Sexisme quotidien à l’hôpital : les internes en ont marre !

Du sexisme à l’hôpital ? Malheureusement oui ! En septembre dernier l’InterSyndicat National des Internes a lancé la première grande enquête nationale sur le sujet, et ce auprès de tous les internes de France. Objectif : dénoncer ces discriminations dont sont victimes au quotidien les internes et en comprendre l’impact sur les choix de carrière et sur le quotidien des jeunes médecins.

Photo non contractuelle (Pixabay)

Les résultats ont été présentés à l’Université de Rentrée de l’ISNI, ce samedi 18 novembre, et ils sont assez consternants. Pour info sachez que 3000 étudiants dont 75 % de femmes ont répondu à ce questionnaire depuis début septembre

Si nous n’entrerons pas en détail dans tous les chiffres, notez que 86 % des internes (hommes et femmes confondus) affirment subir du sexisme ou en être directement victimes (blagues graveleuses, mains aux fesses, baisers forcés…etc)

Parmi les autres chiffres à côté desquels il est impossible de passer, nous retiendrons que 14 % des internes affirment avoir reçu « des demandes insistantes de relation sexuelle »;  12 % disent avoir été victimes de chantage à connotation sexuelle et 9 % de « simulations d’actes sexuels ». Enfin 9% des étudiants ont indiqué avoir subi un forme de harcèlement sexuel.

A noter que ces agissements sont majoritairement imputés aux médecins et supérieurs hiérarchiques et se produisent dans la plupart des cas au sein des blocs opératoires.

Aujourd’hui et plus que jamais l’ISNI condamne toute forme de sexisme, du sexisme ordinaire au harcèlement sexuel, envers les femmes et les hommes, et espère que ce sujet ne soit plus tabou dans l’avenir.

Lors de son université de rentrée l’ISNI va donc faire dix propositions pour lutter contre ce phénomène dans l’espoir qu’elles puissent aboutir à une prise de conscience de la communauté médicale et à des mesures concrètes contre le sexisme dans le monde médical.

Sexisme à l’hôpital : la ministre de la santé connaît bien le sujet

Il y a quelques semaines à peine Agnès Buzyn, ministre de la santé et ancien médecin, avait confié au Journal du dimanche qu’elle avait été elle-même victime de sexisme dans l’exercice de sa profession. « Comme beaucoup de femmes, j’ai eu affaire à des comportements très déplacés dans mon milieu professionnel » avait-elle ainsi déclaré

« Des chefs de service qui me disaient : “Viens t’asseoir sur mes genoux” Des choses invraisemblables… qui faisaient rire tout le monde » avait-elle ensuite précisé tout en soulignant qu’on était en train d’assister à une forme de « libération de la parole » après le scandale Weinstein.