L’étiquetage nutritionnel actuellement testé serait peu fiable selon l’INSERM


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CC0 Public Domain / Pixabay
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Comme vous le savez probablement, l’étiquetage nutritionnel tel qu’il a été annoncé à plusieurs reprises est actuellement en phase de tests au sein de 60 magasins parmi lesquels on retrouve les supermachés Casino, Carrefour Market et Simply Market. Ce test grandeur nature concerne les magasins d’Ile-de-France, de Normandie, des Hauts-de-France et de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

2 millions d’étiquettes ont ainsi été collées sur 1 300 produits de consommation courante. L’objectif du Ministère de la Santé est de “déterminer avec précision quel système est le plus efficace sur les comportements d’achat, sur la base d’un protocole de recherche établi par un comité scientifique indépendant” mais aussi inciter les Français à manger équilibré !

Les résultats de cette expérimentation sont attendus en décembre 2016 et c’est sur cette base qu’un système d’information nutritionnelle sera recommandé par les pouvoirs publics.

Oui mais déjà des “anomalies” ont été décelées par des chercheurs de l’Inserm, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. A en croire leurs observations, après visite dans 5 supermarchés, l’étiquetage n’est que partiel.

Et de prendre en exemple les rayons « boulangerie » et « produits frais »  où seuls les trois quarts des produits affichaient des étiquettes. Pas mieux du côté Au rayon du côté des conserves où l’étiquetage chute à 63 %.

Des conclusions fortement contestées par le Fonds Français pour l’Alimentation et la Santé (FFAS). Dans un communiqué il dénonce des « enquêtes sauvages conduites clandestinement »,  des enquêtes « partiales et partielles et qui refusent d’admettre l’existence d’un protocole expérimental validé »

Et de préciser que le test actuel a justement été mis en place repérer immédiatement les erreurs humaines éventuelles et engager les actions correctives permettant de protéger l’expérience.

Enfin le FFAS rappelle que ce sont les achats des consommateurs qui permettront de classer les quatre systèmes et que les résultats de cette expérimentation ne constituent qu’un des éléments de décision parmi d’autres dont disposeront les pouvoirs publics pour choisir le forme d’étiquetage nutritionnel qu’ils recommanderont aux opérateurs économiques.

Quatre systèmes graphiques, proposés par les divers acteurs de la concertation sont actuellement testés, deux synthétiques (Nutri-Score et SENS) et deux analytiques (Nutri Repère et Traffic Lights) :

“Nutri-Score”

Un système à 5 couleurs (« Nutri-Score »), répartissant les produits en cinq catégories élaborées sur la base d’un score caractérisant la qualité nutritionnelle du produit à partir des teneurs en nutriments majeurs ; les cinq couleurs apparaissent systématiquement sur l’emballage, avec une « loupe ».

“SENS”

Un système à 4 couleurs, comportant en outre une indication sur la fréquence de consommation (« SENS ») ; Il est construit à partir d’une classification réalisée sur la base de la teneur du produit en nutriments majeurs ; chaque produit comprend l’un des quatre visuels.

“Nutri-Repère”

Un système (« Nutri-Repère »), améliorant un système déjà utilisé les « RNJ » (repères nutritionnels journaliers) ou « GDAs » (Guideline Daily Amounts), visualisant la contribution en pourcentage et valeur absolue d’une portion d’aliment aux apports nutritionnels de référence en énergie, matières grasses, acides gras saturés, sucres et sel.

“Nutric-Couleurs” ou “Traffic Lights”

Un système mis en œuvre au Royaume-Uni depuis plusieurs années (« Traffic Lights »), fondé sur une échelle à trois couleurs fournissant la contribution en pourcentage et valeur absolue d’une portion d’aliment aux apports nutritionnels de référence en énergie, sucre, sel, matières grasses et acides gras saturés.

Interrogée par le Parisien, Marisol Touraine a expliqué pourquoi elle avait fait le choix de tels logos “Aujourd’hui, un tiers des Français est en surpoids, le nombre de diabétiques augmente et il y a là aussi des inégalités puisqu’un fils d’ouvrier a cinq fois plus de risque d’être obèse qu’un fils de cadre. Mon objectif, c’est que chacun puisse, d’un simple coup d’œil, évaluer ce qu’il achète” a indiqué la ministre tout en insistant sur le fait qu’il ne s’agissait pas pour elle de prescrire ou d’imposer mais bien d’informer les consommateurs.

L’occasion de revenir sur une étude comparative publiée au mois de décembre dernier

Cette étude, qui a reçu l’aval du Haut Conseil de la Santé publique, avait pour objectif de mesurer l’impact de cette signalétique nutritionnelle sur le panier d’achat de plusieurs milliers de consommateurs représentatifs de la population participants à l’étude NutrinetSanté. Séparés en 5 groupes, ils devaient effectuer des achats en ligne avec 269 produits référencés (toutes marques, y compris celles de distributeurs, confondues).

Pour info : le système d’information nutritionnelle coloriel à 5 couleurs 5 ‐ C (vert/jaune/orange/rose fuchsia/rouge) repose sur le calcul d’un score de qualité nutritionnelle (score de la Food Standards Agency ‐ FSA) qui prend en compte plusieurs éléments présents sur l’étiquetage nutritionnel (calories, sucres simples, acides gras saturés, sodium, fibres, protéines et pourcentage de fruits et légumes pour 100g de produit) pour aboutir à un indicateur unique de la qualité nutritionnelle de l’aliment

Sur ces 5 groupes, 4 avaient accès à des aliments étiquetés soit avec logo cinq couleurs; soit avec la coche verte de certains pays scandinaves; soit avec le système type feu rouge retenu par la Grande-Bretagne; soit avec les “traditionnels” repères nutritionnels journaliers déjà utilisés par certains fabricants. Pour les participants du 5eme groupe, les produits présentés ne bénéficiaient toutefois d’aucune information nutritionnelle et donc d’aucun code. Il faut savoir qu’à l’exception notable des repères nutritionnels des industriels, tous les logos permettaient de réduire la teneur en calories du panier d’achat en comparaison avec la situation “sans logo”.

Verdict : Le logo 5 couleurs a été, comparé aux autres systèmes, le plus facile à identifier et surtout le mieux compris. C’est lui qui a eu le plus fort impact sur la qualité nutritionnelle du panier d’achat avec des teneurs bien plus faibles en graisses et en sel.


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