Combien de Français ont abandonné le Lévothyrox ?

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La bataille des chiffres fait rage à propos du nombre de Français qui ont abandonné la nouvelle formule du Lévothyrox. D’un côté l’ANSM [Agence du médicament] et la Direction générale de la Santé [DGS] qui estiment qu’après analyse des bases de données de l’Assurance maladie, 500.000 patients se sont tournés vers des alternatives à cette nouvelle formule tant décriée.

Un chiffre très largement sous-estimé selon l’association “Vivre sans thyroïde” qui affirme de son côté que sur les 3 millions de malades en France, près d’un million ont arrêté de prendre la nouvelle formule au quatrième trimestre 2017 au profit d’autres médicaments à base de lévothyroxine (Euthyrox, Henning, Thyrofix, Euthyral…)

Selon l’association “ces changements de traitement ont été réalisés dans l’immense majorité des cas sur prescription médicale : ce sont donc bien au moins un million de patients français (dont 900.000 femmes) qui se sont trouvés en souffrance du fait de la nouvelle formule du Levothyrox, et qui s’en sont détournés avec l’appui de leurs médecins” écrit “Vivre sans thyroïde” dans un communiqué de presse. Et de préciser qu’une minorité des patients français est même allée s’approvisionner directement à l’étranger.

« Avoir permis le déploiement de la nouvelle formule du Levothyrox en France dans de telles conditions est d’une imprudence extrême de la part des autorités sanitaires, et le monopole de Merck est une anomalie qui n’existe dans aucun autre pays » a indiqué Beate Bartès, présidente de l’association Vivre sans Thyroïde, qui interpellera sous peu par courrier le Président de la République, Emmanuel Macron, et la Ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

« Ce chiffre de 1 million de patients est en outre sous-estimé, car encore aujourd’hui de nombreux patients témoignent quotidiennement de l’impossibilité de trouver en pharmacie les alternatives au Levothyrox nouvelle formule, malgré une prescription médicale en règle. Les quantités importées de l’étranger ne sont absolument pas suffisantes pour permettre d’approvisionner la totalité des patients français qui ne tolèrent pas la nouvelle formulation du Levothyrox , beaucoup d’entre eux sont encore pris au piège du monopole de Merck, la crise sanitaire est loin d’être résolue » a déploré de son côté Sabine Bonnot, vice-présidente de l’association.