Des lésions pulmonaires associées au vapotage pourraient être causées par des fumées chimiques toxiques


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Les recherches sur les pathologies des lésions pulmonaires associées au vapotage n’en sont qu’à leurs débuts, mais une étude menée par la Mayo Clinic et publiée dans The New England Journal of Medicine révèle que les lésions pulmonaires dues au vapotage sont très probablement causées par une toxicité directe ou des lésions tissulaires dues à des vapeurs chimiques nocives.

vapotage
lindsayfox /Pixabay

Les chercheurs ont examiné les biopsies pulmonaires de 17 patients, qui avaient tous vapoté et étaient soupçonnés de présenter des lésions pulmonaires associées au vapotage. Pour la première fois, l’étude a examiné un groupe de biopsies de patients souffrant de lésions pulmonaires dues au vapotage. Les chercheurs n’ont trouvé aucune preuve de lésion tissulaire causée par l’accumulation de lipides (des substances grasses comme les huiles minérales), soupçonnée d’être une cause possible de lésions pulmonaires associées au vapotage.


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« Bien que nous ne puissions ignorer le rôle potentiel joué par les lipides, nous n’avons rien constaté qui pourrait suggérer qu’il s’agisse d’un problème causé par l’accumulation de lipides dans les poumons. Au contraire, il semble qu’il s’agit d’une sorte de lésion chimique directe, similaire à celles constatées avec les expositions aux fumées chimiques toxiques, aux gaz toxiques et aux agents toxiques », déclare Brandon Larsen, M.D., Ph.D., pathologiste chirurgical à la Mayo Clinic Arizona et expert national en pathologie pulmonaire.

Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) ont signalé plus de 800 cas de lésions pulmonaires associés à l’usage de cigarettes électroniques, que l’on appelle également vapotage, au cours des derniers mois. Douze décès ont été confirmés dans 10 États, et les résultats suggèrent que les produits contenant du THC, le principal composé psychoactif du cannabis, ou d’autres huiles de cannabis, comme le cannabidiol ou CBD, peuvent jouer un rôle dans les affections liées au vapotage.

Certains États ont imposé une interdiction temporaire de la vente de cigarettes électroniques ou de liquides aromatisés utilisés avec celles-ci pendant que les chercheurs étudient les questions liées à la santé. La Food and Drug Administration envisage d’interdire tous les arômes sans tabac des liquides de vapotage. Les CDC recommandent que les cigarettes électroniques ne soient pas utilisées par les enfants, les jeunes adultes, les femmes enceintes ou les adultes qui ne consomment pas déjà de produits à base de tabac. L’American Lung Association a mis en garde sur la dangerosité des cigarettes électroniques, susceptibles de causer des dommages et des maladies pulmonaires irréversibles.

Sur les 17 biopsies examinées, deux d’entre elles provenaient de patients de la Mayo Clinic. Les autres provenaient d’hôpitaux du pays et avaient été envoyées à Mayo Clinic pour des examens plus approfondis. Tous les patients avaient vapoté, et 71 % d’entre eux avaient vapoté avec du cannabis ou des huiles de cannabis. Tous présentaient des lésions pulmonaires aiguës, dont une pneumonie, et deux des patients sont décédés.

« Nous n’avons pas été surpris par nos résultats sur la toxicité », déclare le Dr. Larsen, auteur principal de l’étude. « Nous avons vu une poignée de cas, des cas individuels épars, au cours des deux dernières années, durant lesquelles nous avons observé les mêmes choses. Maintenant nous voyons un pic soudain dans les cas. Notre étude propose le premier examen détaillé des anomalies que l’on peut observer dans les biopsies pulmonaires. Celle-ci vise à aider les cliniciens et les pathologistes à poser un diagnostic dans un contexte clinique approprié ».

Selon le Dr. Larsen, il peut s’avérer difficile de diagnostiquer les lésions pulmonaires associées au vapotage, à moins de fournir aux cliniciens et aux pathologiques des informations préalables.

« Il s’agit d’une crise de santé publique et nombre de gens travaillent frénétiquement 24 heures sur 24 pour découvrir le ou les coupables potentiels, ainsi que les produits chimiques responsables », explique le Dr. Larsen. « D’après ce que nous avons observé dans le cadre de notre étude, nous supposons que la plupart des cas impliquent des contaminants chimiques, des sous-produits toxiques ou d’autres agents nocifs composant les liquides de vapotage. »

D’ici là, le grand public devrait tenir compte des déclarations des principales organisations médicales et agences de santé publique au sujet des dangers du vapotage.

« Tout le monde devrait reconnaître que le vapotage n’est pas sans risques potentiels, y compris des risques mortels, et je pense que nos recherches le confirment », dit-il. « D’après nos observations, il semblerait prudent d’explorer des moyens de mieux réglementer ce secteur et de mieux éduquer le grand public, notamment les jeunes, sur les risques associés au vapotage. »

Crédit/source : Service de presse Mayo Clinic


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