Le ballet Gustavia redonne vie à Gustav Badin : ce soir sur France 4


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Le ballet Gustavia redonne vie à Gustav Badin, figure oubliée de la cour de Suède. C’est sur France 4 que ça se passe à partir de 21h00.

ballet Gustavia
@Royal Swedish Opera Hakan Larsson

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Loin d’un simple divertissement chorégraphique, le spectacle reconstitue le parcours hors norme de Gustav Badin, unique membre d’origine africaine de la cour royale suédoise au XVIIIe siècle.

Entre expérience éducative des Lumières, intrigues de palais et liberté revendiquée, le programme offre une plongée rare dans une histoire longtemps restée dans l’ombre.

Un destin arraché à l’esclavage et élevé à la cour

Gustav Badin, de son nom de naissance Couchi (ou Couschi), naît vers 1747-1750, probablement à Sainte-Croix, alors colonie danoise des Antilles, ou en Afrique selon certaines sources.


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Enfant, il est arraché à l’esclavage et arrive en Suède à la fin des années 1750. En 1761, il est offert en cadeau à la reine Louisa Ulrika (Lovisa Ulrika), épouse du roi Adolf Fredrik.

La souveraine, passionnée de sciences et d’idées nouvelles, décide d’en faire le sujet d’une expérience inspirée des thèses de Jean-Jacques Rousseau.

Alors que ses propres enfants – le futur Gustave III, le prince Charles, le prince Fredrik Adolf et la princesse Sophie-Albertine – reçoivent une éducation stricte de cour, Badin grandit dans une relative liberté, sans les contraintes habituelles imposées à la noblesse.

Baptisé en 1768 dans la chapelle du palais de Drottningholm, avec la famille royale pour parrains, il reçoit les prénoms Adolf Ludvig Gustav Fredrik Albert. Le surnom « Badin », qui évoque en français le badinage et l’espièglerie, lui reste attaché.

Le ballet Gustavia redonne vie à Gustav Badin

De courtisan libre à gardien des secrets

Adulte, Gustav Badin occupe une place singulière. Danseur, confident de la reine, franc-maçon (il en devient même président), il sert aussi d’intermédiaire et de dépositaire de documents sensibles.

À la mort de Louisa Ulrika en 1782, il remet les archives privées de la souveraine à la princesse Sophie-Albertine et au prince Fredrik Adolf, qui les détruisent. Gustave III, devenu roi, entre en colère ; l’échange tendu qui s’ensuit illustre la position fragile de Badin, à la fois proche et perpétuellement « autre ».

Marié deux fois, diariste, il traverse les règnes et meurt en 1822. Les manuels d’histoire suédois l’ont longtemps réduit à une anecdote.

Le ballet Gustavia s’attache précisément à cette zone grise : fraternité réelle avec les enfants royaux, rivalité latente avec Gustave III, insolence face aux codes nobiliaires et aux rites religieux, et tension permanente entre affection et instrumentalisation.

Une création suédoise portée par Guillaume Diop

Créé en octobre 2024 à l’Opéra royal de Stockholm, Gustavia est signé par le chorégraphe Pär Isberg et mis en scène par Amir Chamdin. Les costumes et la scénographie sont l’œuvre de Selam Fessahaye.

Le rôle-titre est dansé par Guillaume Diop, danseur étoile du Ballet de l’Opéra national de Paris, dont la présence donne au spectacle une visibilité internationale.

L’Orchestre royal de Suède, dirigé par Philippe Béran, accompagne la narration avec des pages de Brahms, de Joseph Bologne (le Chevalier de Saint-Georges) et de Beethoven.

La captation, réalisée par Guillaume Klein, restitue l’ampleur visuelle d’une fresque qui mêle danse classique, esthétique contemporaine et reconstitution d’époque.

Le récit ne se contente pas du portrait biographique : il met en scène les rapports de force, les amours discrètes et les trahisons qui traversent la cour suédoise des Lumières.

Vidéo bande-annonce

Les images qui vont avec, ça vous tente ? Voici celles de la bande-annonce telle que proposée lors de la première diffusion en clair.

Pourquoi regarder Gustavia ce soir

Le programme s’adresse autant aux amateurs de danse qu’aux curieux d’histoire. Il éclaire une présence africaine méconnue dans l’Europe du XVIIIe siècle, à une époque où les idéaux de liberté coexistaient avec la traite et l’esclavage.

En choisissant la forme du ballet plutôt que le documentaire classique, les créateurs font du corps le principal vecteur du récit : liberté de mouvement contre rigidité des codes, insolence contre protocole.

France 4 programme cette captation dans sa case consacrée au spectacle vivant.

Le ballet, produit en 2025, dure environ 115 minutes et convient à un large public. Disponible aussi en streaming vidéo puis replay sur France.TV

Gustavia ne prétend pas résoudre toutes les zones d’ombre du personnage – les sources restent fragmentaires –, mais il redonne une présence scénique à une vie que les chroniques officielles avaient presque effacée.

Pour qui s’intéresse aux marges de l’histoire royale européenne ou simplement à une soirée de danse ambitieuse, le rendez-vous de 21 h sur France 4 mérite l’attention.


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