ourson Bisontin ne contiendrait en fait que 5% de lait en poudre selon “60 millions de consommateurs”….  Il faudrait ainsi consommer 10 oursons pour obtenir l’équivalent d’un verre de lait.

Citée par France 3 Bourgogne/Franche-Comté, la direction a fait savoir en guise de réponse que le sucre avait été réduit de  10 % et les acides gras saturés de 60%  dans la gamme Lulu L’Ourson sur les dix dernières années.

Alimentation : d’autres produits visés

Parmi les autres exemples cités par le magazine deux célèbres poudres chocolatées qui se présentent comme les meilleures alliées du petit-déjeuner car riches en vitamines et minéraux. Sauf qu’aucune mention ne spécifie « riche en sucre » alors que ces produits sont en réalité des bombes de sucre déplore l’association.

Certains yaourts sont également pointés du doigt car contenant des additifs alors que la réglementation française est très claire sur ce sujet : pas d’additifs dans les yaourts !

Et de dénoncer la parade de l’industrie laitière qui fabriquerait ses propres règles en incorporant colorants, édulcorants et « autres additifs » dans des mélanges ajoutés aux yaourts aux fruits et non au yaourt lui-même. Un moyen de contourner les règles donc. Jusqu’à 12 additifs dans des yaourts sur « lit de fruits » ont ainsi été retrouvés.

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Plats industriels et aliments transformés augmentent-ils le risque de cancer ?

Il y a quelques semaines à peine une étude associant des chercheurs de l’Inserm, de l’Inra et de l’Université Paris 13 (Centre de recherche épidémiologie et statistique Sorbonne Paris Cité, équipe EREN) a suggéré une association entre la consommation d’aliments ultra-transformés et le sur-risque de développer un cancer.

Au total, 104 980 participants de la cohorte française NutriNet-Santé ont été inclus. Au cours du suivi (8 ans), 2 228 cas de cancers ont été diagnostiqués et validés. Une augmentation de 10% de la proportion d’aliments ultra-transformés dans le régime alimentaire s’est révélée être associée à une augmentation de plus de 10% des risques de développer un cancer au global et un cancer du sein en particulier. Parmi les différentes hypothèses qui pourraient expliquer ces résultats, la moins bonne qualité nutritionnelle globale des aliments ultra-transformés ne serait pas la seule impliquée, suggérant des mécanismes mettant en jeu d’autres composés (additifs, substances formées lors des process industriels, matériaux au contact des aliments, etc.). Ces résultats doivent donc être considérés comme une première piste d’investigation dans ce domaine et doivent être confirmés dans d’autres populations d’étude. Notamment, le lien de cause à effet reste à démontrer. Cette étude a été publiée le 15 février 2018 dans le British Medical Journal.

Définition et exemples d’aliments ultra-transformés

La classification NOVA permet de catégoriser les aliments selon 4 groupes, en fonction de leur degré de transformation industrielle (aliments peu ou pas transformés, ingrédients culinaires, aliments transformés, aliments ultra-transformés). Cette étude portait sur le groupe des «aliments ultra-transformés», qui comprend par exemple les pains et brioches industriels, les barres chocolatées, les biscuits apéritifs, les sodas et boissons sucrées aromatisées, les nuggets de volaille et de poisson, les soupes instantanées, les plats cuisinés congelés ou prêts à consommer, et tous produits transformés avec ajout de conservateurs autre que le sel (nitrites par exemple), ainsi que les produits alimentaires principalement ou entièrement constitués de sucre, de matières grasses et d’autres substances non utilisées dans les préparations culinaires telles que les huiles hydrogénées et les amidons modifiés. Les procédés industriels comprennent par exemple l’hydrogénation, l’hydrolyse, l’extrusion, et le prétraitement par friture. Des colorants, émulsifiants, texturants, édulcorants et d’autres additifs sont souvent ajoutés à ces produits.

Exemples :

-Les compotes de fruits avec seulement du sucre ajouté sont considérées comme des «aliments transformés», tandis que les desserts aux fruits aromatisés avec du sucre ajouté, mais également des agents texturants et des colorants sont considérés comme des «aliments ultra-transformés».

-Les viandes rouges ou blanches salées sont considérées comme des «aliments transformés» alors que les viandes fumées et/ou avec des nitrites et des conservateurs ajoutés, comme les saucisses et le jambon, sont classées comme «aliments ultra-transformés».

-De même, les conserves de légumes uniquement salées sont considérées comme des «aliments transformés» alors que les légumes industriels cuits ou frits, marinés dans des sauces et/ou avec des arômes ou texturants ajoutés (comme les poêlées industrielles de légumes) sont considérés comme des «aliments ultra-transformés».

Source : Monteiro CA, Cannon G, Moubarac JC, Levy RB, Louzada MLC, Jaime PC. The UN Decade of Nutrition, the NOVA food classification and the trouble with ultra-processing. Public Health Nutr 2018;21:5-17. http://dx.doi.org/10.1017/S1368980017000234
Communiqué Inserm