Le Vin, je l’aime et je le respecte : une campagne de pub mal perçue par les autorités


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Lancée au début de cette semaine la campagne de publicité lancée par l’association “Vin et société” n’est pas du goût des autorités et pour être plus précis de la HAS, la Haute-Autorité de la Santé. Présentée comme une campagne  d’information nationale grand public, elle a  pour ambition de faire connaître les repères de consommation définis par les autorités de santé et trop souvent ignorés des consommateurs.

Signée “Le Vin. Je l’aime, je le respecte”, cette campagne inédite va se déployer pendant plusieurs semaines au niveau national via un dispositif publicitaire classique en presse écrite professionnelle et grand public ; une campagne sur les réseaux sociaux, dans la presse régionale en ligne, sur des sites d’informations généralistes ainsi que sur des sites dédiés
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Une campagne  qui, malgré son objectif,  provoque la colère de la HAS, la Haute-Aurorité de la Santé. Dans un communiqué de presse publié mardi, elle accuse cette campagne de détourner un outil médical de lutte contre les dangers de l’alcool.

Voici le communiqué de presse tel qu’il a été transmis aux rédactions et publié sur le site de la HAS :


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La Haute Autorité de Santé tient à clarifier les « repères de consommation » utilisés par Vin et Société pour sa campagne publicitaire actuellement diffusée dans un grand nombre de médias. La HAS a publié en 2014 un outil de repérage des consommations à risque pour l’alcool le tabac et les drogues à destination des professionnels de santé. Les seuils mentionnés par la HAS sont ceux qui nécessitent de déclencher une intervention médicale. Il ne s’agit en aucune façon de dire qu’en dessous de ces seuils, la consommation serait normale, recommandée ou exempte de risque.

La consommation de tabac, d’alcool et de cannabis représente un problème de santé publique majeur. Pour aider les professionnels de santé à repérer les consommations qui appellent une prise en charge et un suivi de leurs patients, la HAS a publié en novembre 2014 la fiche « outil d’aide au repérage précoce et intervention brève : alcool, cannabis et tabac chez l’adulte ». La HAS juge que la campagne publicitaire orchestrée par Vin et Société, relayée dans un grand nombre de médias grand public depuis quelques jours, transforme des seuils de consommation à risque nécessitant une prise en charge médicale en « repères » pour une consommation « acceptable » d’alcool.

Les seuils mis en avant par la HAS sont des seuils d’alerte, au-dessus desquels les risques sont avérés : dommages physiques (complications hépatiques, cardio-vasculaires et neuropsychiatriques, cancers), psychiques ou sociaux. La HAS insiste sur le fait que ces seuils ne peuvent s’appliquer à certaines populations : les jeunes de moins de 25 ans, les femmes enceintes, les personnes atteintes de maladies chroniques, les personnes âgées ou les personnes prenant un traitement médical.

La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) rappelle que l’alcool est de très loin le produit qui entraîne le plus de désordres familiaux et sociaux. La consommation d’alcool, notamment chez les jeunes, population particulièrement vulnérable est inquiétante. Toute action de promotion qui, d’une manière ou d’une autre, tend à légitimer la consommation d’alcool ne peut être que préjudiciable à la santé publique.

La HAS et la MILDECA mettent en garde contre une campagne publicitaire qui instrumentalise des messages professionnels.

Des accusations que Vin et Société ne comprend pas et rejette en bloc.  “On est sur des sources officielles, on n’a rien à se reprocher”, a déclaré à l’AFP Audrey Bourolleau, déléguée générale de l’association.

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