Coronavirus : les femmes, premières victimes des crises, alerte l’ONG CARE


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Coronavirus – Les femmes, premières victimes des crises, alerte l’ONG CARE. Partout dans le monde, lorsqu’une crise éclate – que ce soit une épidémie, un conflit, une catastrophe naturelle – les femmes sont les premières victimes. La crise sanitaire mondiale que nous vivons n’échappera malheureusement pas à la règle : elle aura un impact profond sur les femmes et les filles. Alors que la France annonce une hausse de 30% des violences faites aux femmes depuis le début du confinement, les ONG CARE et International Rescue Comittee (IRC) s’inquiètent d’une recrudescence de ces violences et d’un recul des droits pour les femmes du monde entier.

Coronavirus
Crédits photo : Juraj Varga / Pixabay

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Les associations et services de lutte contre les violences faites aux femmes tirent la sonnette d’alarme : les violences domestiques vont augmenter partout dans le monde. En cause ? La nécessité de rester confiné à son domicile avec un conjoint violent. Les femmes n’ont alors plus d’échappatoire ni de répit face aux agressions. Les difficultés financières auxquelles de nombreuses familles devront éventuellement faire face peuvent aussi avoir un impact sur les relations de pouvoir établies et aggraver une situation de violence. En Chine, une hausse significative des violences a été reportée pendant la période de confinement. Même chose en France, où l’on note déjà une augmentation de 30% des violences faites aux femmes au cours des 15 derniers jours.

« Avec cette pandémie, nous sommes confrontés à une situation inédite. Nous sommes bien évidement préoccupés par la maladie, mais aussi par ses impacts collatéraux. Nous le savons, dans les contextes d’urgence, les violences contre les femmes augmentent systématiquement. Alors que 43% de la population mondiale est invitée à ne pas sortir de chez elle, nous craignons que ce phénomène prenne de l’ampleur : c’est une épidémie silencieuse, taboue – celle des violences – qui va être exacerbée pendant cette période de crise. Beaucoup de femmes risquent de mourir dans le silence », alerte Delphine Pinault, porte-parole de CARE.

Malheureusement, les violences domestiques ne seront pas le seul impact de cette crise sur la vie des femmes et filles :


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– Augmentation du risque de violences sexuelles. Durant l’épidémie d’Ebola, les écoles de Sierra Leone ont été fermées pendant neuf mois par mesure de prévention et le pays a alors enregistré une hausse des grossesses précoces : environ 18 000 adolescentes sont tombées enceintes, pour la plupart victimes d’agressions de la part de parents ou de voisins. Forcées de rester à la maison pendant la quarantaine, elles étaient plus vulnérables aux agressions sexuelles.

– Perte de travail ou de revenus. Dans de nombreux pays d’Afrique, les femmes travaillent sur les marchés : plus de 75% du commerce transfrontalier informel en Afrique de l’Est est réalisé par des femmes. Avec les mesures de restrictions de circulation mises en place pour limiter la propagation de la pandémie, leurs sources de revenus seront directement impactées. Elles sont alors plus exposées aux risques d’exploitation et de trafic sexuel.

– En première ligne face à la maladie. Dans le monde, 70% des emplois dans la santé et les services sociaux sont occupés par des femmes. De plus, chez elles aussi, au sein de leur famille, les femmes sont traditionnellement en charge des soins (75% de ce travail de soin non rémunéré dans le monde est effectué par des femmes). Elles ont donc plus de risques d’être exposées au virus.

– Diminution des services de santé sexuelles et reproductrice. L’ONG CARE à une solide expérience de la gestion d’épidémie, Ebola, Zika. Malheureusement, nous avons pu constater que bien trop souvent, les efforts pour contenir les épidémies se font au détriment des services en matière de santé sexuelle et reproductive, contraceptive, pré et post natal.

« Ces soins ne sont pas une option et nous devons à tout prix veiller à les préserver sans quoi cette pandémie pourrait marquer un recul sur des droits durement acquis dont il sera difficile de se remettre », alerte Isadora Quay, experte en droits des femmes de l’ONG CARE

Les femmes et filles du monde entier seront plus fortement impactées par cette crise mondiale. C’est pourquoi l’ONG CARE prend en compte leurs besoins spécifiques dans tous ses projets de réponse au Coronavirus. Nous appelons les gouvernements à en faire autant ainsi qu’à veiller à ce que les droits des femmes soient protégés, notamment à travers une participation active des femmes aux prises de décision

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