Vers un congé menstruel en France ?




infections sexuellement transmissibles

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Alors que selon Marie Claire, l’Italie pourrait bien être le premier pays européen à proposer aux femmes un congé menstruel, voilà que l’idée fait aussi son petit bonhomme de chemin en France.

Au moment même où le gouvernement d’Edouard Philippe est en train de réformer le code du travail, Jack Parker, auteure du livre “Grand Mystère des règles”, plaide pour l’instauration d’un tel congé déjà en vigueur dans certains pays d’Asie.

Invitée de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, et faisant notamment référence à ces femmes qui souffrent de règles douloureuses et parfois handicapantes, elle a déclaré à ce sujet : “La 1ère étape est d’abattre ce tabou, on ne peut discuter du congé menstruel dans ce climat”.

Très vite les réseaux sociaux se sont enflammés, et pas forcément dans le sens que Jack Parker aurait pu l’imaginer.  On peut même dire qu’elle en pris pour son grade notamment sur Twitter.

Certains ont ainsi réclamé un congé de masturbation; d’autres un congé de “gueule de bois”…etc . D’autres encore se sont mis à imaginer comment un tel congé pourrait être géré dans une entreprise dont le personnel est essentiellement féminin.

Un congé menstruel : l’avis d’un médecin

Toujours sur RMC, le gynécologue Alain Tamborini n’y semble pas favorable non plus. “Si une patiente me demande un congé menstruel, j’essaierai d’abord de savoir pourquoi” a t-il notamment déclaré. Puis d’expliquer qu’il était plus logique pour lui d’essayer de comprendre pourquoi une patiente peut énormément souffrir pendant ses règles et surtout de trouver une solution.

Qu’est-ce que les règles douloureuses ou dysménorrhée ?

La dysménorrhée est le terme médical donné aux douleurs qui précèdent ou accompagnent les règles.

Ces douleurs durent en général un ou deux jours : elles commencent avec les saignements et sont maximales lorsque le saignement est le plus important. Elles peuvent être déjà ressenties un peu avant les règles et parfois se prolonger un peu après elles. Elles sont cycliques et reviennent à chaque menstruation.

Les douleurs menstruelles sont habituellement ressenties dans le bas du ventre, mais peuvent s’étendre au dos et aux cuisses.

Leur intensité est variable : la personne peut ressentir une simple gêne, des douleurs modérées ou intenses à type de crampes, de spasmes dans le bas du ventre.

Ces douleurs peuvent s’accompagner de : nausées, vomissements; migraine ; diarrhée ; fatigue ; malaises.

50 à 70 % des adolescentes ont une dysménorrhée permanente ou occasionnelle.

Source : Ameli Santé

>>> Sur le même sujet : Augmentation inquiétante et inexpliquée des chocs toxiques liés aux règles

L’occasion de revenir sur l’augmentation inquiétante et inexpliquée des chocs toxiques liés aux règles. A l’automne dernier cette hausse n’a pas manqué d’inquiéter des scientifiques français du Centre national de référence des staphylocoques des Hospices Civils de Lyon. C’est pourquoi ils ont lancé plus tôt une collecte d’échantillons auprès des femmes utilisatrices de tampons. Objectif : faire avancer la recherche sur le syndrome du choc toxique liés aux règles.

Pourquoi ? Et bien parce que de 5 cas en 2004 on est passé à plus de 20 cas en 2014… Et même si le syndrome du choc toxique (SCT) reste rare, son augmentation inquiète les chercheurs d’autant qu’ils n’arrivent pas l’expliquer.

C’est pourquoi le centre national de référence des Staphylocoques des Hospices Civils de Lyon a tenu à nous alerter sur l’augmentation inquiétante et non expliquée de ces chocs toxiques. Potentiellement mortel, ce syndrome aigu peut en effet toucher certaines femmes utilisant des dispositifs vaginaux pendant leurs règles.

Brisant les tabous, le centre a lancé une collecte afin que la recherche puisse travailler sur un nombre important d’échantillons bactériens.

Le syndrome du choc toxique (SCT) est une maladie aiguë grave pouvant survenir au cours des règles lors de l’utilisation de dispositifs vaginaux (tampons, coupes menstruelles) chez des patientes souvent jeunes, en bonne santé et porteuses de la bactérie S. aureus productrice de TSST-1 au niveau vaginal. Une mannequin de 23 ans a dû être amputée à cause de cette infection.

LES SYMPTOMES QUI DOIVENT ALERTER TOUTE FEMME

– Fièvre soudaine (38,9°C ou plus)
– Vomissements.
– Sensation de malaise avec céphalée
– Diarrhée.
– Éruption cutanée ressemblant à un coup de soleil
► Il faut alors enlever le dispositif vaginal et consulter en urgence

CETTE COLLECTE DE TAMPONS a été organisée par le centre national de référence des Staphylocoques des Hospices Civils de Lyon afin de disposer de suffisamment d’échantillons bactériens, pour permettre de mieux comprendre la maladie.

Attention toutefois car le Syndrome du Choc Toxique (SCT) n’est pas toujours lié aux menstruations. Il peut en effet survenir après une blessure, une opération ou bien même après un traitement affectant le système immunitaire (comme la chimiothérapie par exemple). |Source|