16 millions de Français touchés par une maladie de peau (soit 1 sur 3)

Hans/Pixabay

16 millions de Français touchés par une maladie de peau, soit 1 personne sur 3. Vous avez des problèmes de peau ? Et bien sachez que vous n’êtes pas tout seul. En France pas moins de 16 millions de personnes sont concernées, soit 1 personne sur 3

Ce chiffre est issu d’une vaste enquête qui a été menée par la Société Française de Dermatologie et qui l’a conduit à pousser un véritable cri d’alarme !

Pourquoi ? Parce que ces maladies cutanées sont en effet sous estimées par les pouvoirs publics alors qu’elles peuvent avoir de graves conséquences.

Parce qu’elles engagent moins souvent le pronostic vital, les maladies de peau sont bien malheureusement les grandes oubliées de la santé publique. Elles sont pourtant au 4ème rang mondial des maladies reconnues comme affectant le plus la qualité de vie.

Pour la Société Française de Dermatologie, il était donc nécessaire de pouvoir disposer de données épidémiologiques factuelles et objectives pour susciter une prise de conscience. C’est la raison pour laquelle elle a lancé OBJECTIFS PEAU : la plus grande étude épidémiologique nationale jamais menée en dermatologie.

Les résultats de cette étude permettent d’établir la prévalence des principales dermatoses et d’en évaluer l’impact sur la vie des patients pour faire connaître le fardeau des maladies cutanées afin d’améliorer la prise en charge.

16 millions de Français (1 sur 3) touchés par une maladie de peau !

Et alors qu’une grande partie résultats de cette étude est encore en cours d’analyse – ils seront rendus publics au cours des prochains mois – quelques chiffres ont déjà de quoi nous interpeller :

– 16 Millions : c’est le nombre de Français touchés par des maladies de peau (1 Français sur 3)
– Les femmes plus touchées que les hommes : 33% vs 28%
– 80% de ces 16 millions de personnes souffrent de deux maladies de peau

12 affections cutanées en tête de liste : l’acné, l’eczéma, Le Psoriasis, les maladies du cuir chevelu, les mycoses, les maladies des ongles, les taches brunes, les verrues…etc

Un fardeau au poids très sous-estimé

Ces maladies cutanées génèrent souvent un sentiment d’exclusion, voire de honte. Leurs traitements, dans le cas des maladies cutanées chroniques, sont la plupart du temps lourds, coûteux et complexes. Elles subissent de plein fouet les facteurs environnementaux : soleil, chaleur, humidité ont un impact direct sur le ressenti du patient (douleur, prurit) et peuvent engendrer des complications (macération, infection). D’où la nécessité, pour la personne atteinte et son entourage, d’adapter en permanence leurs conditions de vie.

– 46% des patients souffrant d’acné ayant une activité professionnelle ont eu un arrêt de travail.
– 45,2% sont gênés par leur dermatose dans leur vie personnelle.
– 39,2% sont gênés par leur dermatose dans leur vie professionnelle.
– 54% des personnes atteintes d’une maladie de peau souffrent d’anxiété ou de dépression.
– 40,6% des patients atteints d’une maladie cutanée n’ont pas été suivis par un médecin au cours des 12 derniers mois

“Parce qu’elles sont visibles, les maladies de peau sont parmi les plus stigmatisantes qui soient. Il n’est pas si rare qu’un patient atteint d’une maladie de peau chronique et invalidante envisage le suicide. Parce que, tout simplement, le regard des autres, ajouté aux souffrances dans sa chair, aux lourdeurs des traitements, est au-delà du supportable. Alors que la réalité, c’est que les maladies de peau, ne sont pas contagieuses dans l’immense majorité des cas ” explique Jean-Marie Meurant, Président de l’Association Française du Vitiligo (AFV)

Or, et on ne le sait peut-être pas assez, mais une prise en charge rapide permet, dans la plupart des maladies cutanées, de limiter les dégâts. Car souvent, plus le diagnostic et les traitements tardent, plus lourdes, voire irréversibles sont les conséquences pour les patients… et plus salée sera la note pour la collectivité. Sans compter que certaines maladies cutanées chroniques sont souvent associées à d’autres facteurs de comorbidité (hypertension, diabète, maladies ostéo-articulaires…) qui eux-mêmes s’aggravent faute de diagnostic posé à temps.

Aujourd’hui l’objectif est à la fois d’informer le public, d’alerter tous les acteurs de santé et de mobiliser les autorités pour prévenir et lutter contre ces maladies qui pourrissent le quotidien de millions de français et ce afin d’éviter des drames.

Des avancées majeures

Une lapalissade peut-être, mais qui résonne comme une urgence pour les malades touchés par une affection cutanée comme pour les soignants. Une des premières missions de la SFD est le soutien et le développement de la recherche en dermatologie. Un exemple, parmi d’autres : le travail de l’équipe du Pr Pascal Joly du CHU de Rouen a permis, en février dernier, après 7 ans de recherche, une avancée majeure dans le traitement du pemphigus en prouvant l’efficacité du rituximab. Le pemphigus, ça ne vous dit rien ? Cette maladie rare et grave, est pourtant redoutable. Dans la catégorie des maladies auto-immunes, elle cause des lésions bulleuses et des décollements de la peau et des muqueuses. À tel point parfois que l’on se trouve dans une situation équivalente à un tableau de grand brûlé avec la mise en jeu du pronostic vital. 150 à 200 nouveaux cas sont détectés par an. On peut désormais espérer, grâce au rituximab, une rémission complète de la maladie.

Un échantillon de 20 012 Français représentatifs de la population française de 15 ans et plus a été spécifiquement constitué selon la méthode des quotas. Ils ont été interrogés par Internet, du 21 septembre au 3 novembre 2016. Un recueil d’informations auprès des 12 à 14 000 conjoints de l’échantillon ainsi constitué, ainsi que des 5 000 à 7 000 enfants de moins de 15 ans rattachés, est venu enrichir l’échantillon principal montant ainsi à 40 000 le nombre de personnes intégrées dans la totalité du projet

Et en plus c’est mal remboursé

Quand on souffre d’une maladie de peau, on opte pour des crèmes, pommades, lotions, ou autres émollients… Des médicaments nécessaires pour traverser tant bien que mal les crises, soulager la douleur ou les démangeaisons, améliorer l’apparence mais aussi éviter la surinfection.

Bref il ne s’agit en aucun de médicaments de confort et pourtant il ne sont pas ou que très peu remboursés par l’Assurance-Maladie. Du coup ce sont encore les plus démunis qui trinquent puisque faute d’argent ils s’en privent et voient leur maladie s’aggraver. A terme, et comme le souligne les auteurs de l’étude, le coût sera au final beaucoup plus lourd pour la collectivité. Bref c’est un bien mauvais calcul pour les comptes de notre chère Sécurité Sociale.

L’objectif de cette étude, dont on attend maintenant les résultats complets, est donc aussi de tenter de changer le regard de nos dirigeants sur ces maladies dont on parle trop peu.