ANNONCES
Dans un avis publié le 20 juillet 2026, la Haute Autorité de santé (HAS) se prononce en faveur d’une obligation vaccinale annuelle contre la grippe pour l’ensemble des professionnels de santé, les étudiants des filières médicales et paramédicales, ainsi que les personnels des établissements médico-sociaux en contact avec des personnes âgées.

ANNONCES
Un tournant dans la politique vaccinale des soignants
La Haute Autorité de santé a rendu, lundi 20 juillet 2026, un avis très attendu sur la pertinence d’une obligation vaccinale contre la grippe saisonnière. Elle recommande désormais de rendre obligatoire la vaccination annuelle pour :
- Tous les professionnels de santé, qu’ils exercent en établissement ou en libéral ;
- Les étudiants des filières médicales et paramédicales ;
- Les personnels des établissements médico-sociaux (notamment en EHPAD et unités de soins de longue durée) en contact avec des personnes âgées, via des soins d’hygiène ou une aide à la vie quotidienne.
La HAS préconise un déploiement prioritaire dans les EHPAD et les unités de soins de longue durée (USLD), où les contacts entre soignants et résidents sont particulièrement étroits, répétés et prolongés. Dans les autres structures (hôpitaux, autres établissements médico-sociaux, exercice libéral), elle recommande un déploiement progressif sur une période de deux ans, renouvelable une fois, « dans un cadre concerté » afin de garantir l’acceptabilité de la mesure.
Pourquoi cette évolution ?
La HAS justifie sa position par l’ampleur du fardeau sanitaire de la grippe saisonnière et par les faibles taux de couverture vaccinale observés chez les soignants. Malgré des recommandations répétées depuis plusieurs années, la couverture vaccinale antigrippale des professionnels de santé reste très insuffisante :
ANNONCES
- Environ 20 % dans les établissements de santé lors des dernières campagnes ;
- Des disparités importantes selon les catégories (plus élevée chez les médecins, nettement plus faible chez les aides-soignants et agents de service).
L’objectif fixé par l’Organisation mondiale de la santé (75 % de couverture chez les professionnels de santé) reste donc très loin d’être atteint.
La HAS souligne également le risque de transmission nosocomiale, particulièrement élevé en gériatrie, et l’impact de l’absentéisme des soignants malades sur le fonctionnement des services de soins. Elle considère que le vaccin antigrippal, dont la sécurité est bien établie, constitue l’outil le plus efficace pour protéger les personnes vulnérables prises en charge.
Un contexte en évolution
Cette position marque une évolution par rapport à l’avis de 2023, dans lequel la HAS avait maintenu la vaccination au stade de la recommandation forte, estimant alors que les données sur le fardeau des grippes nosocomiales étaient insuffisantes.
Depuis, de nouvelles données épidémiologiques ont été prises en compte. Par ailleurs, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 avait déjà ouvert la voie à une possible obligation, sous réserve de l’avis de la HAS.
L’Académie nationale de médecine s’était également prononcée en mai 2026 en faveur d’une obligation vaccinale pour tous les personnels soignants, y compris les libéraux.
Quelles suites ?
L’avis de la HAS constitue une recommandation. Pour entrer en vigueur, une obligation vaccinale nécessite un décret précisant les modalités d’application, les catégories de professionnels concernées et les éventuelles sanctions en cas de non-respect.
La HAS insiste sur la nécessité d’un accompagnement concerté avec les acteurs du terrain (établissements, organisations professionnelles, syndicats) afin de favoriser l’adhésion et d’éviter les tensions déjà observées lors de l’obligation vaccinale contre la Covid-19.
Une mesure qui divise
Si plusieurs organisations (Fédération hospitalière de France, certains syndicats infirmiers) saluent cette recommandation au nom de la protection des patients vulnérables et de la responsabilité professionnelle, d’autres acteurs expriment des réserves. Ils craignent des difficultés de mise en œuvre, un risque de dégradation du climat social et un impact négatif sur l’attractivité des métiers du soin, déjà sous tension.
