Ce soir sur France 4 : « Les Deux Canards », le vaudeville irrésistible qui fait rimer journalisme et quiproquos

Dimanche 6 septembre 2026, France 4 programme à 21 heures une captation théâtrale qui a tout pour égayer une soirée d’automne. « Les Deux Canards », pièce de Tristan Bernard et Alfred Athis créée en 1913, revient dans la mise en scène d’Alain Sachs avec Yvan Le Bolloc’h et Isabelle Nanty. Une comédie de boulevard virtuose, à la fois satirique et légère, qui n’a rien perdu de son mordant plus d’un siècle après sa création. Le rendez-vous est fixé de 21h00 à 23h10. Une rediffusion d’environ deux heures dix qui permet de (re)découvrir l’une des productions les plus réussies du théâtre contemporain français.

Ce soir sur France 4 : « Respire »,
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Un Parisien raffiné coincé entre deux journaux… et deux femmes

L’intrigue se déroule dans la petite ville provinciale de Valmoutiers, en pleine campagne électorale municipale. Lucien Gélidon, écrivain parisien élégant et un brin opportuniste, arrive en province. Il tombe d’abord sous le charme de Léontine, l’épouse voluptueuse et énergique de l’imprimeur Béjun. Pour lui plaire, cette dernière crée un journal radical, Le Phare, et le nomme rédacteur en chef.

Mais Gélidon n’en reste pas là. Il s’éprend aussi de Madeleine, la fille du baron de Saint-Amour, notable local et chef du camp réactionnaire. Pour l’approcher plus facilement, le voilà qui devient également rédacteur en chef du journal concurrent, La Torche, racheté par le baron. Résultat : le même homme écrit le matin sous son vrai nom dans un journal et le soir sous un pseudonyme dans l’autre. Deux « canards » (comme on appelait autrefois ces petites feuilles de chou régionales) politiquement opposés, rédigés par la même plume.

La mécanique du quiproquo est implacable. Les articles se répondent, la polémique enfle, et Gélidon se retrouve dans la situation absurde de devoir se provoquer lui-même en duel. Entre affaires de cœur et guerres de plume, la pièce enchaîne les situations cocasses sans jamais perdre le rythme.

Une mise en scène d’Alain Sachs qui a tout emporté

La version diffusée ce soir est celle créée en septembre 2008 au Théâtre Antoine à Paris. Alain Sachs a signé une adaptation vive et précise, qui respecte l’esprit du texte tout en lui donnant une énergie contemporaine. La production a d’ailleurs été récompensée aux Prix Raimu : meilleure pièce de comédie, meilleure mise en scène et meilleure comédienne pour Isabelle Nanty.

Yvan Le Bolloc’h incarne Gélidon avec un mélange de séduction, de panique et de malice qui fait merveille. Il passe d’un journal à l’autre, d’une amante à l’autre, avec une aisance comique rare. Face à lui, Isabelle Nanty compose une Léontine détonante : impétueuse, tyrannique, drôle et profondément attachante. Cassandre Vittu de Kerraoul apporte fraîcheur et élégance dans le rôle de Madeleine. Autour d’eux, Urbain Cancelier (Béjun), Gérard Chaillou (le baron) et Pierre-Olivier Mornas (Larnois) complètent une distribution d’une belle homogénéité.

La captation, réalisée par Patrick Czaplinski, restitue bien le dynamisme de la scène. Les costumes, les décors et le jeu collectif donnent l’impression d’être au théâtre plutôt que devant un écran.

Pourquoi cette pièce résonne encore aujourd’hui

Écrite à la veille de la Première Guerre mondiale, « Les Deux Canards » n’est pas seulement un vaudeville léger. Tristan Bernard et Alfred Athis y croquent avec ironie le petit monde de la presse provinciale, les retournements d’alliance politiques et les arrangements de convenance. Le journaliste qui écrit dans deux organes ennemis reste un personnage d’une actualité troublante. On y voit aussi une satire douce des ambitions municipales et des rapports de pouvoir dans une petite ville.

Le génie de la pièce tient dans son équilibre : elle ne prend jamais trop au sérieux ses personnages tout en leur donnant une véritable densité. Les répliques fusent, les situations s’emballent, et le public rit autant des mensonges de Gélidon que de sa propre maladresse.

Plus d’un siècle après sa création au Théâtre du Palais-Royal, le texte n’a pas pris une ride. La mise en scène d’Alain Sachs a su en extraire toute la modernité sans le moderniser artificiellement.

Une soirée théâtre à ne pas manquer

France 4 poursuit ici sa tradition de proposer des captations de qualité, souvent issues du répertoire du boulevard et de la comédie française. Après d’autres réussites du même type, « Les Deux Canards » s’impose comme une valeur sûre pour ceux qui aiment le théâtre bien joué, le rythme soutenu et l’humour intelligent.

Que vous soyez amateur de vaudeville classique ou simplement en quête d’une soirée légère et bien écrite, cette diffusion vaut le détour. Yvan Le Bolloc’h et Isabelle Nanty forment un duo comique de haut vol, et la machine infernale mise en place par Tristan Bernard fonctionne toujours parfaitement.

Rendez-vous ce dimanche 6 septembre à 21 heures sur France 4. Une parenthèse d’élégance et de rire avant la rentrée. Le genre de spectacle qui rappelle pourquoi le théâtre de boulevard, quand il est bien servi, reste un plaisir intact.

À retrouver aussi en streaming sur France.TV

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