De nouvelles données permettent d’éviter la chimiothérapie chez certaines femmes opérées pour un cancer du sein…


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De nouvelles données permettent d’éviter la chimiothérapie chez certaines femmes opérées pour un cancer du sein hormonosensible avec une atteinte ganglionnaire. Les résultats de l’étude internationale RxPONDER, promue en France par Unicancer, ont été présentés lors du San Antonio Breast Cancer Symposium (SABCS). Ces résultats ont un impact majeur dans les décisions concernant la chimiothérapie « adjuvante » après chirurgie d’un cancer du sein hormonosensible avec une faible atteinte ganglionnaire (1 à 3 ganglions atteints). Chez les femmes ménopausées, la réalisation d’un test génomique (Oncotype DX™) sur la tumeur permet d’identifier les femmes présentant un risque faible ou intermédiaire de rechute, chez qui la chimiothérapie n’apporte aucun bénéfice additionnel par rapport à la chimiothérapie, et peut donc être évitée. Avant la ménopause par contre, en cas d’atteinte ganglionnaire, la chimiothérapie apporte un bénéfice quel que soit le risque évalué par le test génomique.

De nouvelles données permettent d’éviter la chimiothérapie chez certaines femmes opérées pour un cancer du sein hormonosensible avec une atteinte ganglionnaire
Pixabay

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Le traitement du cancer du sein

Jusqu’alors, les femmes atteintes d’un cancer du sein localisé, hormono-sensible, HER2 négatif, avec 1 à 3 ganglions envahis étaient traitées par un protocole standard : chirurgie pour retirer la tumeur et ganglion sentinelle ou curage axillaire, chimiothérapie adjuvante, radiothérapie afin de prévenir une récidive et hormonothérapie pour 5 à 10 ans.

Ces dernières années, les facteurs pronostiques clinico-pathologiques ont été affinés pour permettre de sélectionner les patientes les plus à même de bénéficier de la chimiothérapie et éviter ce traitement chez les femmes pour lesquelles aucun ou un très faible bénéfice était attendu. Toutefois, très peu de données étaient jusqu’alors disponibles pour éviter éventuellement la chimiothérapie chez les femmes opérées d’un cancer avec un envahissement ganglionnaire limité.

Les tests génomiques : une aide précieuse à la décision

Les tests génomiques d’expression ARN des tumeurs ont été développés pour affiner, en complément des facteurs pronostiques classiques, l’évaluation du risque de récidive à 10 ans chez les patientes atteintes de cancer du sein localisé exprimant les récepteurs hormonaux. Parmi les tests développés, le test Oncotype DX™ permet de classer le risque de récidive des patientes atteintes de cancer du sein hormono-sensible, HER2 négatif selon un score compris entre 0 et 100.


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Pour les femmes ménopausées, si le score obtenu est inférieur ou égal à 25, et que la patiente répond aux critères utilisés dans l’étude, aucun bénéfice n’est attendu d’une chimiothérapie adjuvante: elles peuvent recevoir une hormonothérapie seule, sans chimiothérapie.

Pour les femmes avant la ménopause, par contre, la chimiothérapie est associée à un bénéfice notable en termes de rechutes évitées, et reste totalement indiquée.

Eviter la chimiothérapie : une augmentation de la qualité de vie pour les patientes

La chimiothérapie est associée à des effets secondaires en général transitoires mais parfois sévères, qui peuvent altérer la qualité de vie: nausées, perte des cheveux, neuropathie, fatigue…

« Ces résultats sont majeurs et vont impacter grandement les pratiques cliniques. Ils ajoutent une démonstration très solide des indications et de la valeur ajoutée des tests génomiques pour la décision de chimiothérapie de prévention chez les femmes ménopausées atteintes de cancer du sein localisé RH+ HER2 négatif. » commente le Dr. Suzette Delaloge, Gustave Roussy (Villejuif), coordinatrice de l’étude en France.

L’étude RxPONDER

RxPONDER est une étude de phase III randomisée, ouverte, internationale, multicentrique.

L’objectif de cette étude était d’évaluer l’efficacité de la chimiothérapie associée à une hormonothérapie chez des femmes atteintes de cancer du sein localisé exprimant les récepteurs hormonaux, HER2 négatif, avec 1 à 3 ganglions envahis, et qui avaient un score de récurrence avec le test Oncotype DX™ faible ou intermédiaire (inférieur ou égal à 25). 9383 femmes ont participé à cette étude, dont 1022 en France.. Cette étude a été réalisée en partenariat avec le groupe académique américain SWOG et a bénéficié en France du soutien du laboratoire ExactSciences.

Titre : First results from a phase III randomized clinical trial of standard adjuvant endocrine therapy +/- chemotherapy in patients (pts) with 1-3 positive nodes, hormone receptor-positive (HR+) and HER2-negative breast cancer with recurrence score (RS) of 25 or less: SWOG S1007

Auteurs : Kalinsky K, Barlow WE, Meric-Bernstam F, Gralow JR, Albain KS, Hayes DF, Lin NU, Perez, EA Goldstein LJ, Chia SKL, Dhesy-Thind S, Rastogi P, Alba Conejo E, DeLaloge S, Martin M, Gil Gil J, Arce-Salinas C, Brain E, Park IH, Pierga J-Y, Lluch Hernandez A, Ramos Vazquez M, Ruiz Borrego M, TBA, Ferrero J-M, Schott A, Shak S, Sharma P, Lew DL, Miao J, Tripathy D, Hortobagyi GN, Pusztai L2

À propos du cancer du sein

Selon l’agence Santé publique France (anciennement Institut de Veille Sanitaire), le cancer du sein représente un tiers de l’ensemble des nouveaux cas de cancer chez la femme et la première cause de décès par cancer chez la femme, en France, avec 12 000 décès en 2018, en rapport avec l’évolution métastatique de cette maladie chez environ 20% des femmes atteintes. Un programme de dépistage organisé est proposé en France à toutes les femmes âgées de 50 à 74 ans. Les tumeurs mammaires sont classées selon différentes caractéristiques biologiques qui guideront la prise en charge de la patiente, incluant entre autres le statut en l’expression ou non des récepteurs hormonaux (HR) et la surexpression du récepteur HER-2.

Crédit Source : service de presse UniCancer

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