La grippe : c’est parti en Île-de-France !

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Mauvaise nouvelle, c’est parti pour l’épidémie de grippe notamment en Île-en-France. En effet, et selon Santé Publique France, l’activité grippale est en nette augmentation en métropole. L’épidémie a même déjà commencé en région Ile-de-France alors que 8 des 12 autres régions métropolitaines sont désormais en phase pré-épidémique. En clair, tout le monde ou presque devrait y passer sous peu.

Santé publique France s’appuie sur un réseau d’acteurs pour assurer la surveillance de la grippe : médecins libéraux, urgentistes, laboratoires, réanimateurs et épidémiologistes

Grippe : les chiffres

En médecine ambulatoire.

En semaine 49 (du 4 au 10 décembre 2017), le taux de consultations pour syndrome grippal estimé à partir des données du Réseau Sentinelles est de 98/100 000 habitants.La proportion de syndromes grippaux parmi les consultations de SOS Médecins est de 4%. Ces indicateurs sont en franche augmentation par rapport à la semaine dernière.

En milieu hospitalier.

► Passages aux urgences et hospitalisations pour grippe
En semaine 49, le réseau Oscour® a rapporté 1485 passages pour grippe ou syndrome grippal dont 112 hospitalisations. Les nombres de passages et d’hospitalisations pour grippe sont en augmentation par rapport aux semaines précédentes pour toutes les classes d’âge et plus particulièrement chez les moins de 15 ans.

► Surveillance des cas graves de grippe admis en réanimation.
En semaine 49, 8 cas graves ont été admis en réanimation. Depuis le 1er novembre 2017, 37 cas graves de grippe ont été signalés (Figure 4). L’âge moyen des cas est de 56 ans. La majorité (81%) d’entre eux présente des facteurs de risque et 53% des cas pour lesquels le statut vaccinal était renseigné n’étaient pas vaccinés. Un virus A a été identifié chez 86% des cas. Parmi les cas admis en réanimation, un est décédé

L’Ile-de-France est la première région métropolitaine à entrer en épidémie de grippe saisonnière.

La plupart des autres régions sont en phase pré-épidémique, à l’exception des régions Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et Corse.

Du 6 au 13 décembre 2017, l’augmentation des signaux de surveillance par rapport à la semaine précédente laisse à penser que l’épidémie de grippe devrait débuter rapidement dans l’ensemble des régions.

Grippe : quelques conseils

– Eviter de serrer la main au collègues ou connaissances que vous croisez. Et surtout, lavez vous les mains régulièrement ! Il n’y a pas pire que les mains pour propager les virus comme celui de la grippe… Et pensez à éviter de trop vous toucher le visage avec vos mains !

– Aérer chaque jour pendant plusieurs minutes les pièces de votre maison, et tout particulièrement les chambres

– Pour les personnes âgées ou les plus faibles : pensez à vous faire vacciner contre la grippe ! Un geste simple qui pourrait vous éviter bien des soucis.

Et si c’est trop tard et que vous êtes déjà malade, un seul mot d’ordre : reposez-vous ! Restez au lit, évitez les contacts avec d’autres personnes pour ne pas les contaminer et restez chez vous. Il faut compter une bonne semaine pour être rétabli complètement. Bien sûr, ne mettez pas vos enfants à l’école avec la grippe, ils risqueraient de contaminer leurs petits camarades

Grippe : pensez au vaccin

Le top départ pour la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière a été donné début octobre. Il faut savoir que 2.5 millions de personnes sont touchées par la grippe saisonnière chaque année en France.

Cette campagne concerne plus de 12 millions de personnes pour qui la grippe représente un risque de complications parfois graves : il s’agit notamment des personnes de 65 ans et plus, celles atteintes de certaines maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque ou respiratoire, par exemple), les femmes enceintes et les personnes souffrant d’obésité morbide.

