Dentistes : plus de femmes et de diplômés à l’étranger



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Dentistes : une profession en pleine mutation. Le saviez-vous ? En 2015, un tiers des nouveaux chirurgien·ne·s-dentistes ont obtenu leur diplôme à l’étranger. C’est l’un des chiffres d’une étude menée par la Drees (direction de la recherche, des études et des statistiques, ndrl) dont les résultats ont été publiés cette semaine dans le n°26 d’Études et Résultats.

Au 1er janvier 2016, 41 200 chirurgien·ne·s-dentistes en activité sont recensés en France dans le répertoire partagé des professionnels de santé. Malgré une stabilité des effectifs ces quinze dernières années, la profession rajeunit, en raison notamment d’un accroissement du nombre de places disponibles au numerus clausus et de l’arrivée massive de professionnels diplômés à l’étranger : en 2015, un professionnel sur trois nouvellement inscrits était diplômé à l’étranger.

La profession s’est aussi féminisée. L’exercice en libéral y est majoritaire (90 % des effectifs) et l’activité en groupe ou en société de plus en plus fréquente. Les diplômés s’insèrent rapidement dans la vie active : 85 % d’entre eux sont en activité l’année d’obtention du diplôme ou la suivante. Les changements de mode d’exercice au cours de la carrière sont peu fréquents, et concernent surtout les salariés et les jeunes.

La répartition des chirurgien·ne·s-dentistes est inégale sur le territoire, les régions du Sud et les grands pôles urbains ayant les densités les plus fortes. Néanmoins, en 2013, 98 % des Français vivent dans une commune située à moins de 15 minutes du cabinet dentaire le plus proche.

Référence : Christelle Millien (DREES), 2017, « En 2015, un tiers des nouveaux chirurgien·ne·s-dentistes ont obtenu leur diplôme à l’étranger », Études et Résultats, n°1026, Drees, septembre.



8000 nouveaux dentistes d’ici à 2040

Autres chiffres, autre étude. Elle a également été menée par la Drees et ses résultats ont été publiés dans le n°27 d’Etudes et Résultats.

Le nombre de chirurgien·ne·s-dentistes devrait augmenter de 18 % entre 2016 et 2040 pour atteindre 48 800 actifs en 2040, dans l’hypothèse de comportements constants et d’un maintien des politiques en vigueur. Cette hausse serait plus importante que celle de la population française et entraînerait également une augmentation de la densité. La baisse de la densité de ces quinze dernières années serait ainsi compensée : en 2040, le rapport entre l’offre et la demande de soins dentaires reviendrait à son niveau de 2000.

Avec un numerus clausus stable, la croissance des effectifs s’expliquerait en grande partie par l’arrivée de professionnels diplômés à l’étranger, sous réserve que le niveau actuel de ces flux se maintienne. Entre 2016 et 2025, les professionnels seront plus nombreux à cesser leur activité, en raison de l’arrivée à l’âge de la retraite des générations issues de numerus clausus élevés. L’arrivée de nouveaux praticiens permettra de compenser ces départs.

La profession devrait rajeunir et le mouvement de féminisation commencé ces dernières années se poursuivre. Enfin, l’exercice libéral resterait majoritaire malgré une progression possible du salariat d’ici à 2040.

Référence : Christelle Millien (DREES), 2017, « 8 000 chirurgien·ne·s-dentistes supplémentaires d’ici à 2040 », Études et Résultats, n°1027, Drees, septembre.