Diabète : une molécule pour régénérer les cellules produisant de l’insuline

 CC0 Public Domain/Pixabay
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Des chercheurs de l’Inserm sous la direction de Patrick Collombat au sein de l’Unité 1091 « Institut de biologie Valrose » (Inserm/CNRS/Université de Nice Sophia Antipolis) démontrent que le GABA, un neurotransmetteur utilisé parfois en complément alimentaire, pourrait induire la régénération des cellules produisant l’insuline. Cette découverte, réalisée chez la souris et partiellement validée chez l’homme, apporte un nouvel espoir aux patients atteints de diabète de type 1.

Ces travaux sont publiés dans la revue Cell.

Le diabète de type 1 est une maladie se caractérisant par la destruction sélective des cellules produisant l’insuline, une hormone permettant de diminuer le taux de sucre sanguin en cas d’apport sucré. On appelle ces cellules les cellules β pancréatiques. Trouver comment les restaurer est un enjeu majeur de la recherche notamment parce que les traitements actuels ne suffisent pas toujours à éviter de graves complications.

Les scientifiques avaient montré dans de précédents travaux qu’il était possible de recréer ces cellules β en modifiant génétiquement des cellules qui leur ressemblent : les cellules α productrices de glucagon. L’approche utilisée consistait en l’activation forcée d’un gène nommé Pax4 dans toutes les cellules alpha. Les résultats prouvaient aussi que ces cellules alpha étaient continuellement régénérées et converties en cellules bêta conduisant, à une augmentation massive du nombre de cellules bêta. Cependant, pour espérer un jour pouvoir transposer cette découverte à l’Homme, il fallait trouver un composé qui permette de recréer cette modification induite génétiquement. « Notre première avancée était importante, mais il n’était pas possible d’agir de cette manière sur le patrimoine génétique d’un être humain« . explique Patrick Collombat, directeur de recherche Inserm.

Dans ce nouveau travail, l’équipe de chercheurs vient de démontrer que cet effet pourrait être induit sans aucune modification génétique, grâce au GABA, un neurotransmetteur présent naturellement dans l’organisme mais aussi disponible sous forme de complément alimentaire.

Chez la souris d’abord : le GABA induit la régénération continue, mais contrôlée, des cellules alpha du pancréas et leur transformation en cellules produisant de l’insuline. Les cellules ainsi générées sont fonctionnelles et peuvent soigner plusieurs fois un diabète induit chimiquement chez la souris.

Chez l’Homme ensuite : sur des ilots de Langerhans (qui contiennent à la fois des cellules alpha et beta), les chercheurs ont observé qu’après 14 jours de culture en présence de GABA, le nombre de cellules alpha productrices de glucagon diminuait de 37% au profit d’une augmentation de 24% des cellules productrices d’insuline.

Enfin, en transplantant l’équivalent de 500 ilots de Langerhans humains chez la souris, les mêmes résultats ont été obtenus en supplémentant quotidiennement l’alimentation des souris en GABA pendant un mois. Ces résultats sont prometteurs quant à l’efficacité probable de cette solution pour l’Homme. Des essais thérapeutiques vont ainsi être prochainement initiés afin de déterminer si le GABA pourrait effectivement aider des patients atteints de diabète de type 1.

Ces travaux ont bénéficié du soutien financier de l’ERC et de la Juvenile Diabetes Research Foundation

Communique presse et dossier de presse INSERM

Diabète : la surmortalité reste élevée notamment chez les femmes

Au début du mois de novembre Santé Publique France est revenu sur la surmortalité liée au diabète dans son dernier Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH), une surmortalité qui reste élevée notamment chez les femmes. A travers cette étude les chercheurs souhaitaient étudier la surmortalité à 10 ans, globale et par causes spécifiques, d’une cohorte de personnes diabétiques par rapport à la population générale, au cours de la période 2002-2011.

Pour info elle a porté sur 8 437 adultes (cohorte Entred 2001, ndrl) âgés de 45 ans et plus affiliés au régime général de l’Assurance maladie résidant en France métropolitaine et ayant bénéficié d’au moins un remboursement d’antidiabétiques oraux et/ou d’insuline au cours des trois mois précédant le tirage au sort.