Les personnes invitées à se faire vacciner par l’Assurance Maladie sont de plus en plus nombreuses chaque année en raison du vieillissement de la population. Le nombre total de personnes vaccinées continue ainsi de progresser (+ 96 000 entre 2015 et 2016) mais il reste nettement insuffisant pour atteindre une bonne couverture vaccinale : moins d’une personne sur deux (47,4%) pour qui la grippe représente un risque s’est faite vacciner l’hiver dernier, bien en deçà des recommandations de l’Organisation mondiale de santé.

Certaines catégories de la population sont encore plus en retrait : c’est le cas des jeunes seniors (entre 65 et 69 ans) qui ne sont que 37% à se faire vacciner et les personnes atteintes de certaines maladies chroniques dont le taux de vaccination se situe à 36%, contre 56% chez les personnes de 70 ans et plus.

L’épidémie de l’an dernier a rappelé la gravité de cette pathologie dont la survenue et la dangerosité restent imprévisibles. Santé publique France a ainsi estimé la surmortalité hivernale spécifiquement liée à la grippe à 14 400 décès, principalement chez des personnes de 65 ans et plus.

En aidant à combattre le virus et en diminuant le risque de complications, la vaccination contre la grippe peut sauver des vies. Il s’agit du premier geste à adopter à l’approche de l’hiver pour se protéger soi et ses proches.

Pour renforcer cette protection, chacun doit également adopter un ensemble de mesures simples de prévention : lavage régulier des mains, limitation des contacts pour les malades, port de masque, etc. Ces « gestes barrière » une fois combinés constituent un bouclier de protection qui limite la propagation des virus et contribue à sauver des vies.
L’importance de la protection par le vaccin sera rappelée grâce une nouvelle campagne d’information, diffusée à partir du 6 octobre : spots sur les grandes chaînes télévisées pendant 3 semaines, annonces dans la presse magazine et création d’une page Facebook pour un #HiverSansGrippe.

Les professionnels de santé sont également invités à se faire vacciner pour des raisons d’exemplarité et de responsabilité, et au-delà des médecins libéraux, les personnels des établissements de santé et médico-sociaux sont également inclus dans le dispositif d’information.
Vaccination contre la grippe saisonnière : du nouveau !

Cette année, dans deux régions françaises (Nouvelle Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes), des pharmaciens volontaires pourront vacciner les personnes ayant déjà eu recours au vaccin grippal l’an dernier.

Elargir ainsi le parcours vaccinal doit faciliter l’adoption de ce geste simple et protecteur qui, combiné aux autres mesures de prévention (gestes et mesures barrières) permet de freiner la circulation du virus de la grippe et de réduire les risques liés à l’épidémie.

Grippe saisonnière : le vaccin sera t-il efficace cette année ?

On le sait, les Français sont particulièrement méfiants vis à vis des vaccins. Et les récents comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS) ne devraient pas leur rendre confiance de sitôt. Selon leurs conclusions, le vaccin de l’an dernier n’aurait en effet protégé que 20 à 30% des personnes et ce en raison d’une mutation du virus.

Seule une réelle efficacité du vaccin 2017/2018 pourrait leur redonner cette confiance perdue. Et c’est visiblement mal parti si l’on en croit Scott Hensley, professeur à la faculté de médecine Perelman de l’université de Pennsylvanie et principal auteur de ces compte rendus. Selon lui le nouveau vaccin serait similaire à celui de l’an dernier.

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Et même s’il se fait un ardent défenseur de la vaccination, il craint une saison “difficile si elle est de nouveau dominée par le virus H3N2”, une souche particulièrement virulente et agressive notamment envers les seniors.

Pour les chercheurs américains c’est le mode de production du vaccin qui ne convient pas, les virus étant cultivés dans des oeufs de poules.

Mais comme le précise au Parisien le professeur Bruno Lina, cela ne remet nullement en cause la nécessité de se faire vacciner. « Il faut se faire vacciner (…) déjà parce que nous ne savons pas encore si la grippe sera cette année une H3N2. Elle pourrait aussi être une H3N1 ou une grippe dite de type B, « pour lesquelles le vaccin est beaucoup plus efficace ».