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Monsieur Hire ce soir, vendredi 2 octobre 2026, dès 21h05 sur France 5. Ce drame psychologique de Patrice Leconte est adapté d’un roman de Georges Simenon. il réunit Michel Blanc et Sandrine Bonnaire dans l’un des duos les plus troublants du cinéma français de la fin des années 1980.
Moins une enquête policière qu’un portrait de solitude et de désir, le film reste une référence pour qui aime le cinéma contenu, élégant et vénéneux.

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A propos
Le long-métrage avait été sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes 1989. Il a reçu le prix Méliès du Syndicat français de la critique de cinéma et le César du meilleur son en 1990 (Dominique Hennequin et Pierre Lenoir).
Il totalisait par ailleurs sept nominations aux César, dont meilleur film, meilleur réalisateur (Patrice Leconte), meilleur acteur (Michel Blanc) et meilleure actrice (Sandrine Bonnaire).
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De quoi parle Monsieur Hire ?
Monsieur Hire est un tailleur solitaire, froid, presque invisible aux yeux de ses voisins, qui le regardent avec méfiance. Chaque soir, tapi dans l’obscurité de son appartement, il observe Alice, la jeune femme qui vit en face et qui ne ferme pas toujours ses rideaux. Il sait presque tout d’elle. Elle, de son côté, ignore longtemps cette présence silencieuse.
Une jeune femme a été assassinée dans le quartier. L’inspecteur chargé de l’enquête s’intéresse rapidement à cet homme taciturne, déjà condamné par le passé pour attentat à la pudeur, et détesté de son entourage.
Le film, adapté des Fiançailles de Monsieur Hire de Georges Simenon (scénario de Patrice Leconte et Patrick Dewolf), utilise le fait divers comme toile de fond. L’essentiel se joue dans les regards, les silences et le face-à-face progressif entre Hire et Alice, dont le compagnon, Émile, n’est jamais loin.
Leconte filme le désir et la manipulation sans emphase. La musique de Michael Nyman, la photographie de Denis Lenoir et le montage de Joëlle Hache renforcent cette atmosphère feutrée, où chaque plan semble peser plus lourd que le dialogue.
Michel Blanc à contre-emploi, Sandrine Bonnaire en femme fatale pudique
Le rôle titre revient à Michel Blanc, loin des comédies qui ont longtemps défini son image (la saga des Bronzés, Marche à l’ombre, etc.). Blême, raide, à la fois antipathique et profondément touchant, il compose un misanthrope dont la solitude devient presque physique.
La critique a souvent vu dans cette composition l’une de ses plus belles prestations dramatiques. Sa disparition, il y a près d’un an, donne à cette rediffusion une résonance particulière.
Face à lui, Sandrine Bonnaire incarne Alice avec une ambiguïté rare : lumineuse, puis insaisissable, jamais réductible à une simple victime ou à une pure calculatrice. Luc Thuillier (Émile) et André Wilms (l’inspecteur) complètent un casting resserré, au service d’un récit qui privilégie les sous-entendus.
Le film n’est pas la première adaptation du roman. Julien Duvivier avait déjà porté l’histoire à l’écran en 1946 sous le titre Panique, avec Michel Simon. La version de Leconte, plus courte et plus stylisée, s’est imposée comme une relecture moderne, souvent citée parmi les réussites du réalisateur aux côtés de Ridicule (1996).
Vidéo bande-annonce
Pour un meilleure immersion, voici les images de la bande-annonce
Pourquoi (re)voir Monsieur Hire ce soir
Leconte, alors surtout associé à la comédie populaire, y affirme une autre facette : celle d’un auteur capable de tenir un suspense psychologique sur la durée d’un film court, sans jamais forcer le trait. Roger Ebert l’avait d’ailleurs inscrit plus tard dans sa liste des « Great Movies », saluant la versatilité du cinéaste français.
Pour le spectateur d’aujourd’hui, Monsieur Hire offre un contrepoint utile aux polars plus bavards. Ici, le trouble naît du regard, de la fenêtre d’en face, d’une proposition de fuite et d’un secret trop lourd. C’est un film de désir contrarié, de préjugés de voisinage et de fragilité masculine, servi par deux acteurs au sommet de leur justesse.
Monsieur Hire reste l’une des plus belles illustrations de ce que le cinéma français sait faire de mieux : transformer une histoire simple en expérience sensorielle et morale. Ce soir sur France 5, l’occasion est claire.
Rendez-vous dès 21h05 sur la chaîne ou en streaming vidéo puis replay sur la plateforme France.TV


