Victime d’un AVC, sa direction exige qu’elle termine son travail ?


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CC0 Public Domain /Pixabay
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|Villeneuve-d’Ascq Nord-Pas-de-Calais-Picardie| Impossible de passer à côté de cette info qui fait beaucoup de bruit depuis quelques jours. Victime d’un AVC, une jeune femme de 25 ans a décidé de déposer plainte contre son  employeur, à savoir la Poste, pour « non-assistance à personne en danger ».   Elle reproche à sa direction, et plus précisément à son chef de service, d’avoir trop tardé à prévenir les secours mais aussi de l’avoir forcée à finir son travail.

Selon le quotidien régional “La Voix du Nord“,  les faits se sont déroulés le 19 février 2016. Ce matin là elle ne se sent pas pas bien. Et alors qu’elle doit prendre son poste au sein de la plateforme de distribution du courrier de Villeneuve d’Ascq, elle envoie un message à son supérieur pour lui indiquer qu’elle ne pourra pas venir travailler.  Oui mais devant l’insistance de son chef, elle finit par prendre sa voiture pour se rendre au travail.

Interrogée par France 3, elle raconte ce qui s’est passé “Il m’a appelée et m’a mis la pression pour venir travailler (…) Il y a déjà des absents, on est dans la mer**” lui aurait-il alors rétorqué.

Une fois à son poste, les choses n’ont malheureusement fait qu’empirer. Victime de violents maux de tête, elle commence à avoir mal au bras et à ne plus sentir sa jambe. C’est donc tout naturellement qu’elle va voir son chef pour lui expliquer la situation, mais rien n’y fait. Il ignore totalement ses plaintes et finit même par lui ordonner de finir son travail avant d’appeler les pompiers.

Face à son état qui ne cesse de se déteriorer, un collègue finit à son tour par prévenir sa hiérarchie. En vain là-aussi. Du coup il prend l’initiative d’appeler lui même les secours.

Une fois prise en charge par l’hôpital, un IRM révèle que la jeune femme est en train de faire un AVC. Et si aujourd’hui elle est saine et sauve, elle garde malheureusement des séquelles de cet accident (ndrl : paralysie partielle de la jambe gauche).

“Je boîte bien, j’ai un cachet à vie pour fluidifier le sang et des anti-douleurs” raconte t-elle à France 3 tout en précisant qu’elle n’a pas totalement récupéré l’usage de sa jambe gauche et doit subir des séances de kinésithérapie quotidiennes.

Quant à son collègue, syndicaliste et membre du CHSCT, il s’est retrouvé “en suspension de fonction et en retrait de service”. La direction la Poste a même décidé de porter plainte contre lui pour harcèlement…

Sauf que la direction de la poste a une toute autre version. Contactée par France 3, elle confirme l’AVC mais nie sa version des faits. Selon elle, c’est la jeune femme qui a voulu venir travailler sans consulter un médecin et qui, une fois sur place, n’aurait pas souhaité l’intervention des pompiers. “Alors qu’elle ne souhaitait pas l’intervention des pompiers, l’encadrant a néanmoins contacté le 15″… Une version que réfute catégoriquement la jeune femme.

Une plainte a été déposée et c’est désormais la justice qui tranchera…

L’AVC qu’est-ce que c’est ?

L’accident vasculaire cérébral est un trouble vasculaire cérébral touchant les vaisseaux sanguins qui amènent le sang au cerveau.

Un accident vasculaire cérébral survient lorsque le flux sanguin rencontre un obstacle (caillot sanguin ou vaisseau sanguin rompu) qui bloque son passage vers les différentes parties du cerveau, ce qui prive ces dernières de leur apport vital en oxygène, causant leur disfonctionnement puis leur mort en quelques minutes.

Les effets dévastateurs d’un accident vasculaire cérébral sont souvent permanents car les cellules cérébrales mortes ne sont pas remplacées.

Dans le détail les symptômes les plus fréquents sont :

  • une faiblesse musculaire ou une paralysie : on ne peut plus bouger une partie de son corps d’un côté ; toutes les parties du corps peuvent être touchées. Mais le plus souvent, il s’agit de la face, du bras, de la main et/ou de la jambe. Très fréquemment, la face, le bras et la jambe du même côté sont atteints en même temps on parle d’Hémiplégie
  • une perte de la sensibilité : on sent un engourdissement ou une insensibilité d’une partie du corps
  • une difficulté du langage : il s’agit, soit d’une gêne pour articuler (appelée Dysarthrie), soit d’un trouble du langage (Aphasie) portant sur l’expression (mutisme, difficulté à trouver les mots ou jargon avec mots inintelligibles) et pouvant être associé à des difficultés de compréhension
  • un trouble visuel : soit on perd brusquement la vision d’un oeil (cécité unilatérale) ou plus rarement des deux, soit on perd la vision de la moitié du champ visuel des deux yeux en même temps (Hémianopsie), ou encore, on voit soudain les choses en double (Diplopie, on voit deux fois le même objet au lieu d’un seul)
  • un mal de tête, d’apparition brutale, inhabituel et très intense.

Devant un ou plusieurs symptomes de l’accident vasculaire cérébral (AVC) : appellez immédiatement le 15.

Quels sont les facteurs qui augmentent le risque d’AVC ?

  • l’hypertension artérielle : c’est le facteur majeur. Vous devez connaître vos chiffres tensionnels ! S’ils sont régulièrement au-dessus de 14/9 cm Hg (ou 140/90 mm Hg), vous devez consulter votre médecin qui pourra débuter un traitement approprié ; dans tous les cas, il faudra réduire vos apports en sel (le sel retient l’eau, c’est bien connu et donc augmente la pression du sang)
  • l’intoxication par le tabac : une consommation de tabac (même une seule cigarette par jour) augmente le risque d’AVC ; arrêter de fumer diminue par deux votre risque d’AVC
  • l’Hypercholestérolémie : elle est souvent familiale. Vous devez donc vous inquiéter et connaître vos chiffres de cholestérol sanguin si quelqu’un dans votre famille est atteint ou traité pour une hypercholestérolémie, ou si plusieurs personnes dans votre famille a eu un infarctus du myocarde. Dans les analyses de cholestérol que le laboratoire vous rend, il y a le cholestérol total, le « bon » cholestérol (appelé HDL) et le « mauvais » cholestérol (appelé LDL). C’est le LDL qui est important de contrôler.
  • le diabète : votre glycémie à jeûn doit être inférieure à 7 mmol/l (1, 26 g/l)
  • certaines maladies cardiaques (arythmie, maladie des valves cardiaques par exemple) qui nécessitent un traitement anrticoagulant toute la vie

Dans tous les cas demandez toujours conseil à un professionnel de santé.


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