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« Omar m’a tuer » est un film de Roschdy Zem qui relance une affaire jamais close. Il est rediffusé ce soir dès 21h05 sur France 4. Quatre mots écrits en sang, un jardinier condamné, un réalisateur engagé : voici ce qu’il faut savoir avant (ou après) la diffusion.

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« Omar m’a tuer » : de quoi parle le film ?
Juin 1991, Mougins. Ghislaine Marchal, riche veuve, est retrouvée morte dans la cave de sa villa. À côté d’elle, une inscription : « Omar m’a tuer ». Son jardinier marocain, Omar Raddad, est arrêté presque immédiatement. Il parle mal le français, n’a pas d’alibi solide, et devient le coupable idéal.
Le film ne reconstitue pas seulement le crime. Il suit deux lignes en parallèle :
- le calvaire d’Omar (arrestation, interrogatoires, procès, prison, grèves de la faim) ;
- la contre-enquête d’un écrivain, Pierre-Emmanuel Vaugrenard (personnage inspiré de Jean-Marie Rouart), convaincu de son innocence.
Le scénario s’appuie notamment sur le livre de Rouart (Omar, la construction d’un coupable) et sur le récit d’Omar Raddad lui-même (Pourquoi moi ?).
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Un film à charge… contre la machine judiciaire
Roschdy Zem ne fait pas semblant d’être neutre. Le film est un plaidoyer : enquête précipitée, expertises contestées, corps incinéré trop vite, absence de traces matérielles d’Omar sur les lieux, et le poids d’un préjugé (immigré, analphabète, « Arabe de service »).
La phrase de Vergès, reprise dans l’esprit du film, résume le parti pris : on aurait condamné un jardinier « parce qu’il avait le tort d’être maghrébin ».
Les critiques de 2011, et celles republiees aujourd’hui autour de la rediffusion, saluent surtout la performance de Bouajila : un homme presque muet, broyé, d’une dignité douloureuse.
On reproche parfois au film certains flash-back un peu appuyés et un ton trop univoque. Reste un thriller judiciaire sobre, tendu, de 85 minutes.
Du côté du casting
Sami Bouajila en Omar Raddad.
Autres rôles clés : Denis Podalydès (l’écrivain), Maurice Bénichou (Jacques Vergès).
Le film a été sélectionné pour représenter le Maroc aux Oscars 2012 (shortlist) et a valu à Sami Bouajila une nomination au César du meilleur acteur. Zem et ses co-scénaristes ont été nommés au César de la meilleure adaptation.
Vidéo bande-annonce
Pour ceux qui préfèrent les images, voici celles de la bande-annonce officielle du film.
Pourquoi le rediffuser en 2026 ?
Parce que l’affaire n’est pas close. Omar Raddad a été gracié par Jacques Chirac en 1996 et libéré en 1998. Il n’a jamais été innocenté. Deux requêtes en révision ont été rejetées, la dernière en octobre 2022.
Des traces d’ADN masculins inconnus ont été retrouvées sur la scène de crime ; aucune n’appartient à Raddad. Son avocate a annoncé un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme.
Le film de Zem arrive donc comme un rappel : 15 ans après sa sortie, 35 ans après le crime, le dossier reste une plaie ouverte.
France 4 le programme de nouveau ce soir précisément comme « la chronique d’une erreur judiciaire toujours pas réparée ».
Votre film à voir aussi en streaming
Si le film sera diffusé ce soir à 21h00 sur France 4, retrouvez-le aussi en streaming vidéo puis replay sur la plateforme france.TV
