Et si le surpoids était un atout pour notre santé ?




|Santé : Et si le surpoids était un atout pour notre santé ?|

Qui aurait pu imaginer qu’un jour des scientifiques nous disent que le surpoids pouvait être bénéfique à santé ? Un léger surpoids cela va de soi….  Cela vous surprend ? Et pourtant c’est la conclusion d’une très sérieuse étude menée par des scientifiques de l’université de Copenhague (Danemark)

A en croire leurs recherches les personnes ayant un Indice de Masse Corporelle (IMC) de 27 seraient en meilleure santé que les autres. Mieux encore ils présenteraient un plus faible taux de mortalité !

Rappelons qu’il est aujourd’hui considéré que l’IMC est normal lorsqu’il se situe entre 18.5 et 25. Jusqu’à 30 on parle alors de surpoids, puis d’obésité au-delà.

 CC0 Public Domain /Pixabay

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Avant de délivrer ce message au combien étonnant, les chercheurs ont étudié les cas de près de 120.000 personnes réparties en 3 groupes représentatifs de la population. Elles avaient été recrutées pour différentes études entre 1976 et 1978, entre 1991 et 1994 et enfin entre 2003 et 2013.

Sans vraiment en expliquer les raisons, ils en sont arrivés à la conclusion que l’IMC optimal serait aujourd’hui de 27 contre 23,7 pour la période 1976-1978.

Pour autant pas question de laisser dire qu’il est bon d’être en surpoids, les conseils pour lutter contre le surpoids et l’obésité (prévention) restant bien sûr d’actualité.

Reconnaissant que des études supplémentaires seront nécessaires pour expliquer les causes de ce changement de l’IMC optimum, les chercheurs se demandent s’il ne serait pas nécessaire de réviser les actuels critères de l’OMS à ce sujet.

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CC0 Public Domain/Pixabay

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La lutte contre l’obésité est un combat de chaque instant. Des méthodes plus ou moins efficaces permettent d’y remédier. On pense en premier lieu au rééquilibrage alimentaire, à l’activité physique ou sportive, aux régimes ou bien encore à la chirurgie bariatrique (gastroplastie, pose d’un anneau gastrique ou d’un bypass). Et c’est justement à propos de cette dernière – 47 000 français y font appel chaque année – que vient d’être publié un Livre Blanc. Fruit d’une collaboration entre la société française et francophone de chirurgie de l’obésité (SOFFCO), l’Académie de chirurgie et le Collectif national des associations d’obèses (CNAO), il propose un ensemble de propositions dont l’objectif est d’améliorer le suivi postopératoire des patients. Vous pouvez en prendre connaissance en CLIQUANT ICI.

Pourquoi un tel livre ? Pour éviter bien sûr que les personnes ne se retrouvent seules – le suivi est interrompu deux ans après l’opération – ou ne reprennent du poids sur le long terme.

Parmi ces 13 propositions, la création de « maisons de l’obésité », similaires aux maisons du diabète, où le patient peut-être pris en charge de façon multidisciplinaire. Elles devront être pensées comme des lieux « relaxants et conviviaux en-dehors des codes traditionnels du monde médical (blouse blanche, salles d’attente) » a expliqué Faredj Cherikh, psychiatre au CHU de Nice lors d’une conférence de presse de présentation. L’objectif étant de délivrer un suivi individualisé et adapté aux besoins de chaque patient.

Au programme notamment des ateliers collectifs (cours de cuisine, groupes de parole) qui, au-delà de leur objectif d’éducation thérapeutique, permettront aux patients de fixer leur attention sur d’autres sujets que leur poids.”

Les auteurs du Livre Blanc précisent que ces plateformes devront réunir les compétences professionnelles de tous les professionnels de santé associés à la chaîne du traitement de l’obésité : chirurgiens, médecins, nutritionnistes, psychiatres, psychologues, infirmiers ou bien encore professionnels de l’activité physique.

Et de recommander que les patients puissent avoir accès à des consultations en libre-service avec des infirmiers qui pourront répondre à leurs questions ou les orienter vers des spécialistes si nécessaire.

Enfin de proposer que ces maisons soient labellisées selon un cahier des charges à définir avec les autorités sanitaires, les professionnels de santé et les associations de patients…

Et puisqu’on évoque, la chirurgie gastrique, revenons sur une étude publiée à l’automne dernier et selon laquelle les personnes obèses choisissant d’avoir recours à la chirurgie bariatrique seraient davantage confrontés au suicide.

Après avoir étudié les dossiers médicaux de 8.815 personnes ayant subi une chirurgie bariatrique – des personnes suivies durant 6 ans comme suit : 3 ans avant l’intervention; 3 ans après – des chercheurs canadiens en sont arrivés au constat suivant : 158 tentatives de suicide dont 111 ont conduit les personnes directement aux urgences d’un hôpital. Les scientifiques ont noté qu’un tiers de ces tentatives de suicide avaient eu lieu avant l’intervention, les deux tiers restant dans les trois ans l’ayant suivie, soit un accroissement de 50% du risque.

