MAAD Digital : un nouveau site web sur les addictions élaboré pour et par les jeunes !

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C’est aujourd’hui, lundi 28 novembre 2016 que la MILDECA et l’Inserm, en collaboration avec l’association l’Arbre des connaissances, lancent Maad digital.

Maad digital. KEZAKO ? Il s’agit d’un site web d’information scientifique sur les addictions construit avec et pour les jeunes.

Comment ?  MAAD Digital  a pour vocation d’apporter des connaissances scientifiques sur les addictions,  en informant les jeunes des effets des différents produits sur le cerveau  dans un contexte d’usage. La  réponse  à  cet  enjeu passe par l’éditorialisation  de  contenus scientifiques,  la  ludification de l’expérience utilisateur et l’utilisation de canaux de communication cohérents avec l’usage des jeunes.

Pourquoi un tel site ? PARCE QUE LES 13-19 ANS VEULENT DES INFORMATIONS VÉRIFIÉES, FIABLES ET CENTRALISÉES SUR LES ADDICTIONS ET LES DROGUE.

Dans leur grande majorité (71 %), les 13-19  ans ne font pas confiance aux informations  diffusées sur   le  web  concernant   les  addictions et les drogues.

Pour   63 % d’entre   eux,   les   sites  ne  proposent  pas  d’informations vérifiées  et  proposent des informations contradictoires.

Pour  60%des sondés,   disposer  d’informations scientifiques validées  les  aideraient à faire des choix face à l’alcool, au tabac et aux autres drogues. Enfin, il ressort de l’enquête une curiosité et  des questions plus spécifiques sur les effets  biologiques  des  drogues  sur  le  cerveau  et le corps.

MAAD  Digital  est  un projet  associant  les scientifiques  et  les  jeunes  dans le pilotage  de  ce  projet,  pour créer une expérience accessible, utile, utilisable et utilisée. Par  ailleurs,  les  jeunes sont associés à la création de certains contenus, en particulier  la   relecture d’articles scientifiques et la rédaction de reportages en laboratoire.

Grâce au concours de scientifiques reconnus, ce nouveau site propose de nombreux contenus dynamiques et fiables adaptés aux attentes des 13/19 ans. Les articles décryptent l’information scientifique sur les addictions à l’alcool, au tabac, et aux drogues illicites dans un langage et sur des supports adaptés aux usages multimédia des jeunes.

Un programme novateur unique en France

Pourquoi l’alcool peut-il rendre violent? Modifier les performances sexuelles ? Pourquoi le cerveau des adolescents est-il plus accro à la cigarette que celui des adultes ? C’est pour répondre à ces questions (et bien d’autres) que l’Inserm et la MILDECA ont soutenu le programme MAAD Digital, novateur et unique en France.

Alors que nombre de fausses informations présentées comme des vérités scientifiques circulent sur internet et particulièrement sur les réseaux sociaux, ce programme a pour objectif de délivrer et centraliser des informations scientifiques pédagogiques et fiables sur les mécanismes d’addictions aux drogues.

Pour devenir des « passeurs de sciences »

Dans un esprit résolument moderne -la ligne éditoriale est co-construite avec les jeunes- MAAD Digital propose des contenus plurimédias accessibles sur tous les supports utilisés par les jeunes (ordinateur, tablette, smartphone). Ce site leur permet de devenir des «passeurs de sciences» et leur donne l’occasion d’aborder ces sujets entre eux, sans tabou, et sous l’angle de la connaissance.

Loin de la caricature du vieux savant fou qui colle souvent au personnage du chercheur, MAAD Digital puise dans l’univers des comics et des séries à succès pour valoriser la connaissance et affirmer le pouvoir de la méthode scientifique. Et puisqu’on n’a pas les mêmes attentes à 13 ans et à 19 ans, les articles présentent plusieurs niveaux de lecture. Les réseaux sociaux seront également largement utilisés pour relayer et valoriser les contenus du site.