Et si nous n’entrerons pas dans tous les détails de l’étude (ils sont disponibles ICI), nous en retiendrons essentiellement que, malgré une certaine amélioration du suivi médical des patients, la surmortalité globale des personnes diabétiques par rapport à la population générale reste élevée.

Les hommes comme les femmes diabétiques présentaient un excès de mortalité significativement plus élevé par rapport à la population générale pour les maladies cardiovasculaires et rénales ainsi que pour certaines localisations de cancer : pancréas, foie et côlon-rectum. Chez les femmes, on observait une surmortalité par cancer de l’utérus et chez les hommes par cancer de la vessie et leucémie. De plus, un excès de mortalité était retrouvé pour les maladies de l’appareil digestif, les maladies infectieuses et les maladies respiratoires, dont les pneumopathies.

Pour les auteurs, cette étude montre à nouveau toute l’importance de “renforcer la prévention et la qualité de la prise en charge des complications dégénératives du diabète” mais souligne également “le poids de la polypathologie et la complexité qu’elle entraine dans la prise en charge des personnes diabétiques.

Diabète : une maladie silencieuse qui tue 10 fois plus que les accidents de la route

Saviez-vous que le diabète est une maladie silencieuse qui tue chaque année 10 fois plus que les accidents de la route ? Et c’est à l’occasion de la journée mondiale du diabète qui s’est déroulée le 14 novembre dernier que la Fédération Française des Diabétiques a tenu à rappeler que le diabète de type 2 s’est transformé en tueur impitoyable.

Le diabète est l’une des principales causes de maladies cardiovasculaires, d’insuffisance rénale, de cécité et d’amputation. Il touche 422 Millions de personnes dans le monde, 60 millions d’Européens dont 3,7 millions de Français.

Ainsi, et en tenant compte des personnes décédées de neuropathies, néphropathies et accidents vasculaires cérébraux, on estime à ce jour que le diabète est responsable de 34 000 morts par an. Un constat alarmant dressé par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de Santé Publique France.

« La mortalité des diabétiques reste élevée en France, de même que leur surmortalité par rapport à la population générale » affirme en introduction le BEH.

De plus, les catégories socio-professionnelles représentent un déterminant important dans ces décès : un ouvrier diabétique a un sur-risque important comparé à un cadre diabétique. Les retards de diagnostic, l’obésité, la consommation d’alcool ou de tabac, les complications notamment podologiques ou rénales aggravent le sur-risque de mortalité.

Comment réduire cette surmortalité ? Le bulletin rappelle l’importance d’effectuer une prévention ciblée et « adaptée au profil socio-économique de la personne diabétique.»

LA FÉDÉRATION INTERPELLE LES DECIDEURS POLITIQUES ET FINANCEURS

Quand allons-nous prendre des vraies dispositions, en écoutant le vécu des personnes diabétiques, pour arrêter l’hécatombe et améliorer leur qualité de vie ?

Les propositions existent :

1) REPENSER LA PRISE EN CHARGE GLOBALE DE CES PERSONNES en construisant un parcours de santé de proximité, en y incorporant l’accompagnement, l’éducation thérapeutique et en tenant compte des besoins et attentes de chacun.

2) PERMETTRE A TOUS D’AVOIR ACCES AUX INNOVATIONS THERAPEUTIQUES validées en considérant non pas le coût de consommation remboursé par l’Assurance maladie mais celui qui découle des recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS).

C’est en facilitant la participation des patients à leur traitement (comme le permet par exemple l’autosurveillance glycémique en continu) que nous réduirons les complications et donc la surmortalité.

AUX DECIDEURS POLITIQUES ET AUX FINANCEURS DE CHOISIR :

– Ce constat actuel avec ces résultats catastrophiques ou

– Des actes concrets pour améliorer l’adhésion et la participation des patients afin d’arrêter l’hécatombe et gagner en qualité de vie.

