Ce vendredi 28 août 2026, à 21 h, France 4 rediffuse La guerre est déclarée. Quinze ans après Cannes, le film de Valérie Donzelli n’a rien perdu de sa force. Ni pathos, ni larmes forcées : une histoire d’amour qui bascule, une course contre la montre, et deux acteurs qui jouent à peu près leur propre vie.C’est le genre de soirée où l’on zappe moins.

Un coup de foudre, un enfant, puis le diagnostic
Juliette et Roméo se rencontrent lors d’une soirée parisienne. Le prénom n’est pas un hasard : tout va très vite. L’amour, la vie à deux, puis Adam. Le quotidien est encore léger quand les premiers signes apparaissent. L’enfant ne marche pas comme il devrait. Il vomit brutalement. Les consultations s’enchaînent. Le verdict tombe : une tumeur rare au cerveau.À partir de là, le film change de rythme. Hôpitaux, scanners, médecins, allers-retours entre Paris et Marseille, nuits blanches, colères, éclats de rire malgré tout. Juliette et Roméo ne sont pas des héros préparés. Ils le deviennent en marchant.Valérie Donzelli incarne Juliette. Jérémie Elkaïm joue Roméo. Ce n’est pas un détail de casting. Le scénario, écrit à quatre mains, s’inspire directement de ce qu’ils ont vécu avec leur fils. Dans le film, l’enfant s’appelle Adam. Dans la vie, il s’appelle Gabriel. Il apparaît même à l’écran, plus grand.Cette proximité donne au film une énergie étrange : on sent que chaque scène a déjà été traversée pour de vrai.
Ni mélodrame, ni documentaire
Le piège du « film de maladie » est connu. Donzelli l’évite. Elle a souvent dit qu’elle voulait un film d’action, presque un western. On le sent : les couloirs d’hôpital deviennent des champs de bataille, les rendez-vous médicaux des étapes d’une campagne. La musique (punk, yé-yé, classique) accélère ou relâche la pression. Une voix off commente, parfois avec une ironie sèche.Le couple se déchire, se retrouve, s’appuie sur les familles, les amis, les soignants. Le film ne nie pas la peur. Il refuse simplement de s’y installer. C’est ce qui le rend encore regardable aujourd’hui : on ne subit pas l’émotion, on la suit.Présenté en ouverture de la Semaine de la critique à Cannes en 2011, le film a ensuite fait plus de 830 000 entrées en France. Il a représenté le pays aux Oscars. La presse l’avait salué comme un objet rare : intime sans être exhibitionniste, grave sans être lourd.
Vidéo bande-annonce
Pour ceux qui préfèrent les images toutes en couleurs, voici celles de la bande-annonce !
Pourquoi le regarder ce soir
Parce que France 4 le programme à une heure accessible, en clair.
Parce que 100 minutes passent vite.
Parce que le film n’a pas vieilli comme d’autres drames de la même époque. Sa forme reste vive, presque nerveuse. On y voit aussi, en creux, une génération qui découvre qu’elle n’était pas préparée à « la guerre » — celle de la maladie, pas celle des manuels d’histoire.
Et parce que, une fois le générique lancé, il est difficile de décrocher. Le titre n’est pas une métaphore commode. Il dit exactement ce que le couple décide de faire : déclarer la guerre, puis la mener.
À noter
Chaîne : France 4 ou en streaming et replay sur France.TV
Horaire : vendredi 28 août 2026, 21 h
Durée : environ 1 h 35 / 1 h 40
Réalisation : Valérie Donzelli
Avec : Valérie Donzelli, Jérémie Elkaïm, Brigitte Sy, Elina Löwensohn, Michèle Moretti, Philippe Laudenbach
À 22 h 35, la chaîne enchaîne avec Crash Test Aglaé. Mais le vrai rendez-vous de la soirée, c’est bien celui-là. Un film qui raconte une épreuve réelle sans la transformer en leçon. Juste une histoire d’amour qui refuse de perdre.

