« Usual Suspects » : le thriller qui refuse de livrer ses clés ce soir sur France 4


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« Usual Suspects » : le thriller qui refuse de livrer ses clés ce soir sur France 4. Ce samedi 3 octobre, France 4 programme à 21 h Usual Suspects, le polar de Bryan Singer sorti en 1995.

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Trente ans après, le film n’a pas perdu son principal atout : il oblige le spectateur à douter de tout ce qu’il entend, jusqu’à la dernière image.

Pour qui ne l’a jamais vu, c’est l’occasion de le découvrir dans de bonnes conditions. Pour les autres, c’est le prétexte de vérifier si la mécanique tient encore.


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« Usual Suspects »  : un interrogatoire, cinq malfrats, une légende

L’histoire s’ouvre sur les restes d’un cargo explosé dans le port de San Pedro, en Californie. La cargaison aurait valu une fortune. Parmi les survivants se trouve Roger « Verbal » Kint, un petit escroc boiteux et bavard, incarné par Kevin Spacey. Face à l’agent des douanes Dave Kujan (Chazz Palminteri), il accepte de raconter comment il s’est retrouvé là.

Son récit remonte à une convocation de police à New York. Cinq hommes qui ne se connaissent pas se retrouvent alignés pour une identification :

  • Dean Keaton (Gabriel Byrne), un ancien flic reconverti dans le crime organisé ;
  • McManus (Stephen Baldwin) ;
  • Fenster (Benicio Del Toro) ;
  • Hockney (Kevin Pollak) ;
  • et Verbal lui-même.

De cette rencontre naît une association de circonstance. Très vite, les cinq sont entraînés dans une opération dont le commanditaire reste invisible. Son nom circule dans les bas-fonds comme une rumeur : Keyser Söze. Personne ne semble savoir s’il existe vraiment, ni à quoi il ressemble.

Le film avance presque entièrement par le témoignage de Verbal. Chaque détail qu’il livre peut être lu de plusieurs façons. C’est précisément ce qui fait tenir le récit : le spectateur n’a pas d’autre accès aux événements que la version d’un homme qui a tout intérêt à raconter une histoire convaincante.

« Usual Suspects »
capture écran FTV

Un scénario pensé comme un piège

Bryan Singer dirige le film sur un script de Christopher McQuarrie, tourné en une trentaine de jours avec un budget modeste. Le résultat a valu à McQuarrie l’Oscar du meilleur scénario original et à Spacey celui du meilleur second rôle.

Le casting secondaire est tout aussi précis : Pete Postlethwaite en avocat glacial, Benicio Del Toro dans un rôle presque incompréhensible à force d’accent, Gabriel Byrne en figure usée qui voudrait sortir du milieu.

Ce qui distingue Usual Suspects des autres polars de l’époque n’est pas l’action, assez classique, mais la construction.

Le film ne cesse de rappeler que l’on écoute un récit, pas une reconstitution objective. Les dialogues sont secs, l’ambiance sombre, et l’humour noir sert surtout à détendre l’attention avant de la resserrer. La célèbre réplique sur le plus grand tour de magie du diable — faire croire qu’il n’existe pas — résume assez bien l’esprit du scénario, sans en dévoiler le mécanisme.

Mieux vaut le regarder sans interruption et sans spoilers. Une grande partie de l’effet repose sur l’ordre dans lequel les informations arrivent. Les résumés détaillés en ligne gâchent l’essentiel.

Ce que le film laisse encore aujourd’hui

Usual Suspects appartient à cette génération de thrillers américains des années 1990 qui misaient davantage sur l’intrigue que sur les effets. Il a vieilli sur certains plans (les codes visuels, le rythme parfois lent des scènes d’explication), mais sa structure narrative reste un modèle de scénario à tiroirs.

On peut le revoir en sachant déjà comment il se termine : le plaisir change alors de nature et se déplace vers la façon dont chaque réplique et chaque objet du décor ont été placés.

Vidéo bande-annonce

Pas encore convaincu ? Voici les images qui vont avec, celles de la bande-annonce !

Diffusion

France 4 le diffuse ce soir à 21 h, dans une case qui lui laisse le temps de s’installer. C’est un film qui demande un peu d’attention, surtout dans sa seconde moitié.

Ceux qui le découvrent pour la première fois ont intérêt à couper les notifications. Ceux qui le connaissent déjà peuvent simplement vérifier si, trente ans plus tard, le piège fonctionne encore.

Rendez-vous dès 21h00 sur France 4 ou en streaming sur France.TV

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