Audition : « Les oreilles des Français sous pression : quels impacts sur la santé ? »


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Réalisée dans le cadre de la 22ème édition de la Journée Nationale de l’Audition du jeudi 14 mars 2019, cette nouvelle enquête JNAIfop(*) « Les oreilles des Français sous pression : quels impacts sur la santé ? » effectuée auprès de 1003 personnes âgées de 15 ans et plus, permet d’évaluer la place de l’audition dans l’hygiène de santé des Français.

journée de l'audition
sasint/pixabay

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Ces résultats présentent une situation extrêmement inquiétantes surtout chez les jeunes dont les oreilles semblent de plus en plus brisées. Ils montrent également un écueil de la politique curative menée depuis des décennies. Il est urgent d’en sortir.

C’est pourquoi les experts scientifiques de l’association JNA tirent la sonnette d’alarme, pour interpeler les pouvoirs publics et les Français sur l’état de la santé auditive des jeunes.

La place de l’audition dans la santé des Français

Les Français ont conscience de l’importance de l’audition sur leur santé et leur qualité de vie.

93% des Français reconnaissent que de bonnes capacités auditives contribuent à des relations sociales de qualité (famille, amis, travail) et 89% à un bon état de santé en général.

Le niveau de conscience du lien entre bonnes capacités auditives et qualité des relations sociales est élevé.

Le rapport entre bonnes capacités auditive et l’impact sur les relations sociales augmente avec l’âge : de 85%
chez les 15-17 ans à 98% chez les plus de 65 ans.

Pour les Français, « bien entendre » permet d’agir sur le moral (86%), l’humeur (84%), le dynamisme en général (81%), l’état de stress (78%), l’état de fatigue et de lassitude (76%), les performances intellectuelles (74%) et la qualité de sommeil (54%)

FOCUS 15-17 ANS :
Les 15-17 ans reconnaissent moins facilement l’importance des bonnes capacités auditives et du « bien
entendre » sur la santé et les relations sociales : sur le moral (66%), l’humeur (66%), le dynamisme en général (64%), l’état de stress (63%), l’état de fatigue et de lassitude (56%), les performances intellectuelles (63%) et seuls 35% des 15-17 ans ont conscience de l’impact de « bien entendre » sur la qualité de sommeil.

Ces résultats plus faibles sur les plus jeunes prouvent une faible sensibilisation des plus jeunes sur l’impact de
l’audition sur la santé et la vie sociale.

Un lien évident entre capacités auditives et perturbations physiques et psychologiques.

Plus les capacités auditives diminuent, et plus les Français disent ressentir des perturbations. 79% de Français qui déclarent de très bonnes capacités auditives ont ressenti de la fatigue contre 86% pour ceux qui pensent avoir de mauvaises capacités auditives. Et cet écart entre « bonnes capacités auditives » et « mauvaises » se ressent sur tous les symptômes interrogés : de 65% à 73% pour les difficultés d’endormissement, de 59% à 70% pour le sentiment de lassitude, de 56% à 63% pour une perte de moral et de la tristesse, de 59% à 65% pour le sentiment d’être plus nerveux ou irritable, de 48% à 62% pour des pertes de concentrations et 57% à 58% pour des maux de tête.

Les personnes ressentant des acouphènes sont encore plus sujettes à tous ces troubles, avec respectivement 90% (fatigue), 77% (endormissement), 74% (lassitude), 73% (moral/tristesse), 72% (nerveux/irritable), 68 (concentration) et 63% (maux de tête).

La bonne audition des Français ne les empêche pas

Les Français entendent bien, et pourtant…

79% des Français qualifient leur audition de bonne ou très bonne.

FOCUS 15-17 ANS :

Ce chiffre monte même jusqu’à 89% chez les 15-17 ans.
Ces chiffres sont très positifs et témoignent d’une très bonne qualité de l’audition des Français. Et pourtant, ils soulèvent un paradoxe lorsqu’on se penche sur les difficultés des Français à suivre des conversations dans la vie courante.

Et pourtant, le taux de gêne de compréhension de la parole dans la vie courante est très élevé. De 51% à 65% des Français ont des difficultés à suivre des conversations dans les diverses situations de la vie en société : 65% dans les cafés, bars, restaurants, 64% dans leur établissement scolaire, 62% dans l’espace public, 56% sur le lieu de travail, 53% dans les magasins, 53% au téléphone, 52% dans les transports en commun et 51% pendant les repas de famille.

FOCUS 15-17 ANS :

Malgré qu’ils aient déclaré plus tôt avoir de bonnes capacités auditives (supérieures à la moyenne des français), les 15-17 ans sont pour beaucoup d’entre eux encore plus gênés dans l’ensemble des situations de la vie courante : 70% dans les cafés, bars restaurants, 70% dans leur établissement scolaire, 80% dans l’espace public, 54% dans les magasins, 76% au téléphone, 74% dans les transports en commun et 52% pendant les repas de famille.

