Glyphosate : l’herbicide retrouvé dans nos céréales….

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|Glyphosate : l’herbicide retrouvé dans nos céréales| Mangeons sain, mangeons des céréales au petit déjeuner… C’est au départ un beau message sauf que dans les céréales que nous avalons quotidiennement on retrouve des résidus du tristement célèbre glyphosate.

Pour mémoire il s’agit d’une substance active de l’herbicide “Round up” qui a été classée comme « probablement cancérogène » par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC).

Mais revenons-en aux conclusions des analyses menées par l’ONG Générations futures sur une trentaine de produits.

Les céréales n’ont pas été les seuls produits à être analysés puisque l’étude a aussi porté sur des légumineuses, des pâtes alimentaires mais aussi d’autres produits à base de céréales de type petits pains secs ou bien encore biscottes.

Glyphosate : sa présence détectée dans 16 échantillons sur 30

Et les résultats font quand même froid dans le dos. Des résidus de glyphosate ont en effet été retrouvés dans 16 échantillons sur 30 soit 53.3% d’entre-eux. Dans le détail, vous noterez que

– 7 céréales de petit déjeuner sur 8 analysées en contiennent (soit 87.5%).
– 7 légumineuses sur 12 analysées en contiennent (soit 58.3%)
– 2 pâtes alimentaires sur 7 en contiennent (soit 28,5%)
– Aucun des 3 autres produits à base de céréales (petits pains secs, biscottes) n’en contenaient.
– 3 échantillons contenaient aussi de l’AMPA – produit de dégradation du glyphosate –soit 10% du total.

« Comme le montre notre enquête, la présence de résidus de glyphosate, parfois accompagnés de la présence du métabolite AMPA, est fréquente dans les aliments ciblés. Elle permet, pour une part sans doute importante, d’expliquer la contamination de l’ensemble des personnes testées pour le glyphosate, telle que mise en évidence dans nos recherches du glyphosate dans les urines d’avril 2017 ! » a déclaré François Veillerette, le porte-parole et Directeur de Générations Futures.

Pour lui il est donc temps que l’Union Européenne prenne enfin ses responsabilités. C’est ainsi qu’il a poursuivi par ces mots : « Il y a donc urgence pour l’Union européenne de renoncer à l’usage de cette molécule classée cancérogène probable par le CIRC et de faire évoluer en profondeur son modèle agricole devenu trop dépendant des pesticides de synthèse. La France s’est exprimée par les voix de Messieurs Hulot et Philippe contre la ré-autorisation du glyphosate. Elle devra convaincre d’ici les 5 et 6 octobre – dates du prochain comité SCOPAFF – d’autres Etats Membres de la rejoindre dans son opposition à la ré-autorisation de cet herbicide. » a t-il rajouté.

Glyphosate : l’Europe repousse sa décision sur la prolongation de son autorisation

En mars 2016, la Commission européenne décidait de repousser sa décision sur la prolongation de l’autorisation accordée au glyphosate.

Une option qui s’était imposée “naturellement” parce que l’UE n’avait tout simplement pas d’autre choix ! Selon Europe 1, elle n’aurait en effet pas obtenu une majorité, plusieurs pays européens ayant rejoint le camp des opposants. La majorité qualifiée (55% des Etats membres représentant 65% de la population de l’UE), nécessaire à son adoption, n’aurait en effet pas été atteinte.

L’occasion de rappeler qu’il n’y pas si longtemps l’OMS a qualifié cette substance de dangereuse pour la santé et l’a classée comme «cancérigène probable». Avis radicalement opposé de l’Autorité européenne de sécurité des aliments qui a de son côté estimé “improbable” ce risque.

Bref, mais vous l’aurez compris, le débat fait rage et certains n’hésitent plus à accuser les gouvernements de certains pays de connivence afin de défendre les intérêts de la compagnie américaine Monsanto dont le produit phare (le « Roundup », ndrl) reste à ce jour l’herbicide le plus utilisé dans le monde.