Journée mondiale du diabète : de nouvelles mesures pour prévenir la maladie

Public Domain /Pixabay
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A l’occasion de la Journée Mondiale du diabète le 14 novembre 2016, l’ARS Océan Indien et ses partenaires à La Réunion publient les premiers référentiels régionaux d’intervention, adoptés par la Conférence de Consensus installée en avril dernier. Ils réaffirment ainsi leur engagement à œuvrer ensemble, et à soutenir la mobilisation de tous contre cette maladie qui touche l’île de façon préoccupante.

Une conférence de Consensus pour amplifier la dynamique de lutte contre le diabète

Parce que la lutte contre le diabète est une priorité régionale, l’ARS Océan Indien et ses partenaires sont engagés dans une stratégie commune : le Programme Alimentation, Activité, Nutrition, Santé.

Au-delà, tous les acteurs doivent désormais relever le défi d’une prévention efficace et d’une meilleure qualité de vie pour les patients. Cette demande légitime émane à la fois des professionnels de santé, des associations de patients mais aussi, de l’ensemble de la société.

En réponse, l’ensemble des acteurs s’est engagé dans une démarche exigente et innovante : l’installation d’une « Conférence de consensus » ouverte à l’ensemble des acteurs et aux patients de La Réunion et de Mayotte pour :
•    s’accorder sur la situation du diabète, à La Réunion et à Mayotte,
•    produire des référentiels d’interventions dans différents domaines, allant de la prévention, jusqu’à l’accompagnement des patients.

Quatre axes ont été retenus :

•    connaissance du diabète dans nos îles : quelles données sont disponibles ? quels sont nos besoins de connaissance complémentaire sur le diabète pour mieux agir ?
•    la prévention : quels publics cibles ? quels objectifs ? quelles modalités efficaces d’intervention ?
•    le dépistage du diabète : quels bénéficiaires ? quelles modalités d’annonce et d’orientation vers le parcours de soins ?
•    l’accompagnement des personnes atteintes : quelle autonomie recherchée des patients dans la prise en compte de leur maladie ? quelles modalités de soutien pour permettre aux patients de ralentir la progression de la maladie et de limiter les complications ?

Le 28 avril dernier, l’ARS Océan Indien ouvrait la conférence de Consensus Diabète, avec ses partenaires de La Réunion et de Mayotte : Rectorat et Vice-Rectorat ; Directions de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt ;  Directions de la jeunesse, des sports et la cohésion sociale ;Conseil Régional ; Conseil Départemental de La Réunion et Conseil Départemental de Mayotte ;Associations départementales des maires ; Caisse de sécurité sociale de Mayotte, Caisse Générale de Sécurité Sociale de La Réunion, Régime Social des Indépendants, Direction Régionale du Service Médical, et Mutualité de La Réunion.

>> Une construction collective des référentiels d’action
Plus d’une centaine d’acteurs et de patients, de La Réunion et de Mayotte, se sont réunis, lors d’ateliers participatifs afin de s’accorder sur les conditions de réussite des actions de prévention du diabète et de ses complications.
Un jury, constitué de personnalités de la santé et des représentants de la société civile et des patients, a veillé à la cohérence des travaux, et à la prise en compte des recommandations nationales et internationales et des données de la science.

>> Novembre 2016 : Cinq premiers référentiels pour La Réunion
A l’occasion de la Journée Mondiale du diabète, le 14 novembre 2016, cinq premiers référentiels sont rendus publics. Ils portent sur l’observation et le partage des études et connaissances, la prévention générale et ciblée, le dépistage, et l’éducation thérapeutique du patient.
Consultez les référentiels ci-contre>>

>> Prochaines étapes : convention entre financeurs et appels à projet
Dès janvier 2017, l’ARS Océan Indien et ses partenaires signeront une convention opérationnelle, garantissant :
• la poursuite de la démarche d’élaboration de référentiels d’intervention partagés avec les acteurs et associations,
• la coordination de leurs financements et soutiens pour la mise en œuvre de ces référentiels,
• l’évaluation des effets produits par ses référentiels et l’adaptation de ses derniers dans la recherche d’une efficacité renforcée ;

A cette occasion, ils ouvriront des Appels à Projet soutenant des dynamiques collectives de promotion de la santé dans les quartiers, et réorientant les interventions des acteurs de la prévention et de l’accompagnement aux soins, conformément aux référentiels validés.
La même démarche sera poursuivie dans les prochaines semaines à Mayotte.

Le diabète à La Réunion et à Mayotte

A La Réunion et à Mayotte, près d’une personne sur dix bénéficie d’un traitement contre le diabète; c’est plus de deux fois le niveau national, avec des complications lourdes et handicapantes pour les patients et leur entourage. Chaque année, près de 4 000 réunionnais sont admis en Affection Longue Durée (ALD) du fait d’un diabète, chiffre amené à augmenter du fait du vieillissement de la population.

Au travers du diabète se jouent des questions d’équilibre nutritionnel et d’accès à une alimentation de qualité, de lutte contre la sédentarité et d’activité physique, et donc d’habitudes de vie, d’accès aux soins et d’éducation à la santé.

Communiqué presse ARS Océan Indien

Sur le même sujet…. Diabète : la surmortalité reste élevée notamment chez les femmes

C’est à l’occasion de la Journée mondiale du diabète que Santé Publique France a souhaité revenir la surmortalité liée au diabète dans son dernier Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH), une surmortalité qui reste élevée notamment chez les femmes. A travers cette étude les chercheurs souhaitaient étudier la surmortalité à 10 ans, globale et par causes spécifiques, d’une cohorte de personnes diabétiques par rapport à la population générale, au cours de la période 2002-2011.

Pour info elle a porté sur 8 437 adultes (cohorte Entred 2001, ndrl) âgés de 45 ans et plus affiliés au régime général de l’Assurance maladie résidant en France métropolitaine et ayant bénéficié d’au moins un remboursement d’antidiabétiques oraux et/ou d’insuline au cours des trois mois précédant le tirage au sort.

Et si nous n’entrerons pas dans tous les détails de l’étude (ils sont disponibles ICI), nous en retiendrons essentiellement que, malgré une certaine amélioration du suivi médical des patients, la surmortalité globale des personnes diabétiques par rapport à la population générale reste élevée.

Les hommes comme les femmes diabétiques présentaient un excès de mortalité significativement plus élevé par rapport à la population générale pour les maladies cardiovasculaires et rénales ainsi que pour certaines localisations de cancer : pancréas, foie et côlon-rectum. Chez les femmes, on observait une surmortalité par cancer de l’utérus et chez les hommes par cancer de la vessie et leucémie. De plus, un excès de mortalité était retrouvé pour les maladies de l’appareil digestif, les maladies infectieuses et les maladies respiratoires, dont les pneumopathies.

Pour les auteurs, cette étude montre à nouveau toute l’importance de “renforcer la prévention et la qualité de la prise en charge des complications dégénératives du diabète” mais souligne également “le poids de la polypathologie et la complexité qu’elle entraine dans la prise en charge des personnes diabétiques.