Etude : le cancer du sein fait nettement moins peur


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Etude : le cancer du sein fait nettement moins peur. Telle est l’une des principales conclusions du 4ème Observatoire Cancer Institut Curie – Viavoice dont les résultats viennent d’être rendus publics. L’édition 2016 se concentre sur les problématiques liées aux cancers du sein et donne la parole aux patientes pour mieux comprendre leurs attentes.

Cet observatoire vise à analyser l’opinion des Français sur le cancer, ses enjeux, sa prise en charge, l’après-cancer ou encore l’information sur la maladie. Il permet également de mettre en lumière et de comprendre les dimensions sociétales liées à cette pathologie, en prise directe avec les grandes priorités définies par le 3e Plan Cancer.

Et alors que les progrès en cancérologie ont permis d’améliorer l’efficacité des traitements, d’allonger l’espérance de vie et d’offrir davantage de confort de vie aux malades, au profit d’un « retour à la vie normale » plus rapide, il ressort de cet observatoire que ces avancées sont perçues positivement par les Français.

Et alors qu’une grande majorité de Français est confrontée, de manière directe ou non, à la maladie et a pu constater les progrès réalisés, ces avancées sont clairement identifiées par les personnes interrogées, qui sont 84 % à considérer que le cancer du sein se guérit de mieux en mieux.

Il est à noter que les seniors se montrent encore plus optimistes, ce chiffre atteignant 95 % chez les plus de 65 ans. Un fait expliqué par une plus grande expérience de la maladie et une vision plus globale des avancées médicales.

Par ailleurs, pour 64 % des personnes interrogées, le cancer du sein est une maladie qui se vit de mieux en mieux.

« Grâce à la recherche, de nombreuses innovations en chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, hormonothérapie, thérapies ciblées, seule ou en association, ont permis de progresser et d’améliorer l’espérance de vie des patientes. Aujourd’hui, nous espérons beaucoup de l’immunothérapie et poursuivons la recherche de solutions thérapeutiques pour les cancers particulièrement agressifs », précise le Pr Roman Rouzier, directeur médical du pôle sénologie de l’Institut Curie. « Nos efforts se portent également sur la limitation des sur-traitements, en identifiant les femmes qui n’auront pas besoin de recevoir une chimiothérapie ».

De cet observatoire, on retiendra également le plébiscite dont bénéficie le droit à l’oubli.

Cette mesure, très attendue par tous les patients confrontés aux difficultés d’emprunt suite à la maladie rencontre l’approbation des Français. Plus de 40 % des personnes interrogées ont ainsi connaissance de l’existence d’une telle loi, preuve de l’attention portée aux évolutions législatives dans le domaine de la santé publique.

Si la jeune génération est moins informée, avec 62 % des 18-25 ans et 66 % des 25-34 ans qui ne connaissent pas ou peu le vote de ce texte, 84 % de l’ensemble des personnes interrogées estiment que cette loi contribue largement à faciliter le retour à une vie normale.

Et puisqu’on évoque un retour à la “vie normale”, notez que faciliter le retour au travail est un priorité pour les Français. Ainsi 37 % des personnes interrogées pensent ainsi que le fait de ne pas être stigmatisé favorise un meilleur retour à la vie normale et parmi eux, 24 % considèrent les conditions facilitant un retour à la vie professionnelle comme un facteur important.

Enfin notez que les patientes interrogées s’accordent à dire qu’un soutien sur tous les plans est indispensable pour traverser la maladie. Elles évoquent en très grande majorité le besoin d’être soutenues par leur proches, mais également par d’autres cercles relationnels, pour supporter physiquement et psychologiquement les atteintes de la maladie.

Ainsi, le soutien moral est considéré comme important par 97 % des femmes (80 % le voit comme très important). Il est suivi par le soutien affectif à 96 % (dont 71 % très important). Viennent ensuite le soutien financier (faire face à une perte de revenus, aux soins non remboursés par la sécurité sociale ou la mutuelle…) et le soutien pratique (être aidées dans l’organisation de la vie de famille, les tâches ménagères, les démarches administratives…) qui sont cités tous deux comme important par 79 % des patientes interrogées.

Découvrez les résultats complets de cet observatoire 2016 CANCER Institut Curie – Viavoice en cliquant ICI (document format PDF)

Cancer du sein : la peur des effets secondaires les multiplie

Cet observatoire est l’occasion de revenir sur une étude publiée dans le courant de l’été et selon laquelle

Plus les patientes touchées par le cancer du sein ont peur des effets secondaires liés au traitement, plus elles en subiraient les conséquences.

Le  cancer du sein est un tumeur maligne de la glande mammaire qui touche environ 10% de la population féminine. Chaque année dans le monde ce sont 1,4 million de femmes qui ainsi sont diagnostiquées avec cette maladie et 460.000 qui en décèdent. En France, il représente près d’un cancer sur trois et plus de 11.000 femmes en décèdent, soit environ une femme toutes les heures.

Il est donc bien naturel d’être inquiète  lorsque la maladie se manifeste. Les effets secondaires liés au traitement font partie des peurs les plus souvent citées par les patientes.

Aujourd’hui pourtant une étude allemande nous apprend que les femmes qui ont le plus d’appréhensions sont aussi celles qui sont les plus touchées par les effets secondaires. A contrario, celles qui sont moins inquiètes en souffrent moins.

Avant d’en arriver à cette conclusion des chercheurs de l’université de Marburg ont suivi durant deux années 111 femmes opérées d’un cancer du sein et qui devaient suivre une hormonothérapie.

L’hormonothérapie : certaines tumeurs du sein ont pour caractéristique d’être hormonosensibles, ce qui signifie que les hormones féminines (œstrogènes, progestérone), naturellement produites par l’organisme, stimulent leur croissance. L’hormonothérapie est un traitement qui consiste à empêcher l’action stimulante des hormones féminines sur les cellules cancéreuses. Parmi les effets secondaires les plus courants : douleurs articulaires, gain de poids, bouffées de chaleur… (Source E-Cancer)

Les scientifiques ont bien sûr demandé à ces femmes quelles étaient leurs craintes avant même le début de l’hormonothérapie utilisant du tamoxifène ou des anti-aromatases.

Verdict : les femmes qui avaient le moins peur avaient mieux supporté le traitement que les autres.

Ainsi, et au terme de l’étude, 29% des femmes qui redoutaient des effets secondaires importants avaient la moins bonne qualité de vie et le taux d’adhésion au traitement le plus faible. A contrario les femmes les moins inquiètes ont mieux supporté le traitement et rapporté moins d’effets secondaires.

«Nos résultats montrent que les anticipations constituent un facteur cliniquement pertinent qui influence le résultat à long terme de l’hormonothérapie» a déclaré la Professeur Yvonne Nestoriuc, principale auteure de l’étude.

Et de préconiser un soutien psychologique des patientes en amont d’une hormonothérapie.


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