Des enfants ont été opérés à cœur fermé grâce à un logiciel 3D

On n’arrête plus le progrès ! Des enfants ont en effet été opérés de leur malformation cardiaque lors d’une intervention à cœur fermé et ce grâce à l’utilisation d’un nouveau logiciel de visualisation en 3D. C’est une première européenne dans le traitement de malformations cardiaques chez l’enfant et qui s’est déroulée au CHU de Toulouse.

 ©CHU Toulouse
©CHU Toulouse

Véritable révolution technologique de fusion d’images, le nouveau dispositif Echonavigator, inauguré le  6 novembre 2015 dans la salle de cathétérisme de l’hôpital des Enfants du CHU de Toulouse, permet de visualiser en 3D et en dimension réelle le cœur et de traiter certaines malformations cardiaques chez l’enfant sans recourir à la chirurgie à cœur ouvert.

La 3D au service de la cardiologie pédiatrique

Pour la première fois en Europe la 3D intègre un service de cardiologie pédiatrique  dans le cadre du projet de recherche clinique, piloté par le Pr. Acar, cardiologue et  pédiatre, et élaboré avec le Dr Sébastien Hascoet, cardiologue interventionnel, et le Dr Khaled Hadeed, cardiologue échographiste 3D. Cette  étude, issue de la convention  de partenariat entre le CHU de Toulouse et la Société Philips France, dont l’objectif est de  vérifier la faisabilité technique d’Echonavigator, nouveau système d’ images d’échocardiographie 3 D et de fluoroscopie, permettra à environ 40 jeunes patients atteints de malformations cardiaques d’être traités sans recourir à la chirurgie à cœur ouvert.

Echonavigator, révolution technologique aux bénéfices multiples

« La fusion entre rayons X et ultrasons est une véritable révolution technologique.  Voir le cœur en trois dimensions permet de  décrire précisément la malformation cardiaque de l’enfant . » nous  explique  le  Pr. Acar. Echonavigator autorise  le   traitement par voie endovasculaire avec la fermeture de communication interventriculaire sans cicatrice sur le thorax. Les bénéfices pour l’enfant sont une durée  d’intervention réduite ainsi qu’un temps d’anesthésie et de rayonnement  moindre entrainant une récupération plus rapide et une période d’hospitalisation plus courte. Echonavigator apporte également un confort, une sécurité et un guidage du geste, c’est -à-dire des conditions optimales, pour le praticien. Les deux premiers  enfants opérés le 6 novembre dernier avec le nouveau dispositif ont été réveillés,  juste après le geste, sans avoir à séjourner en réanimation, et accompagnés de leurs parents. Ils sont retournés chez eux 36 heures après.

Cathétérisme cardiaque, une façon de traiter sans cicatrice

Auparavant,  la majorité des anomalies  cardiaques congénitales ne pouvaient  être  traitées  que par chirurgie cardiaque conventionnelle . Aujourd’hui, le cathétérisme cardiaque qui consiste à introduire par les vaisseaux (veine ou artère) un  cathéter  («tuyau») permettant d’accéder aux cavités cardiaques  permet à la fois d’effectuer  des analyses diagnostiques et une intervention thérapeutique. Le  cathétérisme  consiste  à  accéder  aux vaisseaux du patient en réalisant une ponction simple avec  une  aiguille puis en avançant un guide. Un cathétérisme s’effectue dans un bloc opératoire stérile. Les  cathéters sont manipulés par le médecin et guidés par les rayons X.

Réalisé sans arrêter ni ouvrir le cœurcontrairement à la chirurgie, le cathétérisme ne nécessite pas de  circulation extracorporelle. La récupération est plus rapide avec une hospitalisation courte. Le risque de  complications (infection, hémorragie,…) est plus faible et il n’y a donc pas de cicatrice cutanée. Grâce au nouveau dispositif d’imagerie 3D, Echonavigator, le praticien pourra visualiser en direct le trajet des sondes et réaliser la fermeture de communication entre  les cavités cardiaques puis à l’avenir traiter d’autres pathologies .

La  visualisation 3D du cœur en dimension réelle permet  d’optimiser au mieux la réparation endovasculaire ou chirurgicale.  Le CHU de Toulouse traite en moyenne  annuellement  environ deux cents enfants en chirurgie et cent cinquante autres par voie percutanée. Les jeunes patients sont issus  de Midi- Pyrénées pour les 75% d’entre eux, mais aussi de plus en plus des régions voisines, le Limousin et Languedoc-Roussillon.