Un test sanguin expérimental pour éviter les prescriptions inutiles d’antibiotiques


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: CC0 Public Domain / Pixabay
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Entre surconsommation et prescriptions inutiles – c’est un peu la même chose me direz-vous – les antibiotiques sont souvent pointés du doigt. En ce début du mois de juillet, les voilà encore une fois à la une de l’actualité santé. Car peut-être demain finira t-on enfin avec ces pratiques qui, et il est bon de le rappeler, ne sont pas toujours sans conséquence sur notre santé.

Pourquoi ? Et bien parce qu’un test sanguin expérimental vient d’être mis au point et il pourrait à lui seul changer la donne dans les années à venir.

Explications :des chercheurs américains viennent en effet de mettre au point un nouveau test sanguin capable de vérifier si une infection est d’origine bactérienne ou virale.

Mis au point par des scientifiques de l’école de médecine de l’université de Stanford (Californie), ce test rapide et peu cher est en mesure d’identifier 7 gènes dont l’expression se modifie pendant une infection. Et ce sont les caractéristiques de ce changement qui peuvent indiquer si l’infection est provoquée par une bactérie ou par un virus.

Et grâce à ce test les médecins vont donc pouvoir éviter de prescrire inutilement des antibiotiques qui, mais chacun le sait, sont totalement inefficaces contre les virus.

« Nous avions besoin d’une signature génétique composée d’un nombre réduit de gènes pour que le test soit utile en pratique. » a déclaré le professeur Purvesh Khatri, principal auteur de l’étude.

Puis de préciser que ce test avait permis de déterminer la nature de l’infection de 96 enfants malades. 5% d’entre-eux seulement avaient besoin d’antibiotiques.

Le seul bémol à ce test c’est sa lenteur puisque 4 à 6 heures sont nécessaires pour obtenir un résultat. C’est bien trop long puisque, dans le cadre d’une septicémie, le risque de décéder augmente par exemple de 6 à 8% à chaque heure passée sans antibiotique.

1 mort toutes les trois secondes en 2050 à cause de la résistance aux antibiotiques ?

L’occasion de revenir sur une étude parue juste avant l’été sur la résistance des antimicrobiens et menée par l’économiste anglais Lord Jim O’Neill. elon lui, et si notre consommation ne baisse pas, les résistances aux antibiotiques (ou antibiorésistance) pourraient causer la mort de 10 millions de personnes supplémentaires chaque année, soit 1 mort toutes les 3 secondes en 2050.

Une fatalité ? Pas vraiment… Selon lui il est encore temps d’inverser la tendance à condition toutefois de mettre en place rapidement des mesures fortes, pour ne pas dire drastiques…

Via des campagnes de prévention, il suggère aux médecins comme aux vétérinaires de moins en prescrire. Car, et certains ne s’en rendent peut-être pas compte, mais ces antibiotiques se retrouvent, avoir été administrés aux animaux, dans la viande et dans les produits laitiers que nous consommons mais aussi dans l’environnement. Quant à la population “générale”, elle n’est pas suffisamment informée des risques selon lui.

Parmi les autres mesures préconisées : la mise en place d’un fond de recherches de 2 milliard de dollars ou une incitation financière afin d’aider la recherche. Un laboratoire capable de mettre au point un nouvel antibiotique pourrait ainsi se voir récompenser d’une prime de 1 milliard de dollars.

“Il faut arrêter de prendre des antibiotiques comme des bonbons” a lâché Jim O’Neill tout en rappelant qu’à l’heure actuelle “700 000 personnes meurent à cause de l’antibiorésistance chaque année”

Un message qui n’est pas nouveau

En 2013 une étude américaine publiée par les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) nous mettait déjà en garde contre ces résistances aux antibiotiques responsables de la mort de plusieurs milliers d’américains chaque année.

Rappelant que dans plus de la moitié des cas les antibiotiques n’étaient pas nécessaires, les chercheurs en avaient appelé à une véritable prise de conscience pour réduire cette consommation bien trop excessive.

En 2014 c’est l’OMS qui lançait une alerte mondiale sur ce sujet. « Sans une action rapide et coordonnée, le monde va faire face à une ère post-antibiotique dans laquelle les infections les plus fréquentes et les blessures les plus légères, qui étaient traitées durant des décennies pourront désormais tuer » avait alors averti le Dr Keiji Fukuda, directeur associé du département de sécurité sanitaire pour l’OMS.

« Les antibiotiques efficaces ont été l’un des socles qui ont permis aux hommes de vivre plus longtemps en bonne santé et de pouvoir bénéficier de nouveaux médicaments. À moins que nous n’adoptions des mesures strictes pour améliorer nos efforts et prévenir ces infections et aussi nos manières de produire, de prescrire et d’utiliser ces antibiotiques, le monde perdra progressivement ces bénéfices de santé publique et les implications seront terribles » avait-il poursuivi.


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