Alsace : taux le plus élevé d’AVC en France

L’Alsace se distingue tout particulièrement en cette fin d’année. Non seulement cette si belle région détient le taux le plus élevé d’AVC de France mais aussi, et c’est peut-être le plus inquiétant, la plus forte progression. Des chiffres communiqués il y a quelques jours à peine par le Réseau environnement santé (RES), et ce à l’occasion de la journée mondial de l’AVC qui s’est déroulée ce dimanche 29 octobre.

Avant tout il faut savoir qu’entre 1997 et 2014, l’incidence de l’AVC a globalement augmenté partout en France. Mais en Alsace, c’est bien pire. En moyenne il a été multiplié par 3 chez les moins de 45 ans. Notez toutefois une forte disparité entre Haut-Rhin (x 2,7) et Bas-Rhin (x 5,5).

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Pour le R.E.S ce constat amène à s’interroger sur les causes environnementales de cette progression.

Une tendance confirmée par les chiffres de l’Agence Régionale de Santé Grand-Est. Une hausse sensible a en effet été observée en Alsace entre 2004 et 2014 (+28% dans le Bas-Rhin et +23% dans le Haut-Rhin). C’est bien au dessus de la hausse observée dans les autres régions de France.

A l’occasion d’une conférence de presse organisée hier au Club de la presse Europe à Strasbourg, le RES a particulièrement insisté sur ce phénomène de progression et de « rajeunissement » de l’AVC, notamment en Alsace.

« Entre 30 et 50 % des patients jeunes victimes d’AVC ne peuvent reprendre leur activité professionnelle et près de 10 % restent dépendants pour au moins une activité de la vie quotidienne » s’alarme ainsi le R.E.S qui cherche à comprendre quels sont les facteurs qui peuvent contribuer à cette hausse relativement inquiétante.

Si certains facteurs de risques sont connus qu’en est-il de certains causes environnementales comme la pollution atmosphérique ?

AVC : les signes avant-coureurs

– Une faiblesse musculaire d’un côté du corps, bras ou jambe : la personne lève les deux bras devant elle, mais l’un des bras ne peut être levé ou rester en hauteur et retomber.
– Une déformation de la bouche : le sourire de la personne n’est pas symétrique.
– Des troubles de la parole : la personne a des difficultés à articuler, à trouver ses mots, à assimiler les phrases de l’entourage ou encore utilise des formules incompréhensibles.

Ces 3 signes d’alerte peuvent être, aussi soudainement, accompagnés de troubles de l’équilibre, de maux de tête intenses ou d’une baisse de vision.

A l’apparition de ces premiers symptômes, et même s’il disparaît après quelques minutes, composez immédiatement le 15.

Au téléphone, un médecin régulateur du centre 15 vous donnera les conseils à respecter :

– Allonger la personne avec un oreiller sous la tête jusqu’à l’arrivée des secours ;
– Noter l’heure à laquelle les signes d’AVC (déformation de la bouche, troubles de la parole, faiblesse musculaire…) sont apparus ;
– Regrouper les ordonnances et les résultats des dernières prises de sang réalisées pour les transmettre aux équipes médicales.

L’AVC est une course contre la montre : plus la prise en charge est rapide, moins les séquelles sont importantes.

Prévenir l’AVC : c’est possible aujourd’hui !

90% des risques d’AVC dépendent de 10 facteurs de risque modifiables
1. L’hypertension artérielle
2. Le tabagisme
3. Le rapport taille-tour de hanche élevé
4. La sédentarité
5. L’alimentation défavorable à la santé
6. Le cholestérol
7. Les facteurs psycho-sociaux (stress, dépression, évènements de la vie)
8. Les causes cardiaques (troubles du rythme cardiaque : fibrillation atriale ou flutter, infarctus du myocarde, prothèse valvulaire, rhumatisme articulaire aigu)
9. La consommation d’alcool excessive (plus de 14 verres par semaine chez les femmes et 21 chez les hommes)
10. Le diabète

80% des AVC pourraient être évités en contrôlant au mieux ces facteurs de risque.

>>> L’AVC touche de plus en plus de jeunes

Et alors que l’on sait que la sédentarité et l’hypertension expliquent souvent la survenue d’un AVC chez les personnes “âgées”, des chercheurs se sont intéressés aux causes d’un AVC chez les plus jeunes, et en l’occurrence chez les 18-55 ans.

Ont été ainsi examinés les facteurs de risques suivant s: hypertension artérielle, cholestérol, diabète, maladie coronarienne, tabagisme, consommation excessive d’alcool , sédentarité ou bien encore obésité.

Et de cette étude ils ont constaté que chez les 18-55 ans la sédentarité et l’hypertension étaient aussi les deux principales causes d’AVC. Il va de soi que la combinaison de plusieurs facteurs augmentent les risques