Ce mercredi 9 septembre 2026 à 21h10, France 2 lance une série qui sort des sentiers battus du polar habituel. Pas de cadavre, pas de scène de crime, pas de procédure classique. Juste des gens qui partent. Et ceux qui restent.« Les Évaporés » s’attaque à un phénomène peu connu du grand public : les disparitions volontaires. Chaque année en France, entre 5 000 et 10 000 adultes majeurs et sains d’esprit s’évaporent. Ils quittent leur maison, leur famille, leur travail, souvent sans explication. Un mot parfois. Rien d’autre. La police, elle, ne peut rien faire. Depuis 2013, un majeur en pleine possession de ses moyens a le droit fondamental de disparaître. C’est dans ce vide juridique que s’engouffre la nouvelle fiction de France 2.

© Storia Television – France Télévisions – Sequel Prod
Une policière qui n’enquête plus comme avant
Esther Bazin, 43 ans, commandante de police à Nantes, vient d’arrêter le tueur qu’elle traquait depuis trois ans. Le même jour, elle démissionne. Elle veut enfin retrouver sa famille. En rentrant chez elle, son mari Mathias a disparu. Il a laissé un mot : « Je suis désolé. » Les placards sont vides. Le téléphone est coupé.
La police refuse d’ouvrir une enquête. Mathias est majeur. Il a le droit de partir.C’est alors qu’Esther croise Frankie et Douma, deux bénévoles du GRDV, le Groupe de Recherche sur les Disparitions Volontaires. Une association qui enquête officieusement là où la police n’a plus le droit d’intervenir. Ensemble, ils forment un trio improbable : une flic désabusée, un prof de basket à la carapace épaisse et une jeune femme passionnée de faits divers élevée par une grand-mère malicieuse.
Leur mission : retrouver ceux qui ne veulent pas être retrouvés. Et, pour Esther, comprendre pourquoi son propre mari a choisi de s’évaporer.
Une série plus humaine que policière
Ce qui frappe d’emblée, c’est le ton. « Les Évaporés » n’est pas un thriller classique. C’est une série sur l’intime. Sur la douleur de ceux qui restent. Sur les raisons, souvent complexes, qui poussent quelqu’un à tout quitter du jour au lendemain : dettes, burn-out, secrets de famille, besoin de renaître ailleurs.
Alexia Barlier, que l’on connaît notamment pour « Sophie Cross », incarne Esther avec une justesse rare. À ses côtés, Faustine Koziel (Frankie) et Foëd Amara (Douma) forment un duo attachant et complémentaire. Le trio fonctionne. On les suit avec plaisir, même quand l’enquête avance par petites touches plutôt que par rebondissements spectaculaires.
La série a été créée par Hélène Duchateau, Mathieu Gleizes et Raphaël Luc. Elle est réalisée par Émilie Grandperret (épisodes 1 à 3) et David Morley (épisodes 4 à 6). Six épisodes de 52 minutes, déjà disponibles en intégralité sur france.tv depuis fin août, et diffusés à la télévision par salves de deux épisodes. Ce soir, France 2 propose les deux premiers : « Alba et Charlotte » puis « Léna ».
Pourquoi regarder ce soir ?
Parce que le sujet est réel. Parce que le traitement est original. Et parce que, pour une fois, une série policière française s’intéresse moins aux criminels qu’aux fantômes du quotidien.
Les disparitions volontaires existent. Elles sont plus nombreuses qu’on ne le pense. Elles laissent des familles dans un entre-deux insupportable : ni deuil possible, ni certitude. « Les Évaporés » met des visages et des émotions sur ce tabou.
Ce n’est pas une série parfaite. Certains pourront lui reprocher un rythme parfois contemplatif. Mais elle a le mérite de regarder un angle mort de notre société avec humanité et sans voyeurisme.
À 21h10 sur France 2, ou dès maintenant en replay sur france.tv. Ceux qui partent ont leurs raisons. Ceux qui restent ont le droit de chercher des réponses. Même si la loi, elle, a décidé de regarder ailleurs.
