Les bactéries résistantes sont partout (portes de toilettes, chaussettes anti-déparantes dans les hôpitaux…)

CC0 Public Domain /Pixabay
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Alors que l’Organisation mondiale de la santé s’inquiète plus que jamais de l’expansion des bactéries résistantes aux antibiotiques, plusieurs études publiées ces derniers jours nous confirment que ces bactéries sont absolument partout, y compris là où on ne s’y attend pas forcément. Si on en trouve beaucoup sur les portes des WC d’aéroports, rien de bien étonnant vous en conviendrez, sachez qu’elles se nichent également dans les chaussettes antidérapantes des hôpitaux…

Mais commençons par les toilettes, des endroits particulièrement propices au développement de ces bactéries. Selon une étude menée par des chercheurs de l’hôpital universitaire de Münster (Allemagne) si elles prolifèrent aux 4 coins du monde c’est aussi en grande partie grâce aux poignées des toilettes des aéroports, principalement celles de la gente masculine. Relayée en France par “Le Quotidien du Médecin”, elle a consisté en une analyse de 400 portes de toilettes réparties dans 136 aéroports de 59 pays différents. Résultat : les chercheurs ont retrouvé des staphylocoques dorés dans 5,5 % des échantillons recueillis. D’autres bactéries ont également été répertoriées mais dans une moindre mesure.

Ces lieux étant particulièrement fréquentés par des personnes venant des 4 coins du globe, inutile de vous préciser les portes de toilettes d’aéroports représentent donc un risque important de transmission d’infections … des infections qui n’ont malheureusement pas de besoin de billet pour parcourir le monde …

Une autre étude, menée cette fois par des scientifiques des hôpitaux universitaires de Nottingham (Royaume-Uni), a révélé que ces super bactéries pouvaient aussi se retrouver sur les chaussettes antidérapantes des hôpitaux, celles que l’on utilise parfois pour limiter le risque de chute des patients.

Et après analyse de 54 paires de ces chaussettes, les chercheurs ont relevé la présence d’entérocoques résistants à la vancomycine dans 85 % des cas et de staphylocoques dorés résistant à la méticilline dans 9 % des cas.

Bref pas très réjouissant, vous en conviendrez.

Sujet pouvant vous intéresser : Un antibiotique naturel se cacherait dans notre nez

Vous pensiez tout connaître du corps humain ? Détrompez-vous… Des mystères continuent de s’y cacher jusqu’au fond de nos narines !

En effet, et selon des chercheurs allemands de l’université de Tübingen, la Staphylococcus lugdunensis – il s’agit une bactérie naturelle cachée dans les narines de 9% de la population – aurait la faculté de produire de la lugdunine, un antibiotique naturel et puissant capable de lutter contre plusieurs bactéries pathogènes et notamment contre le staphylocoque doré.

Avant d’en arriver à cette conclusion, les chercheurs sont allés fouiller le nez de plus de 187 patients hospitalisés. L’occasion pour eux de recueillir 90 échantillons de bactéries.

Et qu’ont-ils constaté ? Que les patients dont les narines abritaient du Staphylococcus lugdunensis avaient 6 fois moins de risques que les autres d’héberger le staphylocoque doré.

Bien décidés à aller plus loin, et histoire de confirmer leurs recherches, ils ont aussi fait le choix d’appliquer “des bactéries Staphylococcus lugdunensis sur les lésions de peau de souris qui avaient auparavant été infectées avec le staphylocoque doré” a précisé Top Santé. Et le résultat n’a fait que confirmer leurs espoirs : ils ont en effet constaté une “réduction spectaculaire” de la colonisation des lésions par la bactérie pathogène.

D’autres études seront bien sûr nécessaire avant que ne soit éventuellement élaboré un nouveau traitement antibiotique.

OMS/S Volkov
OMS/S Volkov

Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques

La Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques se déroulera cette année du 14 au 20 novembre 2016. Elle a pour but de mieux faire connaître le phénomène mondial de résistance aux antibiotiques et d’encourager le grand public, les personnels de santé et les décideurs à adopter les meilleures pratiques afin d’éviter l’apparition d’une résistance aux antibiotiques et que celle-ci ne continue à se propager.

En mai 2015, la Soixante-Huitième Assemblée mondiale de la Santé a adopté un plan d’action mondial pour combattre le problème grandissant de la résistance aux antibiotiques et aux autres médicaments antimicrobiens. L’un des principaux objectifs de ce plan est de faire mieux connaître et mieux comprendre la résistance aux antimicrobiens grâce à une action efficace de communication, d’éducation et de formation.

Le thème de la campagne – Antibiotiques: à manipuler avec précaution – exprime le message principal selon lequel les antibiotiques sont une ressource précieuse qu’il faut préserver. Ils doivent être utilisés pour traiter les infections bactériennes seulement lorsqu’ils sont prescrits par un professionnel de la santé humaine ou animale dûment autorisé à exercer. Un traitement antibiotique ne doit jamais être partagé ou mis de côté pour plus tard.

L’OMS encourage tous les États Membres, les partenaires dans le domaine de la santé et les étudiants à participer à cette campagne et à mieux faire connaître le phénomène de la résistance aux antibiotiques. Diverses ressources sont disponibles pour l’organisation de campagnes locales et plusieurs supports supplémentaires seront mis à disposition dans les jours qui précèderont l’événement.

Ampleur du problème

La résistance aux antibiotiques atteint désormais des niveaux dangereusement élevés dans toutes les régions du monde. De nouveaux mécanismes de résistance apparaissent et se propagent dans le monde entier, compromettant notre capacité à traiter les maladies infectieuses courantes. Pour un nombre croissant d’infections, comme la pneumonie, la tuberculose, la septicémie et la gonorrhée, le traitement devient plus difficile, voire impossible parfois, du fait de la perte d’efficacité des antibiotiques.

Dans les pays où ils sont délivrés sans ordonnance pour l’homme ou l’animal, le problème de l’émergence et de la propagation des résistances est encore pire. De même, dans les pays dépourvus de guides thérapeutiques normalisés, les antibiotiques sont prescrits de manière excessive par les agents de santé et les vétérinaires et surconsommés par le grand public.

Si nous ne prenons pas des mesures d’urgence, nous entrerons bientôt dans une ère postantibiotique dans laquelle des infections courantes et de petites blessures seront à nouveau mortelles.

Tout sur la semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques 2016 en CLIQUANT ICI