Choléra : une épidémie mortelle en République Centrafricaine

CC0 Public Domain /Pixabay
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Mauvaise nouvelle en ce qui concerne l’épidémie de choléra qui sévit en République Centrafricaine. Si un premier bilan faisait état de 10 morts, l’UNICEF a malheureusement annoncé que 16 personnes en étaient malheureusement déjà décédées. Pour info c’est la première épidémie de choléra enregistrée depuis 2011 en République Centrafricaine. Une épidémie de choléra qui a été déclarée par les autorités centrafricaines le 10 août. A noter que 66 cas, parmi lesquels 7 impliquant des enfants, ont été enregistrés le long de la rivière Oubangui.

« Les jeunes enfants, particulièrement ceux âgés de moins de cinq ans, sont très vulnérables face à cette maladie », a déclaré Mohammed Malick Fall, Représentant de l’UNICEF en République Centrafricaine. «Nous devons agir au plus vite pour éviter que la maladie, ne se propage et fasse plus de victimes. Le choléra est une maladie qui est facilement évitable.»

Le choléra est une infection intestinale aiguë due à l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par le bacille Vibrio cholerae. La durée d’incubation est courte, de moins d’un jour à cinq jours. Le bacille produit une entérotoxine qui provoque une diarrhée abondante, indolore pouvant aboutir rapidement à une déshydratation sévère et à la mort du sujet si le traitement n’est pas administré rapidement. La plupart des patients présentent aussi des vomissements.

La plupart des sujets infectés par V. cholerae ne présentent aucun symptôme bien que le bacille puisse être présent dans leurs selles pendant 7 à 14 jours. En cas de maladie, 80 à 90 % des épisodes sont bénins ou modérément sévères et il est alors difficile de les distinguer cliniquement d’autres types de diarrhées aiguës. Moins de 20 % des malades développent le choléra typique avec des signes de déshydratation modérée à sévère. (Source OMS)

L’épidémie a débuté à Djoukou, dans une région déjà difficile d’accès située le long de la rivière Oubangui à environ 100 km en amont de la capitale Bangui. Dans cette région, les populations ont peu ou pas accès à l’eau potable et utilisent la rivière Oubangui comme source principale d’approvisionnement en eau. De nombreuses zones de la région sont difficiles, voire impossible d’accès par la route. Des personnes contaminées voyageant à bord de bateaux surpeuplés ont transporté la bactérie en aval.

En collaboration avec le Ministère de la Santé et ses partenaires, l’UNICEF fournit des médicaments, de l’eau potable, des produits pour la purification de l’eau et des équipements sanitaires aux populations affectées.

Des mobilisateurs communautaires sont également déployés dans les zones touchées pour informer la population sur les mesures de prévention : boire uniquement de l’eau traitée, se laver les mains avec du savon, ne consommer que de la nourriture bien cuite et éviter la défécation à l’air libre. La mobilisation des communautés est cruciale pour éviter la propagation de l’épidémie, dans la mesure où la plupart des villages affectés n’ont ni électricité ni réseau de téléphonie mobile.

Que préconise l’OMS en prévention du choléra ?

Les mesures de prévention du choléra consistent principalement à fournir de l’eau potable et des moyens d’assainissement adéquats aux populations qui n’ont pas encore accès aux équipements de base. L’éducation pour la santé et une bonne hygiène alimentaire jouent un rôle tout aussi important.

On rappellera aux communautés les comportements de base en matière d’hygiène, notamment la nécessité de se laver les mains avec du savon après avoir été à la selle et avant de manipuler des aliments ou de manger, ainsi que la préparation et la conservation adéquates des aliments. Les médias – radio, télévision ou journaux – doivent être associés à la diffusion de messages d’éducation de la santé. Les dirigeants communautaires et religieux doivent aussi être associés aux campagnes de mobilisation sociale.

En outre, le renforcement de la surveillance et de l’alerte précoce contribue beaucoup à la détection des premiers cas et à la mise en place des mesures de lutte. En revanche, une antibiothérapie communautaire systématique ou une chimioprophylaxie de masse n’a aucun effet sur la propagation du choléra, peut avoir des effets néfastes en augmentant la résistance aux antimicrobiens et donne un sentiment de sécurité trompeur.

Crédit/source : communiqué UNICEF/OMS