Surpoids : Près d’un Français sur deux de plus de 30 ans est concerné


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 CC0 Public Domain /Pixabay
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Pour ceux qui pensaient encore que la France était “épargnée” par les problèmes de surpoids et d’obésité, voilà quelques chiffres qui font les faire redescendre sur terre. Oui la France est aussi concernée, et pas qu’un peu. Aujourd’hui près d’un Français sur deux de plus de 30 ans est concerné par le surpoids ! C’est ce que révèlent les premiers résultats de la cohorte Constances. Aujourd’hui portée par l’Inserm et la Caisse nationale de l’Assurance Maladie des travailleurs salariés (Cnamts), Constances rassemble les données relatives à la santé de plus de 110 000 Français. Avec 200 000 personnes surveillées à terme, Constances fournira des indicateurs variés sur la santé de la population, tels que l’influence de divers facteurs sur la survenue de pathologies ou l’impact des actions de prévention.

Ces résultats sont publiés dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) de Santé publique France.

La cohorte Constances est un dispositif de recherche unique en France lancé en 2012 après une phase pilote en 2009. Aujourd’hui, Constances rassemble les données relatives à la santé de plus de 110 000 volontaires de 18 à 69 ans. Les volontaires, affiliés au régime général de l’Assurance Maladie, sont tirés au sort. Tous les 5 ans, ils sont invités à passer un examen de santé dans un des 22 centres d’examens de santé (CES) de l’Assurance Maladie répartis sur 20 départements et répondent à un questionnaire tous les ans. La mobilisation des Centres d’examens de santé dans la mise en œuvre de la cohorte Constances, intervient conjointement à leur mission historique auprès des personnes éloignées du système de santé,

« Les données de la cohorte permettent d’analyser l’état de santé de la population et de mieux comprendre ce qui se passe tout au long de la vie. Après plusieurs années de recrutement, nous avons pu analyser les données et fournir des premières estimations, en particulier sur la prévalence du surpoids et de l’obésité » explique Marie Zins, coordinatrice pour l’Inserm de la cohorte Constances.

Concernant la prévalence du surpoids et de l’obésité, les données de près de 29 000 participants, âgés de 30 à 69 ans en 2013, ont été étudiées. Près d’un Français sur deux serait en excès de poids et l’obésité globale, définie par un IMC > 30kg/m2, avoisinerait les 16% tandis que l’obésité abdominale, définie par un tour de taille ≥94 cm pour les hommes et ≥80 cm les femmes, s’avère bien plus fréquente (entre 41,6 et 48,5%).

Prévalence du surpoids et de l’obésité en France © Inserm
Prévalence du surpoids et de l’obésité en France © Inserm

Ces données confirment les tendances observées dans l’enquête ObÉpi (2012) qui recueille, tous les trois ans, des données sur la prévalence du surpoids et de l’obésité. Dans cette enquête, les participants sont interrogés par téléphone sur la mesure de leur tour de taille et leur poids. Dans Constances, contrairement à l’enquête ObÉpi, le protocole de mesure de l’IMC et du tour de taille est standardisé dans les Centres d’examens de santé (CES), où des professionnels de santé procèdent aux mesures.

Des précisions en fonction de l’âge et des revenus sont également présentées dans l’étude et les données permettent d’identifier les lieux/régions, parmi les départements analysés, où la prévalence de l’obésité est la plus forte. Il s’agit du Nord, pour lequel la prévalence de l’obésité atteint 25,6%, et la Meurthe et Moselle (22,9%). Paris est le département le moins touché par l’obésité, avec une prévalence de 10,7%.

Vers les 200 000 volontaires

La cohorte nationale française d’adultes bénéficie d’un financement dans le cadre des Investissements d’Avenir. Initialement mise en place par l’Inserm, la Cnamts, l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, la taille et le fonctionnement de la cohorte Constances sont équivalents à ceux d’autres grandes cohortes en cours de constitution en Europe. Des collaborations européennes permettent déjà des recherches à très grande échelle et des comparaisons internationales inédites.

L’objectif est d’inclure 200 000 personnes volontaires.

Vous êtes volontaires? Vous souhaitez participer ?

Conditions et précisions en écrivant à contact@constances.fr et sur le site www.constances.fr

Surpoids et obésité seraient associés à huit nouveaux types de cancer

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L’occasion de revenir sur une étude publiée dans le courant de l’été et selon laquelle surpoids et obésité seraient associés à huit nouveaux types de cancer

Les scientifiques ont plusieurs fois associés surcharge pondérale à certains types de cancer. On pense notamment au cancer du colon, du rectum, de l’œsophage, des reins, du sein…etc). Selon cette nouvelle étude l’excès de poids est désormais associé sur le long terme à huit autres types de cancers.

Ces résultats sont le fruit d’une nouvelle évaluation effectuée par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) . Avant d’en arriver à cette conclusion, les scientifiques ont analysé plus de 1.000 études déjà publiées sur le sujet et portant donc sur les effets du surpoids et le risque de cancer.

Une analyse qui a permis de révéler que la surcharge pondérale était aussi associée à un risque accru de cancer de l’estomac, du foie, de la vésicule biliaire, du pancréas, des ovaires et de la thyroïde.

“Le risque de méningiome et de myélome est également supérieur chez une personne en excès de poids” a ajouté le CIRC dans ses conclusions.

Et parce qu’une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, les chercheurs ont précisé que l’excès de poids avait malheureusement les mêmes conséquences chez les enfants et/ou adolescents.

« Le fardeau du cancer dû au surpoids ou à l’obésité est beaucoup plus important que ce que l’on pensait auparavant » a déclaré Graham Colditz, président du groupe de travail du CIRC. Et de rajouter qu’une bonne hygiène de vie (alimentation équilibrée, une stabilité pondérale et de l’exercice physique…) pouvait réduire de manière sensible le risque de développer un cancer.

L’Obésité et le surpoids = espérance de vie réduite (jusqu’à 10 ans)

Courant juillet une autre étude nous apprenait que surpoids et obésité avaient une grande influence sur notre espérance de vie ! Cela serait particulièrement vrai pour l’obésité qui pourrait réduire jusqu’à 10 l’espérance de vie des personnes concernées.

Cette énième étude – elle avait pour objectif de mesurer le risque de mourir de façon prématurée avant l’âge de 70 ans – est le fruit du travail des chercheurs de l’Université de Cambridge. Et ses conclusions sont sans appel : le surpoids et l’obésité sont bel et bien synonymes d’une espérance de vie réduite. Pour les auteurs, il ne fait absolument aucun doute qu’ils sont associés à un risque accru de décès prématuré.

L’un des principaux auteurs de l’étude, le professeur Emanuele Di Angelantonio, a d’ailleurs expliqué à l’AFP que plus on est en surpoids plus le risque de mourir prématurément est important.

Et de préciser que les gens en surpoids perdent un an d’espérance de vie, les gens modérément obèses 3 ans et enfin les personnes en obésité sévère 10 ans.

“Les résultats de l’étude contredisent des travaux récents selon lesquels il y aurait un avantage sur le plan de la survie à être en surpoids” a d’ailleurs déclaré un représentant l’École de Santé publique de Harvard qui a participé à l’étude.

Autre conclusion : l’incidence du surpoids sur l’espérance de vie est trois fois plus importante chez les hommes que chez les femmes.


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