Et si les auteurs de l’étude ont tempéré ces résultats en précisant qu’elle n’avait pas permis “d’évaluer réellement l’état psychologique des patients”, ils ont tenu à insister sur la nécessité d’accompagner ses patients durant des périodes plus longues

Obésité : un recours trop fréquent à la chirurgie chez mineurs

Il y a quelques semaines, notre très sérieuse Haute-Autorité de Santé a mis en garde contre un recours trop fréquent de la chirurgie de l’obésité chez les mineurs… Revoici le communiqué de la HAS sur ce sujet

En France, on estime que près de 4% des jeunes de moins de 18 ans seraient obèses. A cet âge, l’obésité a des effets délétères sur la puberté, le développement osseux mais aussi sur l’image de soi. La HAS a décidé de préciser les rares situations et les conditions dans lesquelles une chirurgie de l’obésité peut être envisagée pour un jeune de moins de 18 ans car aujourd’hui ces opérations se multiplient en dehors du cadre des recommandations officielles.

En France, 18% des 3-17 ans sont en surpoids, dont 3,5% d’obèses. En 2013, 114 mineurs ont subi une chirurgie de l’obésité.

Outre les complications cardio-respiratoires (hypertension, apnées du sommeil, asthme,…) ou métaboliques (diabète de type 2, dyslipidémie,…), l’obésité a, à cet âge de la vie, un retentissement particulier au niveau de l’activité hormonale et de la survenue de la puberté, de la croissance des os et du développement psycho-affectif.

Si en 2011 la Haute Autorité de Santé (HAS) ne recommandait pas la chirurgie bariatrique chez les enfants et adolescents[1], certains professionnels de santé ont toutefois de plus en plus envisagé cette intervention chez les jeunes. Afin de répondre à ces demandes de chirurgie des mineurs en situation d’obésité, la HAS fait aujourd’hui le point.

La HAS réaffirme l’importance de privilégier une prise en charge pluriprofessionnelle suivie et adaptée

Pour traiter l’obésité, la HAS rappelle qu’il faut privilégier une prise en charge associant des professionnels de spécialités différentes et comprenant une éducation diététique, des conseils sur l’activité physique ainsi qu’un accompagnement psychologique. Le mineur doit être suivi régulièrement et au long cours, au sein ou en lien avec un centre spécialisé de l’obésité (CSO) à compétence pédiatrique. A cet âge, l’objectif de la prise en charge est le ralentissement de la progression de la courbe de corpulence (et non pas forcément la perte de poids) ainsi que l’amélioration de la qualité de vie physique, mentale et sociale et la prévention des complications.

La chirurgie de l’obésité : une solution envisageable uniquement en dernier recours…

La chirurgie de l’obésité est une chirurgie lourde qui peut entraîner des complications graves et des difficultés au quotidien, même plusieurs années après l’intervention. Elle ne permet pas à elle seule de perdre du poids et n’est efficace qu’à condition de modifier ses habitudes alimentaires, d’augmenter son activité physique et d’être suivi médicalement à vie. Pour ces différentes raisons, la chirurgie bariatrique ne peut être envisagée chez le mineur qu’après l’échec d’une prise en charge pluriprofessionnelle bien suivie, régulière et adaptée.

…et dans des cas particuliers

Pour pouvoir envisager une chirurgie, le mineur devra en outre remplir différents critères, aussi bien physiologiques que psychologiques :

-être âgé d’au moins 15 ans au minimum (et au cas par cas entre 13 et 15 ans) ;
– avoir atteint un stade de croissance osseuse et de puberté suffisant ;
– présenter un indice de masse corporel (IMC) supérieur à 35 kg/m2 avec au moins une comorbidité sévère ou un IMC supérieur à 40 kg/m2 avec une altération majeure de la qualité de vie ;
– avoir une maturité psychologique assurant sa compréhension (ainsi que celle de son entourage) des risques d’une telle chirurgie et de son engagement à vie à des changements de modes de vie et à un suivi médical régulier.

L’opération – qui requiert une expertise chirurgicale importante – sera réalisée au sein d’un centre spécialisé obésité (CSO) à compétence pédiatrique ou en lien étroit avec celui-ci.

Quelles sont les étapes indispensables avant de procéder à une chirurgie de l’obésité ?

Après l’échec d’une prise en charge pluriprofessionnelle de l’adolescent (au moins un an), le recours à une chirurgie pourra être discuté lors d’une première réunion de concertation entre professionnels de différentes spécialités. Après évaluation et si sa situation répond notamment aux critères définis par la HAS, l’adolescent pourra être dirigé vers une phase de préparation à cette chirurgie d’au moins un an. A l’issue de cette période, une dernière réunion entre professionnels validera (ou non) le recours à l’opération chirurgicale ainsi que le type de chirurgie choisi (anneau gastrique, gastrectomie ou court-circuit gastrique dit « bypass »). Compte tenu du faible recul sur ces interventions chez l’adolescent, il n’existe pas à l’heure actuelle d’argument pour privilégier une intervention plutôt qu’une autre.

Après l’opération, une surveillance régulière devra être mis en place avec un suivi pluriprofessionnel tous les 3 mois jusqu’à la transition vers l’équipe adulte du centre spécialisé.