Le Cytotec : ce médicament détourné de son usage va être retiré du marché




Parce qu’il a été trop longtemps détourné de son usage, le Cytotec, un médicament du laboratoire Pfizer, va être retiré du marché. Il avait obtenu en France une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) en 1986. Cette spécialité était uniquement indiquée dans le traitement de l’ulcère gastrique ou duodénal évolutif. Sauf que son usage a été rapidement détourné …

Depuis plusieurs années le Cytotec est en effet largement employé en gynécologie-obstétrique pour déclencher l’accouchement à partir de 37 semaines d’aménorrhée. Il a en effet la particularité d’accélérer les contractions. Il aussi été administré dans le cadre d’IVG médicamenteuses.

: CC0 Public Domain / Pixabay

Un usage détourné en dépit des alertes et mises en garde de l’Agence du médicament qui a pourtant plusieurs fois alerté  sur les risques d’effets indésirables graves : ruptures utérines, hémorragies, anomalies du rythme cardiaque du fœtus…

Hier l’Association le LIEN – elle accompagne les personnes qui s’estiment victimes d’un accident médical ou d’une infection nosocomiale – a de nouveau alerté sur le Cytotec, mettant notamment en avant le témoignages de mamans qui sont venues parler du drame que l’administration de CYTOTEC en gynéco-obstétrique a provoqué dans leur vie et parfois celle de leurs enfants.

Dans le même temps ou presque le Parisien nous a appris que ce médicament serait finalement retiré du marché.

Et c’est le laboratoire Pfizer qui a annoncé la nouvelle au célèbre quotidien français. Rappelant qu’il n’avait jamais préconisé l’utilisation gynécologique du médicament, il a annoncé son retrait pur et simple du marché français « du fait de la persistance du problème et malgré les moyens mis en œuvre » Une information confirmée par l’agence du médicament a qui a précisé que ce retrait serait effectif au 1er mars.

Une nouvelle dont s’est aussi fait l’écho l’association le LIEN sur son site internet.

24 heures plus tôt, Christelle Ratignier-Carbonneil, directrice générale adjointe de l’Agence du médicament déclarait au Parisien « Il y a eu plusieurs mises en garde, de la Haute Autorité de santé ou de l’ANSM en 2005, 2008, 2013, 2015. » Et de rappeler que l’ANSM ne pouvait pas interdire une pratique qui n’était déjà pas autorisée.