Cancer de la prostate : le suivi serait aussi bénéfique que la chirurgie ?

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En 2013 déjà une étude américaine nous apprenait qu’entre 30 et 50% des patients étaient traités à tort pour un cancer de la prostate alors qu’ils pourraient simplement bénéficier d’une surveillance active.

Et parce que les choses ont tendance à se répéter, une nouvelle étude en arrive aujourd’hui aux même conclusions.  Elles viennent d’être publiées dans la revue spécialisée “New England Journal of Medicine”.

L’ablation de la prostate et la radiothérapie n’amélioreraient en rien survie des patients atteints d’un cancer par rapport à la mise en place d’une surveillance dite “active”.

Selon cette vaste étude britannique, une simple surveillance vaut parfois mieux qu’une intervention chirurgicale ou qu’un traitement dont les effets secondaires peuvent parfois être lourds de conséquences.

Avant d’en arriver à cette conclusion, ils ont suivi durant 10 années 1643 volontaires pour qui un diagnostic de cancer localisé de la prostate venait d’être posé.   Des hommes qui ont ensuite été répartis en 3 groupes : ceux qui ont fait l’objet d’une ablation de la prostate (chirurgie), ceux ayant suivi une radiothérapie et enfin ceux ayant bénéficié d’une surveillance. Au terme de l’étude 99% des hommes étaient toujours en vie, quelque soit l’approche choisie.

Et si les auteurs de l’étude ont confirmé que chirurgie et traitement étaient bien sûr plus efficaces pour réduire la progression de la maladie, ils ont aussi souligné que sur le plan des effets secondaires, la surveillance active en induisait bien moins (troubles de l’érection, incontinence, troubles intestinaux…)

Cité par le Figaro Santé, le professeur Descotes a déclaré à propos de cette étude «Cela conforte la place de la surveillance active lorsqu’elle est possible dans les options que nous proposons déjà aux patients. Tous les patients ne doivent pas être traités, mais ils doivent tous être correctement informés des options. Soulignons tout de même que dans “Protect”, la moitié des patients sous surveillance active finissent tout de même par avoir un traitement et que le recul n’est que de dix ans.»

Un message qui n’est pas nouveau

Un message qui n’a donc rien de très nouveau. En 2013 une étude américaine nous apprenait qu’entre 30 et 50% des patients étaient traités à tort pour un cancer de la prostate alors qu’ils pourraient simplement bénéficier d’une surveillance active.

Interrogé à l’époque par le NouvelObs, et pour expliquer ce surtraitement des patients,  le Professeur Michael Peyromaure du service d’urologie de l’hôpital Cochin, évoquait à la fois des médecins qui pensent que “le cancer de la prostate est forcément un cancer agressif”, les patients qui veulent absolument se faire opérer mais aussi la pression des chiffres .

Et de lâcher « Quelques médecins pensent encore que le cancer de la prostate est forcément un cancer agressif  (…) puis, il y a une pression des chiffres. Le fait de faire beaucoup d’actes opératoires fait monter dans les classements, augmente le prestige d’un établissement, crée de la notoriété pour l’urologue et même pour quelques uns du privé. Pas pour tous bien sûr, mais cela augmente aussi tout simplement leurs revenus ».

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