La Fédération a choisi : elle réclame la mise en place du parcours de santé de proximité et le remboursement immédiat des capteurs de glucose en continu, selon les recommandations de la HAS, car c’est ce que veulent les patients.

Lors de la Journée mondiale du diabète, la Fédération Française des Diabétiques va organiser un débat, associant l’ensemble des parties prenantes au Palais du Luxembourg sur le thème « Innovation et diabète : en finir avec le patient alibi »

(*) Sources OMS Organisation Mondiale de la Santé – Fédération Internationale du Diabète – INVS Institut National de la Veille Sanitaire

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Hugo & Cie – Illustrations Vivi Lablonde

Merci pour ce diabète

“Merci pour ce diabète” est le journal scientifique et humoristique d’un diabétique. En librairies depuis le 13 octobre il est paru chez Hugo & Cie et est signé d’Alban Orsini.

Mais qui est-il ? Alban Orsini est docteur en sciences et consultant. Auteur et critique de théâtre, il a écrit chez Chifflet & Cie : Avec Maman, première fiction par SMS qui a été traduite dans de nombreux pays.

Présentation du livre :

En mai 2012, après une période éprouvante pendant laquelle il perd beaucoup de poids et boit des litres d’eau, Alban Orsini est hospitalisé d’urgence. Le diagnostic est sans appel : il est diabétique.

Passé les épreuves de l’annonce et de l’éducation thérapeutique, Alban se confronte à la maladie, l’apprivoise au quotidien et découvre au passage qu’elle est victime de nombreux préjugés. Il décide alors de livrer son témoignage au plus près de ce qu’est sa réalité, quitte à la bousculer…

Merci pour ce diabète ! n’est pas la bible clinique et distante d’un spécialiste, encore moins un livre de recettes surfant de manière culpabilisante sur la mode des régimes et du bien-être. Un diabétique, qu’il soit de type 1, de type 2, MODY, LADA… doit faire face à d’autres combats, d’ordre pratique ou bien plus intimes… Ce à quoi aucun ouvrage, jusqu’à présent, ne répondait véritablement du point de vue du malade.

Écrit de manière originale, documentée, dédramatisée autant que décomplexée, Merci pour ce diabète ! est tout à la fois une encyclopédie vulgarisée, un témoignage sensible et une fiction humoristique avec des personnages hauts en couleur.
C’est aussi la philosophie de vie d’un jeune homme qui a beaucoup appris sur lui-même et transmet, sans fard, un bel optimisme.

Trop de pommes de terre = risque accru de diabète de type 2

Pixabay/CC0 Public Domain
Pixabay/CC0 Public Domain

L’occasion de revenir sur une étude publiée en début d’année. Des scientifiques japonais ont en effet décidé de nous mettre en garde contre les risques accrus de diabète de type 2 chez ceux qui consommeraient trop de pommes de terre. Si leurs bienfaits ont plusieurs fois été démontrés, ces chercheurs du Osaka Center for Cancer and Cardiovascular Disease ont tiré la sonnette d’alarme : selon eux une consommation trop importante aurait pour conséquence de favoriser le diabète de type 2.

Avant de nous délivrer ce message, les scientifiques ont étudié et comparé les résultats de plusieurs études portant sur les habitudes de consommation.

C’est ainsi qu’ils ont constaté que ceux qui en consommaient le plus avaient tout simplement plus de risques que les autres de développer un diabète de type 2.

Au delà de 7 portions par semaine, et sous réserve que cette portion soit de 150 grammes, le risque serait ainsi augmenté de 33%. Entre 2 à 4 portions par semaine, ce risque serait augmenté de 7 %.

“Les pommes de terres sont riches en glucides et lorsqu’elles sont servies chaudes cela les rend encore plus rapidement digérables par l’estomac ce qui augmente le taux de sucre dans le sang” avait notamment expliqué le Docteur Iso Muraki, principal auteur de l’étude.

Le mieux serait de n’en consommer qu’une fois par semaine, les pommes de terre pouvant être efficacement remplacées par du riz, du quinoa ou bien encore du maïs. Plusieurs études ont en effet démontré que ces aliments avaient la faculté de réduire le risque de diabète de type 2.