Alcool : des médecins réclament un prix plancher pour limiter sa consommation

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En 2013  déjà une étude menée par l’Institut Gustave-Roussy nous apprenait que l’alcool était responsable chaque année de 49.000 décès en France dont 40% surviennent avant l’âge de 65 ans. 15.000 cas de cancers lui sont également imputables.

Face à ces chiffres alarmants, un collectif de médecins et de militants contre l’alcoolisme plaident aujourd’hui pour l’instauration d’un prix plancher par unité d’alcool. Objectif : lutter contre une consommation excessive !

Ce collectif propose en tout 10 mesures telles que : instauration d’une taxe proportionnelle au contenu en grammes d’alcool; instauration d’un prix minimum de vente par unité d’alcool” ou bien amélioration des informations à destination des consommateurs avec l’indication claire et précise des quantité en grammes d’alcool et de sucre, du nombre de calories ..etc. sur chaque bouteille.

Et tout comme pour les produits du tabac, ce collectif veut qu’un message clair figure désormais sur chaque produit du type  “l’alcool est dangereux pour la santé”.  Notez qu’il ne s’est pas prononcé en faveur de l’apparition de photos sur les bouteilles comme c’est désormais le cas sur les paquets de cigarettes.

Enfin notez que ce collectif  dénonce également “la désinformation soigneusement organisée par la filière alcool” et “la puissance de lobbying d’une industrie qui infiltre tous les niveaux de la société (…) jusqu’au plus haut niveau de l’État”.

La consommation d’alcool serait à l’origine de sept types de cancers

Même si le message n’a rien de bien nouveau rappelons tout de même qu’une récente étude a suggéré que la consommation d’alcool, même en faibles quantités, était à l’origine de la survenue de différences cancers, 7 pour être plus précis : oropharynx, larynx, oesophage, foie, côlon, rectum et sein. Publiée dans le courant de l’été 2016, elle a été menée par Jennie Connor, chercheuse à l’université d’Otago (Nouvelle-Zélande)

Avant d’en arriver à cette conclusion elle a scruté à la loupe les habitudes de plus d’un million de femmes britanniques et ce sur une période de 7 ans. Verdict sans appel celles ayant consommé 70 et 140 g d’alcool par semaine (ce qui peut paraître très peu) ont un risque supérieur de 13 % de développer un cancer du sein, de 5% supérieur pour les autres types de cancer.

Et forcément plus vous buvez, plus les risques sont importants : « Plus la consommation est importante, plus les risques sont élevés, mais l’incidence de l’alcool sur les petits consommateurs reste considérable vue sa place dans la société », a expliqué la chercheuse

La “bonne” nouvelle car il y en a une, c’est que cette menace serait réversible à condition de s’arrêter définitivement. Après 20 ans de sevrage, le risque disparaîtrait complétement.

Précisant que l’alcool était responsable de 5,8 % des décès liés au cancer, Jennie Connor s’est ensuite exprimée sur ces fameuses études qui vantent les bienfaits du vin et notamment de l’une de ses molécules, le resvératrol*, notamment sur la santé du cœur… Des études qui n’ont pas réussi à la convaincre après qu’elle ait aussi examiné la connexion entre l’alcool et le bon fonctionnement du cœur…  « Pour l’instant les preuves sont plutôt faibles » a t-elle insisté

*Cette substance présente naturellement dans le vin (mais aussi dans certains fruits comme les raisins rouges, les mûres, les cacahuètes…) est connue pour ses propriétés antioxydantes. Ces dernières années plusieurs études en sont arrivées à la conclusion que le resvératrol pouvait aussi avoir un effet protecteur contre le diabète, le cancer, l’obésité ou bien encore la maladie d’Alzheimer.