Le dépistage organisé du cancer colorectal en danger, la Ligue se mobilise

cancer colorectal
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Le dépistage organisé du cancer colorectal est en danger. La Ligue contre le cancer a donc décidé de se mobiliser afin de prévenir une interruption du test immunologique !

La Cour administrative d’appel de Paris a décidé d’annuler le marché pour le test immunologique proposé aux personnes entre 50 et 74 ans, dans le cadre du dépistage organisé du cancer colorectal. Cela pourrait engendrer un arrêt brutal du programme de dépistage organisé à partir du 1er août 2018. Très inquiète, la Ligue contre le cancer alerte sur les conséquences graves pour la santé des citoyens de ce retrait du marché. Dépisté à un stade précoce, le cancer colorectal est en effet guéri dans 9 cas sur 10. Le programme de dépistage organisé du cancer colorectal mis en place en 2009 est indispensable pour la préservation de la santé publique. Arrêter, ne serait-ce que temporairement, ce dépistage reviendrait à se priver de la meilleure arme de lutte contre le cancer colorectal. La Ligue contre le cancer exige donc que des mesures soient prises pour garantir la poursuite, sans interruption, du programme de dépistage du cancer colorectal par un test immunologique.

« Il est inacceptable que le test immunologique ne soit plus disponible au 1er août prochain, sans qu’une autre technique aussi efficace soit mise en place. La population concernée ne doit pas subir des retards aux diagnostics et aux thérapies ! La Ligue contre le cancer demande l’application de solutions concrètes permettant à l’Assurance maladie ou à toute autre instance nationale de mener un nouvel appel d’offre et poursuivre le dépistage organisé » souligne le Pr Jacqueline Godet, présidente de la Ligue contre le cancer.

Le test immunologique vise à déceler la présence de traces de sang humain dans les selles. Simple et peu contraignant, il permet de détecter 2 à 2,5 fois plus de cancers et 3 à 4 fois plus d’adénomes avancés que le test précédent (dit Hemoccult). Alors que le test Hemoccult requérait trois échantillons de selles, le test immunologique n’en demande plus qu’un. Une procédure moins contraignante qui doit permettre une meilleure participation au dépistage de la population concernée.

Les conséquences d’un arrêt du test immunologique

L’arrêt du test immunologique pourrait entrainer une période creuse de plusieurs mois dans la campagne de dépistage organisé, faute de solutions aussi efficaces.

Des cancers, dans cet intervalle, pourraient se développer et passer inaperçus (évolution de polypes adénomateux très avancés, vers une transformation en cancer) et aboutir à une perte de chance par un retard de détection précoce et de prise en charge.

La démobilisation des personnes concernées par le dépistage et des professionnels de santé pourrait aboutir à un désinvestissement durable sur cet enjeu majeur de santé publique.

Le parcours de prise en charge « dépistage-diagnostic-soins » concernant le cancer colorectal serait complètement perturbé et désorganisé.

Rappels importants concernant le cancer colorectal

Le cancer colorectal est le 3e cancer le plus fréquent en France avec près de 45 000 nouveaux cas estimés en 2017 et le 2e cancer en terme de mortalité, avec près de 18 000 décès estimés en 2017(1).

Dépisté à temps, le cancer colorectal est guérissable dans 9 cas sur 10.

S’il est détecté à un stade précoce (in situ ou stade 1), le taux de survie à 5 ans est de 90 %, alors qu’il n’est que de 13 % en présence de métastases.

Le cancer colorectal survient majoritairement après 50 ans (5 % de cancers colorectaux avant cet âge).
La hausse significative du taux de participation en 2017, passant de 28.6% à 33.5 %, doit être poursuivie.

Le dépistage est l’une des armes les plus efficaces pour lutter contre le cancer.
Combattons les pertes de chances
Exigeons une poursuite ininterrompue du dépistage du cancer colorectal !

Ceci est un communiqué de presse de la Ligue Contre le Cancer
(1) Projection de l’incidence et de la mortalité en France métropolitaine en 2017 – Rapport technique – Santé Publique France et INCa