Ce samedi 8 août 2026, à 21 h, France 4 diffuse pour la première fois à la télévision « Le Dernier des Juifs » , le premier long-métrage de Noé Debré. Sorti en salles le 24 janvier 2024, ce film de 1 h 30 mêle comédie et drame avec une délicatesse rare. Porté par le duo Michael Zindel et Agnès Jaoui, il raconte avec humour et tendresse le quotidien de deux derniers Juifs d’une cité de banlieue parisienne.

L’histoire
Bellisha (Michael Zindel), 27 ans, mène une existence de petit retraité : café, marché, flâneries dans la cité. Il vit encore chez sa mère Giselle (Agnès Jaoui), qui sort très peu et à qui il fait croire qu’il a une vie active bien rangée. Tout bascule lorsque Giselle découvre qu’ils sont les derniers Juifs de leur quartier. La synagogue est fermée depuis longtemps, la dernière épicerie casher s’apprête à baisser le rideau. Elle se convainc qu’il faut partir. Bellisha, lui, n’en a pas vraiment envie. Pour la rassurer, il invente des stratagèmes et des mensonges bienveillants, tout en naviguant entre sa nonchalance naturelle, des rencontres improbables et les tensions du quotidien.
Le film, inspiré en partie d’observations réelles dans des cités comme Sarcelles ou Noisy-le-Sec, évite soigneusement les clichés. Il dresse un portrait vivant d’une cohabitation fragile, d’un antisémitisme ordinaire parfois larvé, et d’une relation mère-fils d’une grande humanité.
Un premier film signé Noé Debré
Noé Debré, déjà connu comme scénariste (notamment sur Dheepan de Jacques Audiard, Problemos d’Éric Judor ou la série Parlement qu’il a créée), signe ici une réalisation personnelle et maîtrisée. Tourné avant le 7 octobre 2023, le film a trouvé une résonance particulière à sa sortie, dans un contexte de montée des actes antisémites en France. Pourtant, Debré refuse le ton victimaire ou identitaire. Il privilégie la bienveillance, l’autodérision et le vivre-ensemble, sans jamais verser dans le pathos ou la leçon de morale.
Michael Zindel, révélation du film, incarne un Bellisha lunaire, maladroit et attachant, à mi-chemin entre Charlie Chaplin et Jacques Tati. Face à lui, Agnès Jaoui livre une composition juste et émouvante de mère angoissée, cloîtrée et lucide. Le reste du casting (Solal Bouloudnine, Eva Huault, Youssouf Gueye…) complète avec justesse ce tableau de banlieue coloré et contrasté.
Accueil et portée
La presse a salué une comédie « poignante », « douce-amère » et « pleine d’esprit » (notes autour de 3,7/5 sur AlloCiné pour la critique). Les spectateurs ont été un peu plus partagés (environ 3,2/5), mais le film a trouvé son public grâce à ses dialogues ciselés, son humour décalé et sa capacité à aborder des sujets sensibles sans lourdeur.
Soutenu notamment par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, il s’impose comme un regard humaniste et nécessaire sur la judéité française contemporaine, loin des caricatures.
À ne pas manquer ce soir
Dans un paysage télévisuel souvent saturé de divertissement léger, le film offre une parenthèse intelligente, drôle et touchante. Il nous fait rire sans jamais oublier la réalité et nous rappelle que le cinéma français sait encore parler du monde avec finesse et chaleur.
Infos pratiques
Diffusion sur France 4 : ce samedi 8 août 2026 à 21 h00
En streaming vidéo puis replay sur France.TV
Durée : environ 1 h 30
Genre : comédie dramatique
Tous publics À (re)découvrir absolument.
Vidéo bande-annonce
Pour terminer, voici les images de la bande-annonce officielle