Le ressenti d’acouphènes reste élevé mais stable… Sauf pour les jeunes !

En moyenne, la part de Français ayant ressenti des acouphènes n’a pas évolué depuis 2018. Ce symptôme ORL affecte 48% de la population. En revanche, le ressenti d’acouphène chez les jeunes a significativement augmenté de 2018 à 2019. On passe de 56% à 65% des 15-17 ans et de 49% à 59% chez les 18-24 ans.

Cette augmentation nous montre à quel point les plus jeunes sont sujets aux troubles de l’audition, probablement lié à des pratiques à risques (volume sonore trop élevé, exposition trop longue, etc.) Mais pas seulement (somme des expositions sonores sur la journée, peu de temps de repos auditif). Plus que la prévention des jeunes, la vigilance sanitaire effective est nécessaire pour endiguer l’augmentation de l’apparition des acouphènes chez les plus jeunes, symptômes ORL évitables.

Les pratiques auditives (protections, aides auditives, visites chez l’ORL) soulèvent des paradoxes inquiétants…

Le port de protections auditives reste minoritaire

Seulement 1/3 des Français portent des protections auditives contre le bruit : 36% lors de leurs loisirs, 33% des actifs sur leur lieu de travail.

FOCUS 15-17 ANS :

Ici encore, les 15-17 ans prennent moins soin de leurs oreilles. 26% seulement d’entre eux portent des protections auditives durant leurs loisirs, alors même que cette population est plus exposée au bruit par ses loisirs (discothèques, concerts, etc.) et à une écoute de musique potentiellement nocive (volume élevé, temps d’écoute trop long, temps de repos trop court).

Les aides auditives acceptées… sauf quand il faut en porter !

88% des Français accepteraient de porter des aides auditives si leurs capacités auditives venaient à diminuer. Cette acceptation évolue avec l’âge. Les plus jeunes seraient plus réticents que les seniors à porter des aides auditives si leur capacités auditives diminuaient. (82% chez les moins de 35 ans, 91% chez les 35-64 ans et 95% chez les plus de 65 ans.)

Le paradoxe face à la réalité

Plus la sensation des capacités auditives baisse, moins les Français accepteraient de porter des aides auditives. 90% des individus ayant de « très bonnes capacités auditives » accepteraient les aides auditives, 89% chez les « bonnes et moyennes capacités auditives », 76% chez les « mauvaises ».

Face à une baisse de l’audition, et une plus grande nécessité à se faire appareiller, les Français sembleraient moins enclin à franchir le pas de l’appareillage.

Il y a donc encore un travail, plus psychologique, à faire sur le rapport des Français aux aides auditives et à l’acceptation de leur perte d’audition.

Plus de bilan complet chez son ORL signifierait-t-il plus de troubles de l’audition ?47% des Français ont déjà réalisé un bilan complet chez son ORL, contre 34% en 2018. Le chiffre passe de 25% en 2018 à 35 % en 2019 pour les 15-17 ans.

Nous devrions nous réjouir de cette augmentation des visites chez l’ORL comme une intégration de l’audition dans le parcours de santé général des Français.

Mais parmi ceux qui n’ont jamais réalisé de bilan complet, 76% d’entre eux avouent que la raison principale est qu’ils n’en ont jamais ressenti le besoin.

Dans la pratique ORL, « avoir besoin » signifie le plus souvent « problèmes ». Aussi, par cette augmentation de consultations, on peut donc craindre une croissance des symptômes ORL.

CONCLUSION

De l’alerte à l’alarme : les 17-24 ans en danger !

Augmentation du ressenti des acouphènes, difficulté de compréhension de la parole supérieure à la moyenne, perturbations physiques ou psychologique liées à l’audition supérieure au reste de la population, augmentation des consultations ORL (lorsqu’ils en ressentent le besoin, donc lorsque des signaux alarmants apparaissent), faible port de protections auditives…

Sur tous les points, l’audition des plus jeunes présentent de sérieuses inquiétudes !

Ce comportement santé de l’audition montre l’écueil de la politique curative menée depuis des décennies et l’empêche aujourd’hui de donner corps à la prévention. Seule la mise en place de la vigilance sanitaire effective associée au mouvement de prévention peut l’enrayer. La prévention ne suffira pas à elle seule.

L’association JNA appelle les médecins généralistes à investir le problème sans attendre 2021.

(*) Méthodologie de l’enquête Ifop-JNA 2019 : L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1003 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 5 au 7 février 2019.


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