Enfin, le site propose aux enseignants de s’appuyer sur les articles couvrant des unités pédagogiques (5e/4e/3e et lycée) pour bâtir leurs cours.

capture écran MAAD Digital
capture écran MAAD Digital

La collaboration entre l’Inserm et la MILDECA

La MILDECA et l’Inserm développent depuis plusieurs années un partenariat visant à stimuler et valoriser les connaissances scientifiques sur les phénomènes de consommations et de dépendance aux substances psychoactives licites et illicites. Cette nouvelle coopération s’inscrit dans la volonté partagée de promouvoir l’éducation scientifique par la recherche sur les dangers des drogues et des conduites addictive, en particulier face à l’alcool, au cannabis et au tabac.

Le site internet maad-digital.fr sera officiellement lancé à l’occasion de la Journée de médiation scientifique sur les drogues et les conduites addictives qui se tiendra le lundi 28 novembre 2016 à l’initiative de la MILDECA.

OBJECTIFS de MAAD digital
▪ informer au plan individuel pour développer l’esprit critique et opérer des choix éclairés
▪ décrypter les comportements
▪ démystifier les croyances autour des produits sans moraliser
▪ sensibiliser par la recherche les jeunes aux réalités des addictions ▪ développer l’esprit critique à travers la démarche scientifique expérimentale
▪ fonder les contenus, les affirmations et les concepts sur des études scientifiques et sur l’éclairage des chercheur

Retrouver aussi MAAD digital sur les réseaux sociaux : Twitter @MaadDigital et page Facebook

Communique presse et dossier de presse INSERM

La consommation d’alcool  serait à l’origine de sept types de cancers

Et puisqu’on évoque les addictions, revenons sur une étude publiée en juillet dernier sur l’une d’entre-elle : la dépendance à l’alcool

Vous ne serez probablement pas surpris des conclusions de cette énième étude sur la consommation d’alcool et les risques de cancer qu’elle engendre. Pas surpris car le message est tout sauf nouveau. Tenez-vous le pour dit l’alcool est bel et bien un facteur de risque du cancer. Si vous avez bonne mémoire vous vous souviendrez peut-être qu’en 2011 déjà une équipe allemande de l’Institut de nutrition humaine de Potsdam-Rehbruecke avait délivré le même message en arrivant à la conclusion que près de 10 % de tous les cancers chez l’homme et 3 % des cancers chez la femme étaient liés directement à la consommation d’alcool.

Cette fois c’est Jennie Connor, chercheuse à l’université d’Otago (Nouvelle-Zélande), qui tient à peu près le même discours : la consommation d’alcool, même en faibles quantités, serait à l’origine de la survenue de différences cancers, 7 pour être plus précis : oropharynx, larynx, oesophage, foie, côlon, rectum et sein.

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Avant d’en arriver à cette conclusion elle a scruté à la loupe les habitudes de plus d’un million de femmes britanniques et ce sur une période de 7 ans. Verdict sans appel celles ayant consommé 70 et 140 g d’alcool par semaine (ce qui peut paraître très peu) ont un risque supérieur de 13 % de développer un cancer du sein, de 5% supérieur pour les autres types de cancer.

Et forcément plus vous buvez, plus les risques sont importants : « Plus la consommation est importante, plus les risques sont élevés, mais l’incidence de l’alcool sur les petits consommateurs reste considérable vue sa place dans la société », a expliqué la chercheuse

La “bonne” nouvelle car il y en a une, c’est que cette menace serait réversible à condition de s’arrêter définitivement. Après 20 ans de sevrage, le risque disparaîtrait complétement.

Précisant que l’alcool était responsable de 5,8 % des décès liés au cancer, Jennie Connor s’est ensuite exprimée sur ces fameuses études qui vantent les bienfaits du vin et notamment de l’une de ses molécules, le resvératrol*, notamment sur la santé du cœur… Des études qui n’ont pas réussi à la convaincre après qu’elle ait aussi examiné la connexion entre l’alcool et le bon fonctionnement du cœur… « Pour l’instant les preuves sont plutôt faibles » a t-elle insisté

*Cette substance présente naturellement dans le vin (mais aussi dans certains fruits comme les raisins rouges, les mûres, les cacahuètes…) est connue pour ses propriétés antioxydantes. Ces dernières années plusieurs études en sont arrivées à la conclusion que le resvératrol pouvait aussi avoir un effet protecteur contre le diabète, le cancer, l’obésité ou bien encore la maladie d’Alzheimer.