L’immunothérapie, la nouvelle arme contre le cancer de la vessie


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Présentée ce dimanche lors du congrès international d’oncologie, une molécule a montré qu’elle était capable de réduire une tumeur chez des patients inopérables et chez qui la chimiothérapie est impossible ou se révèle pas ou peu efficace.

5ème cancer le plus fréquent en France, le cancer de la vessie est responsable de près 3.000 décès chaque année. Et alors que peu d’options thérapeutiques existent aujourd’hui, plusieurs études suggèrent que les traitements par immunothérapie sont efficaces dans de très nombreuses tumeurs, notamment en ce qui concerne le cancer de la vessie, du rein, du testicule et de la prostate. Ces études ont été présentées lors du congrès annuel de l’Association américaine d’oncologie clinique (ASCO) qui s’est déroulé du 3 au 7 juin à Chicago.

Ce dimanche 5 juin, le Dr Christophe Massard, Chef du comité essais précoces au sein du Département d’Innovation Thérapeutique et Essais Précoces (DITEP), a ainsi rapporté les premiers résultats encourageants d’une nouvelle immunothérapie dans le cancer de la vessie.

Le cancer de la vessie est une maladie fréquente avec un pronostic défavorable, en particulier pour les stades métastatiques. Jusqu’à très récemment, les possibilités thérapeutiques étaient limitées avec essentiellement l’utilisation de différentes chimiothérapies cytotoxiques comme le cisplatine. Depuis peu, les nouvelles immunothérapies donnent des résultats encourageants pour traiter cette pathologie. Plusieurs essais ont déjà été menés à Gustave Roussy avec des anticorps anti-PD-1 ou PD-L1 comme l’atezolizumab.


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Le Dr Christophe Massard, Chef du comité essais précoces au sein du DITEP et oncologue dans le comité génito-urinaire du Département de Médecine oncologique à Gustave Roussy, a présenté les premiers résultats intermédiaires du profil de sécurité et d’efficacité du durvalumab chez des patients atteints d’un cancer de la vessie inopérable ou métastasique et en échec de leur traitement conventionnel.

Il s’agit d’une étude multicentrique de phase I/II. Le durvalumab est un anticorps anti PD-L1 qui lève l’inhibition du système immunitaire induite par la fixation du ligand PD-L1, exprimé par les tumeurs, sur les récepteurs PD-1 et CD 80 des lymphocytes T. A la date d’analyse des résultats, 61 patients inclus dans l’essai ont pu être évalués, et 42 patients ont été évalués pour la réponse tumorale.

Avec un taux de réponse objective de 38,1 %, les résultats de cet essai sont encourageants. Ce taux de réponse apparaît dépendre de la présence de PD-L1 puisqu’il atteint 53,6 % si la tumeur ou son micro-environnement exprime le ligand PD-L1, voire 61,1 % si PD-L1 est exprimé dans le micro-environnement tumoral uniquement.

Le durvalumab semble relativement toléré. 64% des patients ont présenté des effets secondaires gérables dont les plus fréquemment observés étaient fatigue et diarrhée. Les résultats de cet essai précoce sont le fruit d’une collaboration rapprochée entre les deux départements de Gustave Roussy assurée par le Dr Massard.

 


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